AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
- FERMETURE DU FORUM -
MERCI POUR TOUT, A BIENTOT !
Partagez
 

 i could be so blind (wabaunsee)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Dottie Kershaw

- prayers : 134
- pseudo : Miss.Nutella
- multifaces : sweet hayley, spookie sukie
- id card : prinsloo by lempika
- registration : 24/07/2018
- côté coeur : she never planned on him changing his mind

PERFECT PEOPLE
- relations:
- rp: open | wabaunsee, elys, benjamin (uc)

i could be so blind (wabaunsee) Empty
MessageSujet: i could be so blind (wabaunsee)   i could be so blind (wabaunsee) EmptyVen 28 Déc - 14:58

i could be so blind
I've missed your calls for months it seems, don't realize how mean I can be. 'cause I can sometimes treat the people that I love like jewelry


Il n’y avait plus personne pour préparer le petit-déjeuner. Plus de thé chaud au réveil, de pancakes encore fumant dans une assiette avec un petit cœur en confiture dessus. J’avais toujours trouvé cela affreusement cliché, presque idiot. Aujourd’hui, ce genre de petites attentions me manquait presque autant que l’existence de vraie nourriture. Oh, bien sûr, ma mère avait fait l’effort le premier mois. Elle avait abandonné depuis. Je soupçonnais qu’elle souhaite ardemment que je reparte de là où je venais. Mais d’où venais-je, finalement ? De Chicago, de cet appartement que nous partagions avec Elias ? Mon père y avait été – juste au cas où Laurel y serait. Il n’y avait trouvé qu’un endroit vide, en milieu de déménagement. Comme nous l’avions laissé la dernière fois. Je l’avais mandaté pour me ramener mes cartons et rendre les clefs. Mon seul chez moi restait cette maison de Wauwatosa, que je détestais particulièrement. Partir ? Mais partir où ? Il n’y avait plus de petit déjeuner et il n’y avait plus d’endroit où se sentir chez soi. Je gardais le sentiment que je pourrais trouver un chez moi n’importe où en Amérique. Après tout, je l’avais déjà fait. J’avais passé une grande partie de ma vie à suivre un entraineur dans les meilleures patinoires du pays. Je ne l’avais jamais fait seule, certes. Mais étais-ce vraiment important ? Du chocolat. Avec de la crème glacée. Et de la crème chantilly. Idée fixe à la torture particulière. C’était le premier « repas » que j’avais mangé après mon accident. La seule explosion calorique que je tolérais tant elle réconfortait envers et contre tout. La perspective de faire passer les évènements des derniers jours entre deux cachets m’avait traversé l’esprit, mais il me fallait des idées claires. Parce qu’il était là. Et que je n’avais jamais envisagé la perspective que lui revienne ici aussi, un jour. Manque de discernement cruel.

