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WINTER TOGETHER / L'hiver arrive. Il est là plus tôt que les autres années et il est déjà rude. Les premières neiges parsèment les trottoirs de Wauwatosa. La ville et ses habitants ont toujours pris soin de leur commune. Ils aiment la voir briller de mille feux en attendant l'arrivée du père Noël. On est plus surpris de voir apparaître les premières guirlandes qui clignotent à travers les vitrines alléchantes et gourmandes. Les pâtisseries donnent envie. Les manteaux et les écharpes viennent couvrir nos tenues de mi saison. Cette année et encore plus que les autres années, Wauwatosa va aider ceux qui en ont besoin. Et en plus notre belle ville va s'illuminer et devenir la plus belle. Des concours de décorations, de sapins par exemples. Ces arbres vont éblouir les allées principales avant d'aller egayer les demeures plus austères. Hopitaux, orphelinats ou prisons aux alentours. Vous l'avez compris, c'est la solidarité qui va être au centre des fêtes. Comme chaque année le grand bal de Noël vous invitera à vêtir vos plus belles tenues et pour la bonne cause. Déambulez dans les rues, emmitouflés dans vos écharpes et doudounes. La neige va être présente, très présentes. Attention au verglas et aux boules de neiges perdues.
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(julio) acte II, scène 2

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MessageSujet: (julio) acte II, scène 2  (julio) acte II, scène 2 EmptyDim 22 Juil - 20:18

La confusion règne en maître dans son esprit. Les jours défilent sans jamais que cette sensation d’égarement ne s’effrite. Ses pensées sont constamment tournées vers Julio, son jeune hôte qu’il ne peut pas constamment éviter. Il s’est efforcé d’être discret au cours de la semaine écoulée, rasant les murs et protestant de devoir continuer son livre pour éviter soigneusement de faire face aux parents du jeune homme. Une certaine honte l’habite face à ce qu’il s’est passé entre eux. Ce n’est pas anodin. Il le sait tout au fond de lui, mais cela ne l’aide pas pour autant à y voir plus clair. Il laisse les mots couler sur le papier, sans réfléchir, retransmettant toutes les émotions qui l’ont agité au cours de cette nuit où l’ivresse et le désir lui a fait découvrir de nouveaux horizons qu’il ignorait totalement. Il griffonne frénétiquement, sans oser relire ce qu’il dépose sur cette feuille de papier auparavant vierge. La crainte d’y découvrir des faits nouveaux le bloque, le rende nerveux. Il s’efforce d’être aveugle à tout ce qu’il a déjà immortalisé sur son carnet. Le désir était réel et profond. Le plaisir ressenti a été tout aussi enivrant et exaltant que lorsqu’il s’applique à frôler les formes des femmes. Il n’y a eu aucun rejet, aucune abnégation de sa part sur la nature de son partenaire. Il le voulait. Il a gouté ce qu’il s’interdisait et pourtant, il ne peut s’empêcher de vouloir le toucher plus encore. Cela ne l’empêche pas de songer que c’est une mauvaise idée. Julio est plus jeune que lui, d’une dizaine d’année. Il a à peine atteint l’âge de la maturité. Il sait qu’il doit mettre fin à ce bouleversement que prend leur relation. Il doit prendre une décision qui s’impose. Du moins, il le devrait, car il s’en sent incapable. Ce qu’il a ressenti sous le corps de l’étudiant a été inédit pour lui. C’est le genre de flamme qui n’avait jamais brûlé au creux de ses reins. Il sent que quelque chose d’imperceptible s’est produit. Il se doit malheureusement d’y mettre un terme. C’est ce qu’il se somme à faire lorsqu’il envoie le premier SMS à Louis. Il veut qu’ils mettent les choses à plat, qu’ils considèrent que cette nuit s’est bien déroulée, mais qu’ils doivent aller de l’avant, qu’elle n’a aucune signification si ce n’est d’avoir été dictée par l’envie de découvrir de nouvelles expériences. Cela sonne faux à ses oreilles et il sait bien qu’il lui sera difficile de l’aborder sous cet angle. D’autant plus lorsqu’il perçoit la fébrilité de Julio, cette inquiétude qui l’habite d’être victime d’une colère qu’il semble juger légitime. Ce qui n’est pas le cas, mais ça ne l’aide pas pour savoir ce qu’il veut pour la suite. Ils définissent un point de rendez-vous et Louis décide de s’y rendre plus tôt pour s’octroyer un moment de calme et de réflexion. Il lui faut une vingtaine de minutes pour rejoindre le point de rendez-vous. Il s’y installe pour simplement inhaler l’air frais et se détendre grâce au calme qui y réside. Pourtant, l’agitation persiste. Dès que ses paupières se ferment, l’image de Julio envahit son esprit, réveille des sensations ressenties à ses côtés. Il se pince la lèvre, tout en inspirant profondément. Il n’a aucune idée de ce qu’il pourra dire lorsqu’il sera là, mais il ne va pas fuir, nier la réalité. Il va juste s’efforcer de l’atténuer, de laisser sa raison surmonter la volonté de sa déraison qui le pousse vers l’interdit. Finalement, des pas se font connaitre près de lui. Ses prunelles se dirigent vers la source de ce bruit, y reconnaisse les traits de l’étudiant qui se dirige vers lui. « Salut Julio... » Il souffle, maladroitement, les traits fermés, mais son expression est trahie par l’éclat de son regard, qui exprime l’affection contenue pour Julio. Sa voix est plus douce sur la fin, lorsqu'il prononce son prénom, comme lorsqu'il a pu le murmurer quelques jours auparavant. « Merci d’être venu. Installe-toi donc. » Il déclare en venant taper l’herbe à côté de lui pour qu’il y prenne place. Son organe vital s’agite, ses sens s’éveillent et à cet instant, cette réalité n’est pas du tout liée à l’alcool. C’est juste une réaction chimique, due à l’attraction magnétique qui le lie au jeune homme et qui se révèle désormais, bien malgré lui.
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MessageSujet: Re: (julio) acte II, scène 2  (julio) acte II, scène 2 EmptyLun 23 Juil - 12:16

Le message matinal de mon beau Louis éveillait toutes les peurs qui m'avaient grignoté l'estomac toute la semaine. J'avais senti mon ventre se contracter par pure angoisse, chaque fois que je croisais les yeux d'un beau éclatant de notre hôte, ou que je pensais à toute la souffrance que j'avais causée dans le cœur de Magnolia. Je délaissais mes assiettes, je n'avais pas d'appétit devant les aliments soigneusement préparés de mes parents. Je les tournais inlassablement avec ma fourchette, en réfléchissant plutôt aux erreurs que j'avais commises les jours derniers. Ma mère, pour me faire regagner la réalité et m'inciter à manger, caressait souvent mes cheveux bruns d'un air inquiet. Elle ne faisait qu'augmenter la contrariété retenue au creux de mon ventre, qui se serrait sans cesse. Il n'y avait que Tess qui parvenait à m'extirper de cet état second de désespoir. Elle essayait tant bien que mal de me remonter le moral, sans s'intéresser à ce qui était en cause. Elle déclarait des phrases pleines d'humour et de provocation gentillette, et me décrochait quelques sourires sincères. Je savais qu'elle savait, mais je ne lui facilitais pas la tâche et ne lui confiais rien de mes tourments. Je ne détenais pas assez d'énergie et de patience, pour évoquer ma séparation brutale avec Magnolia et mon expérience inédite avec Louis. Je m'en voulais bien assez pour qu'on me rappelle que j'avais foiré. J'avais surtout besoin de temps, de recul, pour penser à tout ce que je ressentais dorénavant pour l'écrivain. En plus de la déception amère que mon ex petite-amie avait manifesté, mes sentiments pour Louis m'avaient explosé en pleine figure. Anéanti et déboussolé, j'avais traîné la patte plusieurs jours, sans réussir à décrocher l'émotion dévastatrice de mes pensées. Je me sous-estimais pour cette infidélité dont je n'avais jamais été auteur, et qui donnait un sens poussé à ce qui me liait au Français.

Alors je lui avais répondu simplement à son message au début, puis j'avais émis la source de mes doutes pour qu'il confirme que je n'avais rien à craindre. Le pire sentiment qu'il pouvait afficher, c'était le regret. Je ne voulais pas entendre que ce que nous avions fait n'était qu'une erreur, un accident, et que nous devrions plus jamais céder à ces vices sexuels. J'aurais alors été déçu de ces capacités d'auteur, et de lui avant tout, parce que la banalité de ces phrases ne dépeindrait sûrement pas la singularité de son esprit que j'avais pu déceler, durant nos conversations approfondies sur des thématiques diverses (même si la littérature dépassait les autres). Quand je me rendis dans la forêt et fis craquer les branches d'arbre restées au sol, je sentis mon cœur battre à une vive allure. Ma gorge était serrée, tandis que mon ventre faisait encore des siennes. J'étais sur les nerfs et stressé. Trop stressé, peut-être. Quand je voulus répondre à sa salutation, ma voix déraillait à cause de cette émotion qui m'envahissait ; elle était à peine audible, mais le silence évident de la nature ne dissimulait pas cette tentative : « Salut Louis. » Je contemplai ses traits, rien qu'un instant - mais suffisant pour être rassuré et comprendre que lui aussi était tendu et fermé. Il tapota à ses côtés, sur l'herbe fraîche, pour m'inviter à s'asseoir près de lui. Je n'avais pas envie d'être immobile et bloqué dans une position assise, alors que mon corps était remué. J'avais besoin de bouger, de libérer ces secousses incessantes et le combat des sensations à l'intérieur de moi, en faisant diversion par une agitation de mes membres. « Tu ne veux pas plutôt qu'on marche ? » Je lui proposai donc, pour accéder à cette envie. Il accepta, comme si ma demande avait de l'importance pour moi. Je commençai à avancer vers le coin le plus tranquille et plaisant, et jouai avec mes doigts devant moi, en faisant tourner mon pouce droit autour de l'autre. J'observai mes chaussures et où je mettais les pieds ; pas pour éviter de m'affaler au sol à cause d'une chute soudaine, plus pour ne pas me confronter aux yeux de Louis. « Qu'est-ce que tu voulais me dire ? » C'était un calvaire de me confronter à Louis avec autant de sérieux et de mystère, que j'espérais vivement qu'il ne tergiverserait pas de son côté. Je voulais qu'il se livre à moi d'un coup, qu'il lâche tout ce qu'il contenait au fond du cœur, pour que cette conversation alarmante et poignante soit rapidement expédiée.
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MessageSujet: Re: (julio) acte II, scène 2  (julio) acte II, scène 2 EmptyMar 24 Juil - 23:12