Comme souvent, j’avais atterri chez Luna. L’endroit avait changé depuis qu’elle l’avait repris. Il ne restait rien de l’ancien dinner sucré de la mère Mathison. Ma mère m’avait dit qu’elle l’avait fermé à la mort de son mari. Luna l’avait repris, quelques années plus tard, pour en faire une pâtisserie végane, un lieu presque chic. Enfant, j’avais adoré cet endroit. C’était le genre de pâtisserie où les emmenaient leurs enfants quand ils avaient été sages à l’école. Pas de frites, mais des gâteaux de toutes sortes, recouverts de crème, d’amandes, de chocolat, de confiseries. Le paradis du futur diabétique. Puis ado, j’avais commencé à le détester. Quand il avait fallu commencer à surveiller calories, proportions et apports journaliers, c’était là que se retrouvaient la plupart des lycéens, à boire des milkshakes en mangeant des brownies. J’avais dû venir quelques fois, avec Elys, en cachette. Ce genre d’endroit n’avait pas été pour moi. Nous passions devant, sur le chemin de la patinoire. Nous nous étions promis de venir fêter nos premières victoires ici. Puis les premières victoires avaient été loin. Elles avaient imposés de nouvelles restrictions, pour être encore meilleurs. Et la pâtisserie n’était devenue qu’un lointain souvenir pour notre duo. Je n’aurais sûrement jamais mis les pieds ici si ce n’était pour Luna. Mais elle avait le mérite de faire un gâteau au chocolat et aux amandes extraordinaire. Attablée avec un chocolat chaud et une énorme part de cette tuerie, je tentais de chasser de mon esprit le souvenir vivace du bal de Noël. Que faisait-il ici ? Wabaunsee n’était qu’un fantôme d’un passé que j’avais voulu mettre derrière moi. Il n’avait rien à faire dans mon enfer actuel. J’avais assez souffert comme ça. Pourquoi ? Qu’avais-je fais de si mal dans une vie antérieure pour mériter tant de rebondissements aujourd’hui ? Mon coup de cuillère dans ce fondant au chocolat fut interrompu par la détestable impression d’être observée. Et puis quoi encore ? Levant les yeux, je le découvrais devant moi. Un peu plus réel qu’au bal de Noël, sans la possibilité de fuir. Et sans verre à briser, cette fois-ci. L’univers avait trouvé une bonne cliente avec moi. « Mais qu’est-ce que tu fais là ? » Je ne savais pas si j’étais fâchée, surprise ou contrariée de le voir. Sûrement un peu des trois. « Qu’est-ce qui t’arrive, tu as croisé un fantôme ? » C’était vilain. Indigne de nos années. Mais je n’avais jamais vraiment envisagé la possibilité de le recroiser. Encore moins ici.


CODAGE PAR AMATIS
@Wabaunsee Uecker


_________________

Turn to dust, fall apart
Have my body. Have my mind. Have my coat. Take my time. These I borrow, borrow so far.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Wabaunsee Uecker

- prayers : 68
- pseudo : zen
- id card : Alex Meraz @avengedinchains
- registration : 18/12/2018
- côté coeur : un grand vide dans le coeur. Il tente par ailleurs d’éliminer un mariage contracté d’une façon trouble.

PERFECT PEOPLE
- relations:
- rp: dottie, elys

i could be so blind (wabaunsee) Empty
MessageSujet: Re: i could be so blind (wabaunsee)   i could be so blind (wabaunsee) EmptyJeu 17 Jan - 1:36

i could be so blind
Des vies qui s'emmelent comme les traces de patins sur la glace


Quelle ironie du sort ! Il se retrouve une nouvelle fois devant elle. Le sort ? Un mauvais diable plutôt qui a décidé de s’acharner à les poser comme des pions sur le même échiquier. Pourtant le lieu ne prêtait pas à rencontre. Une pâtisserie ! Certes ce n’est plus le lieu où les jeunes venaient se goinfrer de sucre et de gras. Désormais le mot “Vegan” trône sur la vitrine. Mais tout de même ! Elle a gardé sa silhouette élancée, il imagine volontiers qu’elle n’a pas cédé à une boulimie liée au désoeuvrement. Alors ? Il est immobile. On pourrait dire hypnotiser. En l’espace de quelques jours, deux rencontres alors qu’il est là depuis plusieurs mois, et elle aussi. Ils ont eu maintes occasions de se croiser dans la rue, dans un commerce, dans un restaurant, mais non, rien de tel jusqu’à présent. Et maintenant, leur pas semblent dessinés sur le même chemin.

Sa faute à lui. C’est lui qui est entré alors qu’elle était déjà installée. La faute d’Elys, qui lui a parlé de Luna, qui lui a parlé de l’ancien établissement de madame Mathison. La faute a cette sensation indéfinie qui le faisait tourner en rond chez lui, incapable de la moindre activité. Le besoin de sortir, de côtoyer du monde, d’oublier des souvenirs qui remontent à la surface en déclenchant une douleur. Il n’était pas sorti de chez lui pour venir dans cette pâtisserie. Il était sorti prendre l’air. Marcher au hasard. Marcher de rue en rue, sans but. S’arrêter là, sans vraiment plus de conviction qu’il n’en aurait eu pour le bar en face ou le supermarché un peu plus loin. S’arrêter là par curiosité diffuse.