Lorsque Julio se présente sous ses yeux, l’égarement, que son esprit subit face à toutes ses émotions qui le chavirent, est profond. Son cœur s’agite dans sa poitrine, ce qui l’empêche de raisonner de manière censée. Il ne sait pas par quoi commencer, alors il l’invite à s’asseoir à côté de lui pour briser la glace, instaurer une certaine proximité comme pour lui indiquer qu’il ne compte pas agir de manière glaciale avec lui. Seulement, Julio ne semble pas en mesure d’agir aussi sereinement qu’il ne s’efforce de le faire. Il perçoit aisément que le jeune homme est une boule de nerf à cet instant et qu’il ne sait pas où placer son regard ou comment positionner son corps. Sa nervosité l’émeut. Elle ne le laisse pas insensible et c’est tout naturellement qu’il sent ses émotions à fleur de peau. Il ne refuse pas la proposition du plus jeune. Il se relève pour le suivre sur le sentier. Le calme couvre leur mutisme jusqu’à que le brun l’invite à la confidence. Louis est contraint de s’exprimer, ce qui vient faire tressaillir les battements de son cœur. « Je voudrai parler de ce qu’il s’est passé. » Il déclare sans détour malgré l’agitation qui le dévore de toute part. Sa voix se veut assurer, mais elle n’est que facette. Il se sent complètement démuni face à la fébrilité qui le gagne et qui rend les pulsations de son organe vital si effrénée. Le silence s’impose quelques secondes. Il sent Julio tendu, bien plus qu’il ne l’était avant qu’il ne prononce ces mots. La confusion qui habite l’écrivain est réelle et profonde. Leurs pas frôlent le sol, rendent le silence moins lourd et oppressant. Du moins, en apparence, car une certaine angoisse commune les dévore au fond de leurs tripes. Il se sent incroyablement vulnérable, tiraillé entre diverses émotions contradictoires. Son esprit l’invite à suivre une voie que tout le reste de son être refuse de prendre. Il se racle la gorge, tâchant de puiser la force en lui pour évoquer cette soirée, qui a bouleversé toute cette relation qu’ils avaient construite ensemble. « Je… » Il commence dans une voix hésitante. « Je suis navré de t’avoir fui durant toute cette semaine… J’étais juste totalement confus par cette nuit. » Il admet faiblement en lui lançant un regard en coin, de manière furtive. Le malaise est profond, sans doute parce qu’il n’a aucune idée de la direction que va prendre cet échange. Il n’ignore pas l’état végétatif dans laquelle se trouve le jeune homme depuis cette soirée singulière. Il a bien remarqué sa monotonie, l’égarement dans lequel se trouve son être et qu’il affiche clairement à cet instant par cette attitude stressée. Cela ne le laisse pas indifférent. Bien au contraire, il aurait souhaité lui épargner ce bouleversement dans son quotidien, dans son identité ou même sa vie. « Je ne veux pas que tu penses que je suis en colère, Julio. » Il déclare dans une voix un peu plus appuyée. Sa respiration se fait difficile à cause des battements effrénés de son cœur. « Je ne compte pas faire comme si de rien n’était, mais si c’est ce dont tu as besoin pour avancer, je le comprendrai. » Il conclut dans un ton plus doux. Il n’a aucune idée de ce qui se trame dans l’esprit mystérieux de l’étudiant. Lors de cette nuit, il a pu entrevoir du désir dans son regard, mais maintenant qu’il l’a expérimenté, il ne serait pas incohérent qu’il s’en sente honteux. Il pourrait l’accepter et il serait prêt à passer au-dessus de ce malaise actuel et faire comme si c’était qu’un fantasme pour s’assurer que tout va bien entre eux.  
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MessageSujet: Re: (julio) acte II, scène 2  (julio) acte II, scène 2 EmptyDim 12 Aoû - 11:43

Les tremblements qui faisaient convulser mon corps - et mon cœur davantage - lorsque j'ai quitté la maison familiale, ne disparaissaient pas en la présence de Louis. Ils s'accentuaient même, au point que je déclinais la proposition de Louis de rester assis. J'avais besoin de bouger, de me laisser aller au rythme des secousses de mes membres. J'essayais de rester le plus tranquille possible, lorsqu'on commença à faire quelques pas à travers la forêt, mais il m'était difficile de garder l'air apaisé. Je craignais ce que Louis avait à me dire ; tout comme je craignais que cette rencontre mystérieuse ne clôture la relation naissante qui s'était imposée à nous. Je ne voulais pas qu'il balaye nos souvenirs, merveilleux et poignants, d'un seul revers de la main, en s'armant du regret et de l'oubli pour mieux les chasser encore. S'il devait manifester du regret, je voulais que ce soit parce qu'il aurait voulu que nous soyons d'autant plus proches. Angoissé et tendu, je n'osais même pas affronter son regard et me contentais de diriger le mien vers le sol, feignant une attention excessive à l'endroit où je mettais les pieds. Trébucher était bien la dernière option que je prévoyais pour cette situation déjà remplie de malaise et de suspens absolu. Je tentai de diriger Louis vers les confidences, les explications, mais il ne sortit d'abord que de plates excuses concernant sa fuite de cette semaine. On s'était évités mutuellement, sûrement parce qu'on avait besoin de réfléchir à ce qu'il venait se de passer. J'essayais souvent de le suivre dans les pièces, de rester dans la même que lui, longuement, juste pour sentir sa proximité qui me manquait, mais j'étais bien incapable de lui décrocher un mot ou d'écarter la gêne de lui. « Pas de soucis, je n'ai pas été mieux. » Je pivotai la tête pour lui accorder un léger sourire complice et accompagner mes paroles véridiques. Je n'avais pas essayé de dérider, d'user d'humour pour qu'on se sente moins fermés à l'autre. J'avais seulement attendu qu'il soit prêt à la conversation - et que je le sois aussi. On continua d'avancer dans le bois, sans s'arrêter dans notre lancée. « Je ne le pense plus. » Je sentais qu'il n'avait aucune rancune ou irritation à mon sujet ; il aurait pu m'en vouloir d'avoir profité de son état de fébrilité pour concrétiser mes désirs que j'espérais passagers - et c'était un peu ce que j'avais fait. Ces désirs étaient encore plus brutalement présents au fond de mes entrailles. Je me retenais à peine de m'accrocher à son cou pour abaisser sa silhouette trop haute et dévorer ses lèvres ! Il était sûrement autant nerveux que moi, mais il parvenait à s'exprimer avec plus d'aisance. J'essayais de l'imiter pour poser les interrogations qu'il formait dans mon crâne, avec ses phrases évasives dont je ne comprenais pas le sens. « Tu comptes faire comme si quoi alors ? » S'il ne comptait pas faire semblant qu'il ne s'était rien passé, je me demandais alors comment il voulait agir avec moi. J'étais totalement déstabilisé par ses mots, et il continuait de me bouleverser. Je reçus quelques pincements au cœur, parce que je sentais que la finalité de cet échange ne saurait pas me satisfaire, et que la volonté de Louis ne reflétait absolument pas la mienne. « Pour avancer ? » Qu'est-ce que cela signifiait ? Que j'avance... sans mes désirs insoupçonnés qui s'étaient totalement réveillés, avec un peu d'alcool et le charme évident de Louis ? Sans ces envies qui me déboussolaient ; comme celle de l'embrasser chaque fois qu'il était dans mon champ de vision, ou de sentir son parfum titiller mes narines et sa barbe mal taillée me grattouiller la joue ? Que j'avance... sans lui ? La trouille était devenue plus féroce et incontrôlable, je laissai alors traîner mon regard dans le vague pour que Louis ne la repère pas.
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MessageSujet: Re: (julio) acte II, scène 2  (julio) acte II, scène 2 EmptyDim 12 Aoû - 15:14

Ce petit sourire bien que léger est une offrande qu’il accueille avec plaisir. Il lui fait comprendre qu’il a été habité par la même confusion et trouble, qui l’ont intimé à fuir tout échange avec lui. Ils avaient beau être dans la même pièce, aucun des deux n’avait osé engager la conversation avec l’autre. Ils s’étaient contentés de se lancer quelques regards lorsque l’attention de l’autre était occupé par un autre échange ou par une activité. Ce silence avait été nécessaire, car il est fort à parier que s’ils avaient initié cela dans un contexte où ils étaient observés, il est fort à parier que leur trouble aurait été révélé et aurait rendu leur échange plus complexe qu’il ne l’est déjà à cet instant. Tout échange aurait été prématuré et ne leur aurait pas permis de prendre le recul nécessaire. Louis semble savoir quelle voie doit prendre leur rencontre, mais également la suite de son séjour au sein de la maisonnée Zimmermann, mais face au jeune homme, face à la fébrilité dégagée par son corps et son regard, ce sont bien d’autres desseins qui se nichent dans son esprit. Des désirs qu’il ne s’explique pas, mais si brûlants qu’il a l’impression qu’il pourrait s’enflammer s’il y gouter. Un peu à l’image de cette soirée où tout a basculé, où certains de ses fantasmes cachés se sont réalisés. Il lui est résolument pénible de trouver les bons mots, lui, qui en temps habituel possède une aisance à employer les mots, qui représentent ses idées ou du moins, celle qu’un homme de sa stature devrait avoir. Cela devient un art bien plus complexe à réaliser lorsqu’il s’agit d’émotions personnelles, intimes, qui lui prennent les tripes. Sa confusion est intense, due à la présence de l’étudiant à ses côtés, car il a la sensation qu’il peut lire à travers lui. Il essaye tant bien que mal d’en venir au sujet initial, mais la maladresse de ses propos lui est renvoyée par des questions plus précises qui le mettent au pied du mur. Les pulsations de son cœur s’imposent à ses tympans. Sa respiration est difficile bien qu’il s’efforce de garder son calme, de laisser ce trouble profond l’envahir de toute part. Il est déjà bien assez présent dans ses rétines. Alors, il se pince la lèvre, soupire pour évacuer cette agitation qui le domine. « Une expérience. Pour toi, comme pour moi. » Il lâche maladroitement sans poursuivre ses pensées, mais Julio semble avoir besoin qu’il poursuivre. « Tu es jeune. » Il lâche pour commencer avant de préciser. « Tu as l’âge parfait pour expérimenter, découvrir de nouvelles choses, sensations, sans en subir les conséquences. Tu as toute la vie qui t’attends devant toi. » Il ajoute en glissant sa main derrière sa nuque. « Je ne voudrai pas que tu te sentes piéger ou autre par ce qu’il s’est passé. Cela peut rester qu’une expérience. Si tu veux faire comme si rien ne s’était passé, je le comprendrai et j’en ferai de même… C’est ce que j’essaye de te dire. » Il conclut de manière plus franche, mais également tiraillé. La raison des sentiments et la raison de l’esprit luttent inlassablement l’une contre l’autre au point qu’il se sent complètement perdu. Ce voyage semble prendre une tournure totalement inattendue.
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MessageSujet: Re: (julio) acte II, scène 2  (julio) acte II, scène 2 EmptyDim 12 Aoû - 18:26

Cet échange avec Louis me terrorisait, mais il fallait bien y passer. Être un grand garçon et affronter ce qu'il semblait vouloir dire. Quand il prit enfin la parole, c'était au-delà de mes angoisses. Les espérances que j'avais gardées enfouies au fond de mon cœur se faisaient chasser par quelques paroles pénibles à entendre. J'essayais de ne pas afficher ma rancœur face à la maladresse hallucinante de Louis, qui me décevait clairement. Pour lui, je n'étais qu'une « expérience » ? Je faillis répéter ces quelques mots avec cet air moqueur de celui qui l'a mauvaise, me ravissais finalement. Il en était une pour moi aussi, quelque part, seulement il était bien plus à mes yeux, maintenant. Ce n'était plus l'étranger que je désirais ; il était devenu celui avec qui j'avais envie de connaître la passion amoureuse. Je le sentais, là, au creux de mon ventre, que des sentiments avaient poussé. Les vibrations à ce niveau, comme des crispations, et les pulsations plus irrégulières de mon cœur, en présence de Louis, suffisaient à m'alerter sur l'amour qui commençait à naître brutalement. « C'était une expérience pour toi ? Tu n'as jamais fait ce genre de... trucs, avec un homme avant ? » Je ne savais pas franchement si c'était le meilleur moment pour s'adonner à ces confidences intimes, j'avais seulement besoin de savoir quel sens devait prendre ce terme. Il m'énervait avec ces mots trop propres, qui ne précisaient rien de ce que je voulais savoir ! A croire qu'il s'amusait à me mettre le cœur en vrac et à rendre cette confrontation encore plus difficile ! J'avais besoin d'EXPLICATION, il ne me donnait que de la CONCISION. J'avais envie de lui hurler toutes mes émotions à la figure, en partant dans tous les sens, sans aucune logique... comme ce sentiment amoureux qui n'en possède aucune. Je n'ai pas expérimenté par hasard, Louis. Je voulais qu'il se réveille et comprenne, mais j'aurais l'air d'un imbécile enfantin qui parle trop avec son cœur. Alors que lui faisait fonctionner la tête. En oubliant les émotions et la fougue derrière lui. Il m'irritait pourtant l'amour devenait que plus grand et déchirant à chaque pas que nous entreprenions. « Je ne me sens pas piégé. » Je corrigeais quand même, malgré toute l'incompréhension que je nourrissais en entendant ses paroles. J'en avais lu des livres, des écritures fines, alors pourquoi personne n'avait prévenu qu'on pouvait se débarrasser de l'autre après un ébat échangé, avec des mots aussi creux ? Louis s'exprimait comme un écrivain amateur le ferait : c'était terriblement brouillon, à n'y rien comprendre. La confusion régnait dans cette conversation, il me perdait de plus en plus dans ses volontés. « Pourquoi j'aurais envie de faire comme si de rien ne s'était passé ? » J'étais jeune, mais pas un gamin non plus. J'assumais les initiatives, les gestes et mots salaces, et surtout le plaisir que cela m'avait procuré. « Tout ce que je regrette, ce sont les circonstances, parce que j'étais censé être en couple. Je ne le suis plus, forcément, parce que je n'ai pas l'intention de le cacher. A mes parents, peut-être, si tu te sens plus à l'aise, mais je n'ai jamais été très doué pour leur masquer les choses. » Je me livrais légèrement sur la situation qui a suivi notre aventure sensuelle, notamment par rapport à Magnolia que j'avais blessée. Je n'osais pas trop lui demander ce qu'il désirait quant à lui, parce qu'il ne faisait que parler de moi et mes désirs. J'avais compris de tout ce qu'il avait formulé, qu'il voulait que je demeure cette expérience partagée, sans que cela ne débouche sur plus. Alors on en resterait là, puisque c'était ce qu'il voulait.
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MessageSujet: Re: (julio) acte II, scène 2  (julio) acte II, scène 2 EmptyLun 13 Aoû - 11:01