Il n’y a pas de dame âgée pour lui dire “allez-y”, il n’y a pas de main pour le pousser. Il y a ce mauvais diable qui les veut là, maintenant, tous les deux. Il approche si lentement qu’il a la sensation de glisser vers elle. Un rêve, un cauchemar, les mouvements dans ces espaces irréels n’appartiennent pas au libre arbitre du dormeur. Il a cette sensation de ne plus s’appartenir, d’être la marionnette d’un faiseur de destin. Il la regarde avec une insistance qui le ferait passer pour un obsédé s’il ne la connaissait pas. Mais que faire d’autre quand l’univers entier a décidé que le temps qu’il a passé à l’éviter, depuis qu’il a appris sa présence ici, est définitivement terminé.

Elle a la même surprise que lors de la soirée, à ceci près qu’elle est assise et n’a rien de cassable en main. Je marchais par hasard et je suis rentré par hasard et tu étais là. Par hasard ? Est-ce donc cela, elle est un fantôme, dont il ne parvient pas à détourner son attention ? Il se pourrait que tu sois un fantôme du passé. Il se pourrait que tu sois là pour me hanter. Il se pourrait que je dorme. Peut-être que si quelqu’un fait teinter une cloche, le décor va s’effacer et nous serons ailleurs. Seuls.


CODAGE PAR AMATIS

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.everything-is-fine.com/t3086-wabaunsee-refaire-le-che
Dottie Kershaw

- prayers : 134
- pseudo : Miss.Nutella
- multifaces : sweet hayley, spookie sukie
- id card : prinsloo by lempika
- registration : 24/07/2018
- côté coeur : she never planned on him changing his mind

PERFECT PEOPLE
- relations:
- rp: open | wabaunsee, elys, benjamin (uc)

i could be so blind (wabaunsee) Empty
MessageSujet: Re: i could be so blind (wabaunsee)   i could be so blind (wabaunsee) EmptyMer 6 Fév - 11:42

i could be so blind
I've missed your calls for months it seems, don't realize how mean I can be. 'cause I can sometimes treat the people that I love like jewelry


J’étais élevée dans une petite ville, mais j’avais perdu cet état d’esprit. Des rires d’enfants sur les pavés, des sermons du dimanche, les journées ensoleillées. J’avais eu tendance à oublier tout ça, quand nous avions commencé à tutoyer les étoiles. Il avait toujours gardé une certaine modestie, une joie simple à la victoire quand je voyais mon approche de l’excellence. Le chemin parcouru avait tendance à disparaître devant tant de réussite. Ce n’était surement pas l’état d’esprit qu’on attendait d’une championne. Je suppose que je n’étais pas fait pour ça. Fallait-il me blâmer ou blâmer la peine qui m’avait rendu si susceptible de me résigner et de m’entêter aveuglément à la recherche de cette réussite ? Pas de diplôme universitaire, pas de voix en or, pas de job de rêve. Une routine de discipline, d’attention et de souffrance. Amis et famille envieux là où ils auraient dû être fiers. Une revanche perpétuelle. Je n’avais jamais regretté d’avoir sacrifié tant d’années à un art qui me dévorait tout entière. La danse sur glace était mon premier amour. Le seul, le vrai. Celui qui peut finir par vous dévorer tout entière. Je n’avais jamais été prudente dans cet amour. Il m’avait laissé brisée sur la glace, défaite, sans défense. Et qu’en avais-je tiré comme enseignement ? Je n’avais jamais détesté la danse de m’avoir abandonné. J’avais détesté mon double, ma paire parfaite. Celui qui avait fait l’erreur. C’était plus facile. Lui en vouloir, partir loin, ne pas revenir. J’avais décidé que tout était de sa faute. Point, final.