« Non… Non, ce n’était pas une expérience pour moi… Cela l’est peut-être pour toi. J’avais ton âge lorsque j’ai expérimenté ça avec mon meilleur ami. Il n’y aurait pas de mal à ce que ça le soit pour toi. » Il essaye d’éclaircir les choses, parle de son expérience puisqu’il n’en rougit pas. Il est juste bien placé pour savoir qu’à cet âge, les émotions et pulsions invitent l’être humain à se lancer dans de nouvelles expériences et parfois le retour à la réalité peut être brutal. Il s’efforce indirectement à envisager ce qu’il y a de mieux à faire autant pour Julio que pour lui. Il a beau s’efforcer de ne pas nommer l’émotion qui le tiraille à chaque rencontre avec l’étudiant, il est évident qu’il ressent quelque chose pour lui. De l’amitié ? Sans aucun doute. De l’affection ? Il est certain. Du désir ? Oui, il lui a même éclaté au visage durant cette nuit où ses doigts ont enfin pu arpenter sa chair délicate. De l’amour ? Il serait bien difficile de le dire. Du moins, il semble réfuter cette possibilité, car ça serait octroyer trop de pouvoirs à cette relation. Pourtant, aux côtés du jeune homme, maintenant que l’abcès de la tension sexuelle a été percé, ce type de relation avec lui, lui semblerait naturelle. Sans doute trop pour convenir à la pudeur d’autrui. Il ne veut pas être victime du regard désapprobateur et il ne veut pas qu’il en soit de même pour Julio. Seulement, il lui est difficile de transparaitre tout cela par des mots verbaux, lui qui a tant d’aisance habituellement. Il aurait peut-être été plus clair sur un bout de papier, alors qu’à l’heure actuelle, il cherche désespérément ses mots. Le calme affiché par l’étudiant le perturbe profondément. Il semble être au clair avec ses émotions, ses sentiments, à tel point que cela lui fait peur. Il ne se sent pas piégé, ne semble avoir nulle envie de faire comme si cette nuit n’avait été qu’un mirage. Il ne regrette rien, si ce n’est les circonstances, puisqu’il était en couple. Il ne ressent pas le besoin de le cacher, alors que lui est terrorisé par ce que lui fait éprouver Julio. Sa confusion est profonde, mais il ne se précipite pas dans ses propos. « Tu aurais peut-être pu le regretter, mais je vois que non. » Il murmure pour expliquer ces paroles initiales. Il se pince la lèvre, glisse sa main dans sa nuque. Quelle ligne de conduite prendre dans un pareil cas. Doit-il feindre une indifférence, mais ne serait-ce pas mentir de sa part ? A-t-il envie d’être ce genre d’homme devant Julio ? Cela aurait du sens en vue de la réserve qu’il s’est assuré d’avoir avec le jeune homme. Seulement, cette volonté n’était due qu’à une attraction, la sensation que ce jeune homme pourrait le mener à sa perte et n’était-ce pas ce qui était en train de se passer. Il n’arrive pas à oublier cette nuit, cette complicité naturelle entre eux, mais surtout ces émotions si violentes qui lui ont ravagés le cœur et le corps. Il repousse l’échéance de la parole en attrapant son paquet de cigarettes. Il en glisse une entre ses lèvres et en tend une à Julio s’il le désire dans un petit sourire. Il l’enflamme tout en venant poursuivre la marche. « Je ne regrette pas ce qu’il s’est passé, Julio. » Il lâche dans une voix douce et plus posée qu’auparavant. Sans doute parce qu’il ose faire face à ce qu’il pense, ressent vis-à-vis de sa relation avec Julio. « J’en avais envie et ça serait sans doute mentir que le nier. » Il poursuit tout en continuant de s’enfumer les poumons. Il se pince les lèvres pour les humecter, avale sa salive pour tenter de trouver la suite de ces propos. « Cette nuit a eu le mérite de me faire admettre ça. » Il souffle dans un ton de délivrance. A défaut de donner le ton sur la suite que va prendre leur relation, il émet des confessions plutôt que de prendre une décision. Ce serait tellement plus simple s’il pouvait juste ressentir les choses sans avoir à en subir les conséquences. Cela ne lui déplairait pas de s’emparer de nouveau de ses lèvres, de coller son corps au sien, mais cela ne changerait pas le fait qu’en dehors de ses bois, il y aurait des milliers de personnes qui pourraient juger sa conduite, l’assimiler à un semblant de pédophilie, car malgré la communion de leur âme d’artiste, près de dix ans les sépare et Julio vient tout juste de sortir de l’adolescence. Pourtant, le désir est là, profond, déroutant et le torture, mais difficile de faire coïncider la voix de la raison et celle de la passion. Le combat permanent des hommes, de lui y compris.
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MessageSujet: Re: (julio) acte II, scène 2  (julio) acte II, scène 2 EmptyMar 21 Aoû - 15:29