L’univers semblait, lui, en avoir décidé autrement. Parce que quelles étaient les chances pour que nous nous croisions deux fois, en si peu de temps, alors que nous avions réussi – sans le vouloir peut être – à s’éviter pendant plusieurs mois ? Pourquoi fallait-il qu’il soit de retour, maintenant ? Il n’y avait plus d’Elias pour me sauver. Impossible de me cacher derrière lui, de pleurer dans son épaule. Il fallait affronter l’inévitable. Wabaunsee était là lui. Bien vivant, bien trop présent dans cette réalité que je ne voulais plus voir. Celle que j’avais refusé d’affronter pendant bien longtemps. Je n’avais pas été celle qui se sauve quand les choses vont bien, qui disparaît sans la moindre raison. Non. J’étais partie parce que je n’allais plus bien. Parce que quelque chose s’était brisé et qu’il ne pouvait rien faire pour le réparer. Une partie de moi n’avait jamais compris pourquoi ou comment ses yeux et les miens s’étaient trouvés un jour. L’ignorance dont j’avais fait preuve quand nous avions cédés à l’unique limite qui doit persister entre deux partenaires. Avions-nous poussé les choses trop loin ? Etais-ce la fantaisie de trop qui avait précipité la chute ? L’avais-je mérité, finalement ? Toutes ces questions restaient sans réponse et aucune ne m’inspirait véritablement de grandes choses. J’étais partie comme une voleuse et il était temps de payer pour ça. « Je veux bien t’envoyer un verre d'eau à la figure si tu as besoin d’être sûr que tu sois éveillé, mais j’ai peur que le seul constat qu’il en ressorte sera que tu l’es déjà. » Etions-nous des aimants, condamnés à nous retrouver tant que l’un ou l’autre n’auraient pas lâchés ? Il fallait croire que le passé ne s’effaçait pas si vite, qu’il ne s’effaçait jamais. Nous avions été si proches pendant si longtemps… Combien de fou rire avions nous partagés ? De grimaces de douleurs, de mimiques dans le dos d’un entraineur, de poche de glace sur des chevilles gonflées, d’heures à apprendre des chorégraphies, de visionnage de prestations ? Il était, je crois, la personne à laquelle j’avais dédiée le plus de temps, malgré tout. Parce que c’était important. Pour moi. Pour lui. Pour nous. « Je n’avais pas envisagé la possibilité d’être revenue pour te hanter. Ceci étant dit, je ne suis pas sûre d’aimer l’idée d’être associée à un esprit frappeur. »
CODAGE PAR AMATIS
@Wabaunsee Uecker


_________________

Turn to dust, fall apart
Have my body. Have my mind. Have my coat. Take my time. These I borrow, borrow so far.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Wabaunsee Uecker

- prayers : 68
- pseudo : zen
- id card : Alex Meraz @avengedinchains
- registration : 18/12/2018
- côté coeur : un grand vide dans le coeur. Il tente par ailleurs d’éliminer un mariage contracté d’une façon trouble.

PERFECT PEOPLE
- relations:
- rp: dottie, elys

i could be so blind (wabaunsee) Empty
MessageSujet: Re: i could be so blind (wabaunsee)   i could be so blind (wabaunsee) EmptyLun 18 Fév - 15:40

i could be so blind
Des vies qui s'emmelent comme les traces de patins sur la glace


Réel. Tout est réel. Elle le confirme, disponible à jouer avec un verre d’eau pour le rassurer sur cette question. Ils seraient deux gamins en plein été caniculaire, s’aspergeraient à coups de pistolet à eau pour se rafraichir le corps et les idées, au milieu d’une pâtisserie, la propriétaire les chassant à coups de balai. L’avaient-ils fait dans leur enfance ? Quelle enfance ? Emportés trop tôt dans un tourbillon d’entrainements qui leur avait laissé peu de loisirs de leur âge. Enfants, adolescents, jeunes adultes, leurs amusements et leurs plaisirs, ils les avaient inventés ensemble. Il n’y avait pas eu que du jeu entre eux, lui le savait mais elle, au final, elle lui avait laissé quelle place réelle ? Elle avait fini par l’abandonner, homme inutile dans sa vie de femme. On nous obligerait à passer une serpillère pour effacer nos dégâts. Ce serait facile. Nettoyer le sol et voilà, tout nickel. Si entre eux cela pouvait être aussi simple, tout oublier et repartir à zéro, commencer par faire connaissance entre inconnus. Il la regarde, il essaie de la voir comme une personne rencontrée pour la première fois. Compliqué, elle connait trop bien ses colères et ses formes pour avoir subi et caressé. Une grande interrogation submerge son esprit, si le patinage ne les avait pas réuni, est-ce qu’ils seraient allés l’un vers l’autre ? Revenante pourtant. Tu es partie. Il a une légère moue. Quand on commence par des reproches, faire connaissance devient impossible. J’en suis un aussi. Un retour au pays pour tous les deux. Une évidence. Pour lui c'est sur la durée. Un job, une maison, c'est la base d'un avenir.

Il tend la main vers la chaise restée vide à sa table. Tu attends quelqu’un ? Elle n’aurait pas commencé à déguster sa part de dessert. Sauf si quelqu’un lui avait fait faux bon. Tant pis pour lui ou elle. Est-ce que je peux me joindre à toi ? D’une manière il lui force la main, autour d’eux, quelques têtes se sont tournées, les gens ne se sont pas encore totalement habitués à côtoyer au quotidien des “stars” pourtant enfants du pays. Il a posé la main sur le dossier en attente de la réponse. Il lui sourit. Il a chassé sa surprise, son malaise de tout à l’heure. Il veut une rencontre neuve. Pourtant, il n’agirait pas ainsi avec une inconnue. Il ne s’imposerait pas. Il entamerait une discussion anodine. Il a l’air sympathique ton gâteau. Les sucreries ne sont pas son fort, mais le lieu ne permet pas d’y échapper, il y cèdera, après tout il est illogique de pousser la porte d’une telle boutique pour commander un steak saignant.


CODAGE PAR AMATIS

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.everything-is-fine.com/t3086-wabaunsee-refaire-le-che
Dottie Kershaw

- prayers : 134
- pseudo : Miss.Nutella
- multifaces : sweet hayley, spookie sukie
- id card : prinsloo by lempika
- registration : 24/07/2018
- côté coeur : she never planned on him changing his mind

PERFECT PEOPLE
- relations:
- rp: open | wabaunsee, elys, benjamin (uc)

i could be so blind (wabaunsee) Empty
MessageSujet: Re: i could be so blind (wabaunsee)   i could be so blind (wabaunsee) EmptyVen 22 Mar - 16:10

i could be so blind
I've missed your calls for months it seems, don't realize how mean I can be. 'cause I can sometimes treat the people that I love like jewelry


J’aurais aimé être plus normale. Aller à l’école, comme les autres. Me plaindre de mes devoirs. Sortir avec mes amies. Avec des garçons. Choisir une université, découvrir, me perdre en chemin. Avoir un job et des horaires. Une vie, en soi. J’aurais voulu être une fille normale. Mais rien en moi ne m’avait jamais prédestinée à être normale. Abandonnée à la naissance, puis mise de côté par la naissance d’une sœur adoptive miracle. Douée, très douée, dans une discipline confidentielle. Puis j’avais été cette fille bizarre qui ne mange pas comme tout le monde, qui s’entraîne, qui a des aménagements d’études. J’aurais voulu être une fille normale. Mais personne ne m’avait laissé l’être. J’en voulais au monde entier pourtant. Parce qu’aucun rêve n’aurait plus jamais autant de saveurs que l’olympisme. Parce que ce qui me rendait si spéciale m’avait aussi brisé en mille morceaux. J’y avais laissé mon corps, puis on m’avait volé mon cœur. J’aurais voulu être normale. Cela m’aurait épargné beaucoup de souffrance. Et cette souffrance, lui ne pourrait jamais la partager. Parce qu’il était une part de la mienne, une part qu’il ne pourrait jamais effacer, adoucir ou même apaiser. Il me tira pourtant un sourire. L’idée de le voir passer la serpillère m’était amusante. Bien vite balayée par ce qu’il était, ce qu’il représentait dans ce désastre qui était ma vie. Pourquoi fallait-il que le destin nous ramène l’un à l’autre, si ce n’était pour plus de souffrance ? J’en avais assez vu. J’étais partie. J’étais revenue. Pour Elias. Quelle erreur. « Et dire que j’étais persuadée que l’on ne remettrait jamais les pieds ici… » C’était partiellement vrai. Pour moi. Wabaunsee avait toujours eu ce rapport si étrange à sa famille. Ils étaient soudés. Un véritable clan. Et ses parents, bien que bien moins fortunés que les miens, s’étaient toujours débrouillés pour lui être d’un grand support, l’accompagnant dans chacun des grands déplacements. A combien de compétitions avaient assistés les Kershaw ? Ils n’étaient même pas là lors de nos deuxièmes olympiades. J’émettais même un doute à l’idée qu’ils aient suivi la compétition à la télé. Alors oui, j’avais toujours été persuadée que je ne reviendrais jamais à Wauwatosa. Et j’avais toujours des regrets à y être revenue. Peut-être que si j’avais insisté pour épouser Elias à Chicago, rien de tout cela ne serait jamais arrivé. Il n’aurait pas rencontré Laurel avant. Il ne serait pas parti avec elle. Parce qu’elle ne serait jamais venu. « Qu’est-ce qui t’as ramené ici alors ? » Parce que les âmes damnées ne reviennent jamais sans raison.