La conversation ne me plaisait pas, j'usais de beaucoup de patience pour effacer l'air offusqué et irrité qui risquait de marquer mes traits. Louis semblait toutefois le surprendre, puisqu'il se lança dans des précisions d'un ton presque gêné. Ses paroles étaient pourvues de franchise, laissaient entrevoir quelques confidences qu'il n'essayait plus de cacher. Il avait donc déjà découvert le corps d'un homme, de son meilleur ami d'ailleurs, lorsqu'il avait mon âge. Dans ce qu'il faisait remarquer, je compris que ce gars avait été le seul... avant moi. Le Français avait dû se cantonner à la gente féminine, sans goûter au plaisir particulier que nous avions échangé. « Alors disons que oui, tu es une expérience. » Je ne dissimulais plus cette réalité, qu'il savait sûrement déjà. Il avait dû le percevoir, derrière mes gestes maladroits, combien j'étais inexpérimenté. Il ne pouvait qu'être mon premier tellement j'étais peu doué avec cette partie trop gonflée dont je savais à peine m'occuper... « Sauf qu'on n'est pas des meilleurs amis, et que ça ne peut donc pas se résumer seulement qu'à une simple expérience. » Cela n'avait aucun sens, ce que je racontais, parce que ça aurait pu en être une, une unique expérience, même en étant de simples connaissances. J'avais seulement envie de lui préciser que je ne souhaitais pas que ce ne soit que ça ; je n'arrivais pas à me retenir en gentiment de lui dire, même si c'était subtil. Il continuait d'échanger avec simplicité, sans réussir à m'informer clairement de ses désirs. J'aurais voulu qu'il soit suffisamment adulte pour me faire comprendre ses sentiments et ses perceptions d'avenir pour lui, ou pour nous. J'avais l'impression qu'il détournait la vérité, l'enjolivait par de belles phrases structurées qui ne voulaient rien dire, pour mieux faire passer le message. Il n'osait peut-être pas m'avouer qu'il ne pouvait y avoir entre nous que ce rien significatif. J'aurais pourtant aimé tout avoir de lui. L'amour, la passion, la bouche sèche, la barbe qui picote, la tête trop haute m'obligeant à me retenir sur la pointe des pieds... ses yeux bleus autant refroidissants que réconfortants. Ses bras fermes, son sexe durci contre ma bouche, mes doigts peu habiles qui ne demandaient qu'à acquérir plus de maîtrise. Oh, il disait qu'il ne regrettait pas, mais ne disait rien d'autre. Il donnait quand même la sensation de vouloir se débarrasser vite de cette situation. Alors que j'aurais voulu la faire traîner et m'accorder une parenthèse sensuelle encore une journée. « J'en avais envie moi aussi. » Je précisais pour qu'il comprenne bien que je n'éprouvais aucun remord. J'en aurais ressenti si je n'avais pas osé franchir ces étapes et dépasser ma réserve naturelle, pour me laisser emporter par la spontanéité et l'audace. « Mais tu as envie de quoi, maintenant ? » Je ne pouvais pas être plus clair et précis. Je n'ajoutais rien d'autre, pas de « Qu'on s'ignore ? » auquel il aurait répondu sans monologuer sur ses espérances pour notre avenir commun. Est-ce que j'avais le droit d'évoquer les miennes ? Si seulement il pouvait connaître toutes les idées qui s'étaient instantanément figées dans mon crâne, depuis que nos corps s'étaient embrasés en présence de l'autre ! J'aurais tant voulu lui admettre, mais son air fermé refrénait cette ambition. Alors je ne faisais que l'observer, franchement, sans ne plus éviter son regard perdu, pour le pousser à dire, franchement, à son tour, ce qu'il voulait entre nous. Ce regard bleu intense dans lequel je plongeais maintenant trop facilement ne faisait que rendre le mien plus lumineux, insistant, et il ne s'arrêtait alors plus de le scruter.
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MessageSujet: Re: (julio) acte II, scène 2  (julio) acte II, scène 2 EmptyMer 22 Aoû - 23:43

L’entendre affirmer qu’il est une expérience le perturbe profondément. Il s’efforce de masquer ce trouble qui l’envahit, mais il est bel et bien présent. Quelque part au fond de lui, il s’imagine qu’il a cherché cet aveu, qu’il mérite ce propos, qui réduit à néant toute perspective profonde à ce qu’il s’est passé. N’est-ce pas ce qu’il s’efforce de vouloir croire ? Alors pourquoi cela le chagrine-t-il de la sorte ? Cela n’a pas de sens. Pourtant, il ne peut nier que son cœur se fait moins lourd dans sa poitrine lorsque l’étudiant réfute cette déclaration due à ses propres sollicitations. Ils ne sont pas de meilleurs amis et ne peuvent pas seulement résumer ce qu’il s’est passé à une expérience. Des propos qui ont le mérite de l’extirper de sa léthargie et de le questionner sur le sens qu’il veut réellement donner à ce qu’il s’est passé. Le pouvoir de Julio sur son être est troublant, et ce, depuis le premier jour, sans qu’il ne puisse l’expliquer. Il active ses mécanismes d’auto défense, comme s’il craignait de trop s’attacher à ce jeune homme, à l’esprit tout aussi vif et cultivé que le sien. Alors, il s’efforce de vouloir lui donner une issue de secours. Il aimerait qu’il s’en saisisse, qu’il adopte une posture de lâche, en fuyant cette attraction, les réelles raisons qui l’ont conduit à se laisser tenter par cette liaison dangereuse. Pourtant, Louis sait parfaitement qu’il en est l’investigateur. Si son esprit embrumé n’avait pas succombé à l’attrait si enivrant des courbes des lèvres du plus jeune, sans doute que rien ne se serait produit. Sa fébrilité est à son paroxysme, car cette conversation le chamboule profondément. Il a du mal à garder les idées claires. Il est tiraillé entre sa raison et ses désirs. Julio fait naitre tant de chaos en lui, et ce, encore plus depuis cette nuit. Cependant, il est bien incapable de regretter ce qu’il s’est passé. Il ne peut nier en avoir eu envie. Une ambition qui continue de le dévorer, mais à laquelle il s’efforce de résister sans l’avouer ouvertement. Il use du passé comme pour tenter de donner l’illusion qu’il ne ressent plus aucune ambiguïté à son égard. Malgré cela, ses gestes le trahissent. Sa nervosité se lit dans le tremblement de sa main autour de sa cigarette qu’il consume pour se laisser le temps de trouver ces mots qui sont difficiles à trouver, plus qu’il ne le voudrait. « Tu ne me facilites pas la tâche... » Il souffle dans une voix étriquée par une certaine affection mêlée à la raison. Un sourire en coin se niche sur ses lèvres alors qu’il se les humidifie pour lutter contre cette sécheresse qui s’empare de sa bouche. Ce qu’il désire ? Il n’ose pas réellement y penser. C’est comme si sa raison avait érigé une forteresse dans son esprit pour l’empêcher de réfléchir distinctement. « Continuer sur cette voie nous mènerait nulle part… Je pars dans quelques mois, Julio...  Certaines pourraient mal le voir, surtout dans une ville comme Wawautosa… Je suis plus vieux que toi, un homme qui plus est. T’imagines ce que tes parents pourraient dire ? » Il lance sans parvenir à le regarder droit dans les yeux. Il laisse sa raison s’exprimer, n’exprime en rien l’envie qui se tapie derrière les murailles, forgées par son esprit terre à terre. Il essaye tant bien que mal de donner des raisons de ne rien essayer, mais n’aborde en rien le fait qu’au fond, sans doute, qu’il ressent l’envie impressive de le faire, de se laisser porter par cette passion qui le rend si maladroit et le fait flancher lorsque son être baisse la garde. Ce serait sans doute plus simple si Julio pouvait lire à travers lui. « Tu penses pouvoir gérer ça ? » Il déclare pour essayer de conclure ses arguments, qui n’en sont pas, qu’ils ne doivent pas être forcément convaincant, si ce n’est pour lui, car il est disposé à se laisser fondre sous leurs pouvoirs. Pourtant, à cet instant, il se bride comme jamais, son esprit bien trop effrayé de ce que cette relation pourrait lui faire ressentir.
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MessageSujet: Re: (julio) acte II, scène 2  (julio) acte II, scène 2 EmptyJeu 23 Aoû - 12:41