Il m’observe. Ce regard me met mal à l’aise. Il me renvoie à celle que j’étais et qui a disparu derrière une douleur que je ne maitrise plus. Je n’attends personne. J’attends toujours après quelqu’un qui ne reviendra jamais. Qui ne devrait pas revenir. Qui n’aurait jamais dû être là. Il ne me laisse pas le temps de lui répondre que déjà il tente de s’imposer à moi. Il a changé. Ce n’est plus l’homme que je connaissais. L’ai-je vraiment connu ? Lui ai-je seulement laissé une chance ? Quelques regards se sont tournés vers nous. Wauwatosa est une petite ville. Tout se saura. « Oui, assieds-toi. » Je ne suis pas tant intéressée par sa compagnie que me débarrasser de l’attention. Wabaunsee a toujours été comme ça. Meilleur que moi. Il s’assoit en commentant mon gâteau. Mon estomac se tord et je me donne de la constance en avalant une autre cuillère. Fébrile. Je ne suis même pas sûre d’aimer vraiment le chocolat. Je n’ai jamais pris le temps d’en manger véritablement. Je n’ai de toute façon plus faim. « Tu as faim ? » Ce n’est pas vraiment une question. Je repousse mon assiette vers lui, chassant la tentation de sous mes yeux. Il rend les choses faciles. Comme toujours. Je ne suis pas sûre d’avoir mérité cette délicatesse.
CODAGE PAR AMATIS
@Wabaunsee Uecker


_________________

Turn to dust, fall apart
Have my body. Have my mind. Have my coat. Take my time. These I borrow, borrow so far.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Wabaunsee Uecker

- prayers : 68
- pseudo : zen
- id card : Alex Meraz @avengedinchains
- registration : 18/12/2018
- côté coeur : un grand vide dans le coeur. Il tente par ailleurs d’éliminer un mariage contracté d’une façon trouble.

PERFECT PEOPLE
- relations:
- rp: dottie, elys

i could be so blind (wabaunsee) Empty
MessageSujet: Re: i could be so blind (wabaunsee)   i could be so blind (wabaunsee) EmptyMer 3 Avr - 23:54

i could be so blind
Des vies qui s'emmelent comme les traces de patins sur la glace


L’un en face de l’autre à s’envoyer des questions sur leur retour. Cela ressemble à un bilan de vie qu’on fait à soixante ans. J’ai avancé longtemps, je suis tombé, j’ai tout perdu, je reviens comme un chien errant à l’endroit où j’ai toujours une place, quoiqu’il arrive. Pour lui c’est certain. Pour elle... Il lui est impossible de lui dire combien il a échoué sans elle. Pourtant quoi dire d’autre. Il ne peut mentir. Il ne peut se taire. Il ne peut l’ignorer. Il murmure entre ses dents. Je ne savais pas où aller. Une confession qui renvoie à la détresse dans laquelle il s’est noyé longtemps jusqu’à s’égarer complètement. Jusqu’à donner son nom à une inconnue. Le comble de la bêtise, le sommet. Egaré comme un enfant fugueur qui courent après les étoiles et s’aperçoit un jour qu’il ne les atteindra jamais parce que seul, on ne peut pas atteindre les rêves qu’on fait à deux. Jamais. Alors l’enfant n’a trouvé qu’un chemin, celui du retour au pays où il est né. Ici, c’est chez moi. Seulement trente ans mais quel constat !