Je sentais que la nervosité intégrait nos corps et menait la bataille contre la passion. Elle guidait nos réactions, nos paroles qui se faisaient effacées, détournées. Il évitait d'aborder le sujet qui était la cause de mes angoisses. Je voulais qu'il réussisse à m'expliquer ses attentes, seulement il restait sur la réserve constante. Je le forçai alors, comme je pouvais, pour qu'il m'éclaircisse sur ses sentiments. « Tu ne m'as pas demandé de venir ici pour que l'on ne parle pas du tout de ce qui doit se passer ensuite. » Je précisai pour expliquer cette volonté d'en connaître davantage sur ce qu'il ressentait, lui. Sur ce qu'il voulait, aussi. Il avait tendance à écarter ses désirs de la conversation, voulant seulement obtenir ma vision de ce moment charnel que nous avions partagé. C'est pourquoi je l'incitais à s'ouvrir, à me confier ses doutes et ses espérances. Les inquiétudes qui se formaient dans son crâne m'étonnaient, même si je saisissais où il désirait en venir. Dans quelques mois, Louis partirait et de notre lien ne resterait que des souvenirs, qui provoqueraient tantôt un sourire, tantôt une larme glissée sur la joue. L'homosexualité et la barrière de l'âge étaient des freins, dans ce qu'il racontait, parce qu'ils étaient rarement tolérés dans des villes comme la nôtre. Je m'apprêtais à lui déclarer avec fougue que le regard des gens ne m'importait peu, mais Louis m'arrêta net avec une raison supplémentaire. « Mes parents ? » Je me mis à rire soudainement, parce que cette excuse me semblait être la pire qu'il pouvait sortir. Il aurait pu se contenter de se défendre avec la distance et l'écart d'âge, qui n'étaient pas plus valables que le choc possible de ce couple uni et généreux. « Ce sont les gens les plus ouverts que je connaisse. En tout cas, ils la mettent bien en avant, leur tolérance, leur ouverture d'esprit, alors ils ne prendraient jamais le risque de rendre leur honnêteté habituelle pour une hypocrisie vérifiée. » S'ils étaient incapables de supporter cette relation, leur bienveillance légendaire serait alors réduite à néant. Cela signifierait qu'ils aient menti sur leur capacité d'accepter toute situation et personnalité. J'ignorais s'il était possible qu'ils portent un jugement sur nos sentiments, mais je les pensais vraiment incapables d'écarter la compréhension et l'indulgence qui leur sont chères et dans lesquelles ils m'ont toujours baigné. Quand Louis me demanda ensuite si je croyais pouvoir gérer toutes ces mauvaises excuses, je n'hésitais pas une seule seconde dans mon choix. Le naturel répondit à ma place : « Oui. » Je ne trouvais aucune raison valable pour interdire cet amour de naître ; pour l'empêcher, le freiner, alors que je débordais déjà de passion. Je voulais qu'il continue de m'envahir, de faire sa place au creux de ma poitrine. La plus imposante qui soit.
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MessageSujet: Re: (julio) acte II, scène 2  (julio) acte II, scène 2 EmptyDim 30 Sep - 15:33