Elle l’accepte à sa table. Il s’installe avant qu’elle ne fuit. A la soirée de Noël, elle avait trouvé un prétexte pour s’éclipser avant d’entamer un vrai discussion. De nouveau, ils en sont à balbutier des phrases qui n’engage pas à un long dialogue. Les mots restent aussi sporadiques que les touffes d’herbe dans un désert. Elle parle de faim et pousse son gâteau vers lui. Comment doit-il prendre ce geste ? Un partage comme ils en ont tant. Est-ce plutôt un calumet de paix passé de l’un à l’autre au sein d’un cercle tribal ? Est-ce que c’est le signe qu’elle va l’abandonner encore, maintenant qu’elle na plus d’assiette devant elle ? Le voilà donc bien chien errant qu’on accueille sur le pas de la porte et devant le museau duquel on pose une gamelle. Il n’a pas faim, il est seul, c’est son plus lourd fardeau. Merci. Son assiette, son gâteau, sa cuillère, il ne semble ne restait que de tels lins matériel entre eux. Il se sert une bouchée qu’il avale en hochant de la tête. On m’avait dit qu’on servait des dessert délicieux ici, je confirme. Il sourit. Il se veut rassurant. Il ne veut pas qu’elle fuit de nouveau. Il veut pouvoir la garder un peu, la regarder beaucoup, retrouver de ces petits instants complices qu’ils ont pu avoir, parce que les grands ce sont brisés sur la glace aux derniers jeux. Il interpelle une serveuse qui passe près d’eux. Un café s’il vous plait. Puis se tourne vers Dottie. Tu veux quelque chose à la place ? Il espère qu’elle dira oui, mais se garde de proposer encore moins d’insister. Elle est libre. Elle est belle.


CODAGE PAR AMATIS

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.everything-is-fine.com/t3086-wabaunsee-refaire-le-che
Dottie Kershaw

- prayers : 134
- pseudo : Miss.Nutella
- multifaces : sweet hayley, spookie sukie
- id card : prinsloo by lempika
- registration : 24/07/2018
- côté coeur : she never planned on him changing his mind

PERFECT PEOPLE
- relations:
- rp: open | wabaunsee, elys, benjamin (uc)

i could be so blind (wabaunsee) Empty
MessageSujet: Re: i could be so blind (wabaunsee)   i could be so blind (wabaunsee) EmptyMar 23 Avr - 14:01

i could be so blind
I've missed your calls for months it seems, don't realize how mean I can be. 'cause I can sometimes treat the people that I love like jewelry