Il est vrai qu’il avait débuté cette rencontre pour tenter de mettre un terme à tout ce trouble qui les dévore. Il avait pour ambition que leur échange leur permettrait d’y voir plus clair, de briser ce malaise qui est présent entre eux. Ce qui est loin d’être le cas. Sa proximité avec Julio ne fait qu’accentuer l’agitation qui le gagne depuis cette nuit. Cette passion qui le dévore a un effet étourdissant qu’il a du mal à canaliser, gérer, car elle n’est similaire en rien avec ce qu’il a pu ressentir jusqu’à ce jour. Il s’efforce de garder une posture raisonnée, conscient des normes sociales et des conséquences qu’une liaison entre eux pourrait engendrer, mais la fébrilité du plus jeune ne fait que malmener ses pensées et les rendre plus chaotiques qu’elles ne le sont déjà. Cette fougue qu’il perçoit dans les prunelles de l’étudiant a un effet électrisant. Elles perturbent ses idées et le rend plus impuissant qu’il ne l’est déjà face aux émotions qui le consument. Aucune parole semble atteindre la détermination du plus jeune. Au contraire, il rit soudainement à ses propos comme si ces propos n’avaient aucun sens. « C’est une chose d’être ouvert d’esprit, une autre que d’accepter que ses proches soient sous le feu de critiques d’autrui... » Il essaye de lui indiquer pour tenter de lui faire comprendre qu’il est possible d’accepter certaines réalités, mais d’être agacé d’être impuissants face aux regards que peuvent avoir les autres. Ces parents seraient-ils vraiment à l’aise avec l’idée qu’ils puissent être ensemble, quand d’autres, proches amis ou connaissances, pourraient voir cette relation sous un regard plus étriqués ? Il n’en est pas certains. Ils pourraient s’enflammer contre ces personnes ou lui, mais il n’en resterait pas moins que Julio serait le sujet de critiques, tout comme lui pour suivre une liaison, dont aucun ne pourrait connaitre l’issue. Le genre de pensées qui ne lui traversent pas l’esprit en accoutumé. Le faire, prouve dans une certaine mesure toute l’affection qu’il porte à ce jeune homme qui transperce son être par ce regard pénétrant. La franchise de Julio est si tranchante, si empreint d’un courage qu’il ne dispose pas. Louis se sent démuni face à tout ce qu’il ressent, sans doute parce qu’il n’a pas cette témérité de faire face sans rougir à tout ce qui bouleverse son être. Son éducation plus étriquée l’empêche d’avoir cette même droiture que son compagnon. « Je n’en suis pas capable. » Il finit par admettre sans venir plonger son regard dans le sien. Au contraire, il s’accroche à sa cigarette, le regard concentré sur elle alors qu’elle se consume avec frénésie. « Cela nous mènerait nulle part. » Il le rejette de manière assez nerveuse. « Je ne veux pas prendre ce risque. » Ou plutôt, il en est incapable, car tout ce qu’il lui fait ressentir est bien trop vif, déroutant et enivrant. Julio a ce pouvoir qui le fascine comme il l’effraye, ce qui le rend si confus. « Désolé. » Sa voix est assez ferme, preuve d’une décision qu’il prend pour deux en s’efforçant de raisonner pour deux. Un rôle qu’il se donne afin de masquer tout ce chaos qui enveloppe son échine.
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MessageSujet: Re: (julio) acte II, scène 2  (julio) acte II, scène 2 EmptyJeu 4 Oct - 18:57

On continuait de marcher et de bavarder. Avec nos messages précédents, j'avais pensé que cette conversation ne serait pas aussi désastreuse. Elle dépassait les craintes que j'avais formulées, finissait par me couvrir de déception et de désillusion. J'aurais tant voulu que ce soit plus simple, entre lui et moi, qu'on s'étreigne contre le tronc d'un arbre et que nos bouches se retrouvent avec autant de délice que la dernière fois. J'avais imaginé ce moment, je l'avais même sûrement fantasmé, alors je me retrouvais déboussolé en entendant ses justifications. Il essaya d'abord de me dissuader, de me dépêtrer de ce désir fort d'être avec lui en évoquant mes parents. J'avais l'air d'un gamin quand il leur donnait le droit de penser pour moi. « Ils savent que je suis assez grand pour décider de ce qui est le mieux pour moi, de ce que je suis prêt à affronter ou non. »,Quand il comprit toutefois que je pouvais faire preuve de beaucoup de détermination et d'amour quand j'aimais profondément, il remit l'impossibilité d'un couple sur sa propre responsabilité. Il me sortit des raisons bêtes, sans intérêt autre que me montrer le peu d'affection qu'il avait pour moi. Il me cita l'âge, la distance, l'attirance pour un autre homme. Pour un écrivain, il aurait pu démontrer plus d'imagination... J'aurais aimé lui partager ma réaction spontanée : "Tes excuses sont débiles, Louis", mais je n'avais pas envie d'avoir l'air d'un enfant capricieux qui se plaint et est mécontent, parce qu'il n'a pas ce qu'il veut. C'était sûrement ce que j'étais un peu, enfin j'étais surtout victime de l'Amour.

Il aurait pu simplement dire que cela ne l'intéressait pas, que je ne lui plaisais pas, ça aurait été franchement plus crédible. Au lieu de ça, il affirma que cette tentative ne nous mènerait nulle part. C'était vrai que mener à l'amour, la passion et le bonheur, c'était « nulle part ». Il faisait fausse route et donnait des raisons qui n'étaient pas valables. Je n'avais plus assez de force pour m'étaler sur le sujet, je me contentai de m'incliner devant ce choix très clair. Je ne pouvais pas le convaincre, je le savais pertinemment, alors je n'essayais même pas de me défaire de mes frustrations ou de lui éclater à la figure. « Bien, alors rentrons. » Le chagrin voilait mon regard, je ne pouvais pas le dissimuler. Même si je m'étais forcé à sourire, il aurait perçu cette déception qui s'était soudainement emparée de moi.

On ne s'est pas attardés plus longtemps en forêt, on est simplement rentrés pour retourner auprès de mes parents. C'était l'angoisse qui m'avait accueilli vivement. Celle de ma mère, qui traversait ses yeux et ses gestes maternels. « Oh mon cœur j'ai eu peur. Il y a eu une prise d'otage dans un supermarché, je ne vous voyais pas rentrer, j'ai pensé au pire. » J'acceptai l'étreinte sans rechigner, je me jetai volontairement dans ses bras dans un plaisir sans nom. La douceur de ma mère épongea le désagréable pincement au cœur. On s'installa finalement devant la télévision pour suivre les événements. Je ne tardais pas à envoyer un message à Tess pour savoir si elle était en sécurité, et aussi, pour obtenir du réconfort subtilement. Ma mère me caressait les cheveux, comme si elle sentait que mon cœur venait d'être démoli. Est-ce qu'une maman pouvait vraiment sentir lorsque la déchirure venait de se former dans le cœur de son enfant ? C'était sûrement un sixième sens. Son contact m'apaisait, je me laissais faire, tout en admirant la bouche de Louis, au loin, qui n'osait plus s'ouvrir pour quelques paroles sensées. Il ne commentait pas la nouveauté et avait les yeux rivés sur la télévision. Je sentais que lui aussi était chamboulé par notre conversation intense, mais en même temps, c'était lui qui l'avait choisie. Lui n'aimait tout simplement pas le conflit, alors que moi je sentais la déchirure, l’écœurement, au fil des secondes qui s'écoulaient jusqu'à la prise de conscience de ce qu'il venait vraiment de se passer. J'étais amoureux d'un homme qui ne partageait pas mes sentiments. C'était aussi simple que ça ; pourtant, la complexité de la tristesse qui me pesait faisait déjà ses ravages au niveau de ma poitrine.

(fin)
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