Nous avions partagés nos joies, nos peines. Chaque sentiment, de l’amour à la haine. Les bons comme les mauvais moments. Et un jour tout s’était envolé. Entre lui et moi, il n’y avait pas eu d’avertissement, pas de feux de détresse. A un instant tout allait bien. Nous tentions de reproduire la perfection d’une grâce. L’instant d’après, tout était froid, rien n’allait plus. On dit que le temps mets à mal les relations. Pour nous le temps n’avait jamais existé. Tout ce qu’on nous avait donné avait été repris. En une fraction de seconde. Une respiration. Le temps de faire une erreur. Ce cœur qu’il avait su réchauffé s’était brisé sur la glace, pour ne jamais véritablement reprendre vie. Et j’avais fait comme le temps. J’avais repris ce que j’avais donné, pour le laisser derrière moi, seul, dans le silence. Certains parleront de déni, d’oubli de soi. Je n’avais rien oublié. J’avais mal. J’avais eu mal avant même d’ouvrir les yeux à l’hôpital. Le diagnostic, l’annonce, tout ça n’avait été que douleurs supplémentaires. Mais je l’avais senti. Mon corps m’avait envoyé le signal avant même que je n’en reprenne conscience. C’était terminé. La suite, c’est l’histoire qui l’avait emporté. Je m’étais enfuie, loin. Loin de moi, de lui. De nous. Kershaw et Uecker n’était qu’un lointain souvenir. Plus d’hymne national, plus de médailles. Plus de regards complices, de sourire. D’accolade après le passage. Ces instants d’angoisses à attendre les résultats. De sa main dans la mienne alors que l’on se massacrait mutuellement les doigts d’attente. De grands bonheurs. De déceptions. Le duo en or. J’étais partie parce que je voulais lui faire du mal. Mais savoir que je lui avais fait du mal m’avait fait souffrir moi. Jusqu’à disparaître dans l’ombre des antidouleurs dont je m’étais gavée pendant trop longtemps. Mais que pouvais-je lui dire, maintenant qu’il était là, devant moi ? Que j’étais désolée ? Je n’étais pas sûre de l’être. Qu’il m’avait manqué ? Cruel et déplacé. Que j’étais contente de le voir ? J’avais des doutes à ce sujet. J’aurais préféré qu’il me déteste, qu’il m’évite ou me hurle son dégout. Oui, j’aurais préféré. Parce qu’il était toujours ce garçon si calme, si posé avec moi, là où j’avais créé un incendie pour nous détruire. Comment pouvait-il ne pas me détester ? Je lui avais brisé le cœur. Deux fois au moins. Je n’avais jamais mérité Wabaunsee. Cela ne changerait surement pas aujourd’hui.

Alors qu’il s’installe, je sens mon cœur s’emballer, mes muscles se tendre. Comme on se prépare à l’impact lorsqu’on se sent tomber, mon corps anticipe la douleur. Il est revenu. Je suis revenue. Il n’y avait pas de règle dans ce jeu-là. C’était chez lui. «  Ça n’a jamais été chez moi… » Glissais-je dans un souffle. Avant de le regretter immédiatement, comme souvent. Je n’avais jamais eu de chez moi. Mon chez moi c’était la glace. Le seul endroit où j’existais véritablement. Wauwatosa n’était qu’un endroit comme d’autres. C’était comme ça. Je cherche la fuite, l’escapade possible. Pas prête à l’affronter. Je n’étais plus l’amie, plus la partenaire. Plus comme celle que j’avais été pour lui. Parce que nous avions été tellement plus que le mépris que je lui avais accordé. Alors il est là, devant moi et je ne cherche que la fuite. J’ai honte. Alors je l’observe manger, parce que je ne peux faire que ça. La pluie, le beau temps. Quel sujet fascinant allons-nous trouver pour prétendre que nous avons encore des choses à nous dire ? Il choisit la pâtisserie. Je peux faire avec ça. « Luna a du talent… Elle a toujours eu ce don pour les gâteaux. » Mais quelle idiote. Je me mords la langue d’avoir ouvert une porte sur le passé. Elle a surement été la seule à garder un lien avec nous lorsque nous sommes partis. Jusqu’à ce que j’arrête. Il interpelle une serveuse, me retient à lui. Encore. « Un thé au citron, s’il vous plait. » Je n’ai jamais apprécié le café. Le thé au citron par contre, c’est sûrement quelque chose qui n’a jamais changé chez moi. Alors je lui accorde ça, parce que je lui dois bien. Et je cède à la curiosité. « Tes parents doivent être ravis que tu sois rentré. Tes frères aussi j’imagine. » Small talk. C’est tout ce que je suis capable de faire pour le moment.

CODAGE PAR AMATIS
@Wabaunsee Uecker


_________________

Turn to dust, fall apart
Have my body. Have my mind. Have my coat. Take my time. These I borrow, borrow so far.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé



i could be so blind (wabaunsee) Empty
MessageSujet: Re: i could be so blind (wabaunsee)   i could be so blind (wabaunsee) Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
i could be so blind (wabaunsee)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Blind Test [Nouveau Jeu]
» Blind-Test du forum - Thématique "Chansons pourries"
» cout d'un nob blinboyz
» An eye for an eye would make the whole world blind - Julian & Aileen
» The way I see you must be blind. - Peter Norrell

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
EVERYTHING IS FINE :: CITY OF WAUWATOSA :: - westwatosa :: marshfield-
Sauter vers: