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 Hurts like hell. (Tess)

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MessageSujet: Hurts like hell. (Tess)   Dim 13 Mai - 9:31

J'avais invité Tess ce jour-là, pour que nous nous adonnions à nos activités ordinaires : chamailleries et visionnages de nos séries fétiches. On avait regardé le dernier épisode sorti de la saison 11 de The Big Bang Theory, avant de se confronter par l'intermédiaire d'un jeu vidéo. Elle avait remporté la partie, et j'avais feint l'irritation. Elle gagnait toujours à ce divertissement plein de stratégie, j'étais bien incapable de la battre. D'ailleurs je ne sais toujours pas pourquoi je la laissais le choisir, alors que je savais d'avance que je ne réussirais pas à atténuer ses victoires. Certainement que j'avais envie de lui faire plaisir, dans de rares élans de générosité. Je ne restais pas vexé par cette défaite et lui partageais ensuite un passage d'un livre que j'avais apprécié. Dans une lecture maîtrisée, je lui lus à voix haute les mots qui sonnaient agréablement dans ma tête. C'était avant de rejoindre l'extérieur pour apprécier un moment dans le jardin, posés sur un transat et sous les éclats du soleil. J'avais enfilé un short en jean et mis mes lunettes de soleil pour l'occasion. Une légère brise s'imposait et venait se frotter à mes bouclettes brunes qui restaient bien immobiles. On abordait plusieurs sujets avec la blonde, on se racontait les dernières anecdotes : sur les études et Louis pour moi, et sur les gosses dont elle s'occupait parfois pour elle. J'avais aussi envie d'être perfide, de l'exaspérer sur un domaine particulier qui engendrait bien souvent un élan d'agacement. J'avais justement participé à une soirée étudiante hier soir, que je m'empressais de lui raconter en détails avant de me pencher sur cette demoiselle alléchante que j'avais rencontrée – et savourée. « Elle était délicieusement raffinée. C'était sûrement une petite bourgeoise, fille à papa. Tu l'adorerais ! Elle ne m'a pas donné le temps de la caresser de ma langue, elle était trop chaude, mais sa jouissance n'en était pas moins importante ! » Ce n'était pas dans mes habitudes de me lancer des fleurs, de faire semblant de jouer avec les filles alors que c'était un plaisir conséquent de leur donner du plaisir. Je désirais seulement qu'une pointe de mécontentement vienne échauffer ses nerfs. Je percevais d'ailleurs Tess qui secouait la tête de manière dubitative, totalement désintéressée et abusée par ce que je lui racontais. Je décidais alors de la mettre au courant de l'avancée de ma relation avec Magnolia, profitant de cette démarche provocatrice pour placer ce sujet épineux. « D'ailleurs je revois Magnolia dans trois jours... je crois que ça va se concrétiser. » Je choisissais des termes flous pour éviter de prononcer les termes couple, relation sérieuse, qui en donnerait des frissons à Tess. J'avais la voix calme, j'étais même en retrait. Je ne faisais pas le malin du tout. « Mais bon ça peut être une bonne nouvelle, j'arrêterai de te parler des autres filles. » Quand j'étais en couple, j'étais sérieux, fidèle, et ça Tess le savait pertinemment. Je ne l'étais pas tant que ça d'ailleurs, alors elle saurait dès cet instant que Magnolia avait pris une place importante. « Et toi, rien à raconter là-dessus ? Aucun garçon n'est venu explorer ? » Je la titillais en reprenant cette pointe d'espièglerie qui me quittait qu'à de rares occasions en sa compagnie. J'aimais trop l'embêter, je préférais agir de la sorte plutôt que de l'anéantir de jalousie. C'était mon rôle de la prévenir des nouveautés, mais c'était aussi le mien de la divertir, d'atténuer la hargne que je venais de former à l'intérieur d'elle. « Tu veux qu'on se promène un peu ? » J'essayais de faire diversion, difficilement, je savais que la tempête dévastait tout au fond de sa poitrine.

Elle me regarda avec ses yeux de petite chipie puis se leva, comme pour me faire comprendre « Tu me fais chier Julio, je te laisse avec tes gamineries ! ». Elle redressa sa tête, sur laquelle je pouvais entrevoir un air supérieur, et elle souleva exagérément la poitrine pour adopter une démarche plus hautaine et confiante. J'aimais profondément son regard, ses manières de se montrer si agaçante avec moi. Parce que même dans sa manière d'être chiante, c'était impossible de ne pas l'adorer. Mais j'aimais moins l'angoisse qu'elle provoqua en moi lorsque je la vis basculer en arrière derrière un arbre du jardin. Je devinais qu'elle s'était échouée au sol, puisqu'elle ne se relevait plus. Par réflexe, je laissais échapper un cri de stupeur : « Tess ??? » J'essayais surtout de recevoir une réponse afin de savoir si elle s'était allongée de manière volontaire. Je n'obtins pas le retour escompté alors la nervosité augmenta considérablement au fond de mes tripes. Avec sa maladie, tout pouvait arriver. Je ne connaissais pas les symptômes, j'avais seulement retenu l'insuffisance cardiaque et l'atrophie des muscles qu'elle allait connaître un jour. Je ne me souvenais d'ailleurs pas du nom de ce qui l'achèverait des années  plus tard, je n'étais même pas certain qu'elle me l'ait déjà transmis. Mais au fond, était-ce vraiment important ? J'ignorais si le malaise en faisait partie mais mon inquiétude, elle, était bien réelle et puissante. Je me précipitais jusqu'à elle en courant, avant de me claquer les genoux dénudés au sol pour m'installer à côté d'elle. « Hey Tess ! » Je tapotais légèrement sur sa joue, j'avais plutôt l'impression de les caresser, tellement l'idée de la blesser davantage me taraudait. Je pensais à cet instant que le karma se retournait contre moi pour m'être moquée d'elle. « Blondie... ouvre les yeux... s'il te plaît. » Pour une des rares fois dans l'histoire de notre amitié, je parvenais à la supplier de faire quelque chose pour moi. Ma voix était tremblante, en fait mon corps était ébranlé par l'émotion cuisante qu'elle me faisait vivre. Je la secouais mais son corps semblait inerte entre mes doigts. Je sentais l'inquiétude et la douleur me transpercer, parce que dans ces situations d'impuissance et de solitude profonde, on sent que le tournant peut être décisif. J'étais profondément touché par son sommeil qui perdurait. Ses yeux étaient dans le vague... quant à mon anxiété et mon affolement, ils se renforçaient au fil des secondes. Je sentais déjà qu'on m'enfonçait un coup de poignard dans le cœur. Le déchirement et l'angoisse se tapissaient au creux de ma poitrine, me transperçaient de toutes parts. C'était viscéral, bien présent lorsque sa maladie l'emportait et qu'elle demeurait plus faible. C'était certainement idiot mais j'avais une trouille bleue de la perdre.

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MessageSujet: Re: Hurts like hell. (Tess)   Dim 13 Mai - 13:28



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Tu étais toujours heureuse d'être dans cette maison, elle t'avait toujours apparu comme un des rares lieux où tu pouvais être qui tu voulais, où tu pouvais être toi sans qu'on te demande de courir moins vite pour que tu ne te casses pas une jambe, qu'on te reproche de ne pas assez mâcher ou bien toute ses choses qui font de ton quotidien un rappel constant de ce que a. Car voilà, tu as une maladie mais tu n'es pas malade, c'est ainsi que tu aimerais te consoler et plus encore consoler les autres. Tu ne faisais peut être rien d'exeptionnel aux yeux des autres mais commenter une série, battre Julio aux jeux vidéos ou bien juste l'écouter te parler de son dernier coup de cœur littéraire et te laisser bercer par son recit était tout ce que tu aurais voulu aujourd'hui. Chez toi tu savais que tu risquais de croiser Liz, ta sœur revenu en ville après que tu ai appris qu'elle avait deux fils abandonnés à leur pére, ta sœur qui te forçait à mentir à tes parents et même à Julio. Ce n'était pas ton secret, ce n'était pas à toi de l'ébruiter et tu avais fait une promesse. Il n'en restait pas moin que plus cela continuait, plus tu avais l'impression de vivre avec une étrangére et moins tu en dormais la nuit. Tes muscles te faisaient bien ressentir leur réprobation en te lachant plus qu'à l'accoutumé.

Quand il te parla de ses conquêtes tu te demandes si ce n'est pas juste une vengeance pour la partie gagnée. Il passe sa vie dans des soirées où tu te serais senti mal à l'aise au possible et vu ce qu'il t'en raconte, au final, ce n'est peut être pas une grande perte. Tu avais l'habitude et laissa couler. La suite  , elle par contre fût bien plus compliqué à encaisser.  « D'ailleurs je revois Magnolia dans trois jours... je crois que ça va se concrétiser. » Ce prénom et la façon qu'il avait eu de le prononcer pendant toute la période bénie pour lui de son dépucelage te faisait toujours le même effet : une nœud dans le ventre. Celui te rappelait toujours le moment où tu avais appris ta maladie , où tu aurais voulu parler à Liz qui n'était pas là et que tu aurais voulu parler à Julio que tu avais retrouvé dans un café avec la jolie brune. De l'autre coté de la vitre ils t'étaient apparu si beaux quand toi tu ne t'étais jamais senti aussi misérable, aussi mal faite tout simplement. Tu ne l'avais pas rencontré ce jour là, clamant par la suite que tu te foutais de ses conquêtes . C'était devenu vrai la majorité du temps, sauf quand tu présentais que les pimbêches qu'il fréquentait était susceptible de blesser ton meilleur ami... mais cela n'avait jamais été vrai pour Magnolia. Elle représentait une vie que tu n'aurais pas, une femme que tu ne serais pas et un Julio qui n'aurait plus besoin de toi tandis que tu deviendrais sans doute folle sans ton meilleur ami toi . Alors oui tu étais jalouse d'elle, oui il le savait et oui tu avais tout de suite envie de rebrousser chemin. Sa pique sur un éventuel homme que tu aurais rencontré s'enfonça profondément dans ton esprit, comme s'il voulait se débarrasser de toi pour être tranquille avec sa... petite amie ?

« Tu veux qu'on se promène un peu ? »  Il y avait bien des choses que tu voulais faire mais te promener avec lui faisait partie du fin fond de la liste. Tu le détestais d'avance pour toutes les fois où il ne serait pas là aussi tu te leva avec tout l'orgueil dont tu étais capable pour quitter la scène comme il voudrait que tu le fasse à un moment où à un autre. Tu croyais bien ne même plus pouvoir te raccrocher à ça quand tu te pris les pieds dans une souche d'arbre. Tu voulais mobiliser toute tes formes pour obliger tes réflexes de s'enclencher mais peine perdue, les insomnies et la peine avaient eu raison de toi. La mousse t’empêcha de te casser quelque chose mais tu aurais voulu crier de rage. A la place tu gardais le silence quand le cri de Julio retentit. Tu aurais pu le rassurer mais pour une fois tu n'avais pas envie de rassurer les autres quand personne ne prenait cette peine à ton égard. Il fût très vite auprès de toi et pourtant tu continuais de rester immobile. Bon cela c'était une vengeance manifeste. Tu étais assez contente de toi... mais juste pour un temps. Tu sentais sa panique dans sa voix et elle finit par ta paralyser plus encore que ton esprit revanchard . C'était comme si tu pressentais la peine que ça lui ferait s'il t'arrivait vraiment quelque chose alors que c'était justement ce à quoi tu ne voulais jamais songer. Il te suppliait d’ouvrir les vieux et tu rata encore un peu plus le timing pour crier à la blague. Le temps passait et tu t'en voulais. Tu t'étais défendu d'utiliser ta maladie contre Liz mais finalement tu le faisais contre Julio, contre ton double . Tu voulais connaître l'amour, tu voulais connaître l'homme de ta vie et ses bras mais tu savais que ton âme frére c'était cette tête brune à qui tu faisais du mal par pure jalousie.

Tu ouvris d'abord un œil, tentant un petit sourire pour désamorcer une situation que tu avais rendu dix fois plus épineuse. « Tiens, ça c'était parce que tu revois Magneto ! Et ça... » Tu attrape son poignet pour y pincer la peau mais en réalité c'est pour mieux l’empêcher de s'en aller. « Et ça pour m'avoir encore vanner sur mon célibat ! » Tes doigts se referment sur les siens.
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MessageSujet: Re: Hurts like hell. (Tess)   Lun 14 Mai - 0:47


Tess, c'était la princesse des temps modernes : la beauté manifeste composée d'une chevelure dorée et d'un corps élancé. Elle avait tout le potentiel pour représenter la sagesse ou le symbole de l'ange. Pourtant il ne fallait pas se laisser duper par son joli minois. La fourberie qu'elle contenait en elle était incontestable, puisque j'avais bien souvent eu le malheur de me confronter à ses idées machiavéliques. Elle disposait toujours d'un moyen ou d'une expression, pour m'humilier publiquement ou me provoquer. Elle cherchait le problème où il n'y en avait pas, ma Tess, certainement parce que l'existence s'associait moins à de la fadeur lorsqu'on s'adonnait à quelques taquineries bien trouvées. J'en fis encore les frais ce jour-là.

Dans les romans, ils disent tous « Si tu meurs, qu'est-ce que je ferais sans toi ? » et je trouvais ces mots dénués de sens, exagérément niais et émotifs, jusqu'à ce que la blonde débarque dans mon existence. J'ai compris avec elle ce que signifiait l'amitié profonde, la dépendance. Il suffisait de deux jours sans elle pour que je lui dise de venir à la maison. Ma mère me demandait d'ailleurs souvent pourquoi il n'y avait pas un soupçon d'amour dans nos cœurs, alors qu'elle était tout le temps à mes côtés. Elle créait un tel vide en moi quand elle n'était pas dans les parages que plusieurs fois, je me suis mis à penser à cette vie possible sans elle. Elle m'a paru insipide, futile, cruellement douloureuse. Et toujours, je pensais vite à autre chose pour chasser cette réalité que je serais bien trop dévasté pour garder le sourire. Ce jour-là pourtant, quand Tess s'étala au sol et resta immobile un long moment, cette vérité m'éclata devant les yeux. Je crus mourir de douleur tant c'était difficile à supporter de la savoir si éteinte. Si elle savait combien je préférais mille fois plus de la sentir pleine de vie, d'engouement, même si c'était pour s'en servir contre moi. Son malaise pouvait être anodin comme alarmant, et pour une fois, mon pessimisme gagna la bataille. Je ne me rendais pas compte que ce qui la détruisait, la dévorait chaque jour, en s’immisçant lentement et vicieusement en son sein, était vraisemblablement très puissant. Je sentais mon ventre complètement tordu, mes nerfs se tendaient et ma poitrine s'écartelait.

Puis, alors que je m'apprêtais à verser ma petite larme, à crier au désespoir - ou peut-être que je l'avais déjà fait inconsciemment ? - son sourire de chipie revint contre ses lèvres et éblouit immédiatement son visage. En un rien de temps, je compris que je m'étais fait embobiner par sa simple volonté malveillante. La joie qu'elle semblait afficher me décontenança un moment, mais elle me réveilla en me pinçant le poignet et en m'affirmant qu'il s'agissait bien d'une vengeance. Je crois que j'étais tellement sous le choc que je n'ai même pas dû pousser un gémissement de douleur. « Tu étais en train de te foutre de moi, sérieux ? » Je laissais mes pensées s'évacuer à voix haute, en la poussant à se confronter à son comportement inhumain. « Arrête de l'appeler comme ça ! » Je me fâchais avec cette rage que je ne parvenais pas à camoufler. Elle se mêlait à cette tristesse qui venait de me secouer et qui ne partirait pas sitôt le canular dévoilé. Elle venait de réveiller cette peur de la voir partir trop vite, vivement influencée par la dépendance que j'éprouvais pour elle. Je la chassais dans la vie quotidienne, pour tenter d'oublier. D'ailleurs mes parents ne lui en parlaient plus jamais, afin que l'on puisse en profiter normalement, sans que cette réalité affligeante ne vienne assombrir nos pensées. Mais cette fois elle s'était incrustée contre mon cœur et je n'avais pas d'autres choix que de céder à l'inquiétude, à la morosité. « Lâche-moi ! » Je repoussais ses mains, sa soudaine affection, je les envoyais valser avec brutalité. Je me relevais précipitamment pour m'éloigner de celle qui s'était amusée de faire de mon cœur, des confettis. Un néant noyé par l'affliction. Je me retournais seulement sur mon chemin pour lui hurler dessus. « T'as pas le droit de jouer avec ça ! Je comprends même pas que tu trouves ça drôle ! » Ma voix tranchante et mon regard perçant faisaient sonner ces mots comme une menace. Je n'acceptais pas d'avoir été berné sur un sujet aussi grave.

J'étais certainement un peu injuste et ferme avec elle, parce que j'avais dû la heurter aussi avec Magnolia, mes taquineries sur son célibat. Mais je lui en voulais terriblement de croire que sa perte ne me secouerait pas un minimum, ou peut-être étais-ce cela qu'elle voulait m'infliger : un rappel cruel de ce que deviendrait ma vie sans elle. J'étais bien trop conscient de la valeur et l'importance qu'elle avait pour taire la souffrance qui me consumait à cette pensée qu'elle pourrait partir à tout moment. Ce n'était qu'un malaise manigancé, sauf qu'avec la maladie de Tess, ça aurait pu prendre des proportions plus poussées. Je m'en voulais aussi d'avoir été aussi dupe, mon orgueil était blessé. Je me sentais con d'avoir agi avec autant de sincérité et de naturel devant son corps inerte. Et surtout, j'étais rancunier par rapport à elle, pour s'être moqué de moi avec une telle facilité. Elle m'avait enfoncé dans cette mascarade, volontairement, mesquinement. J'étais terriblement en colère, et encore trop secoué par ce sentiment de perte qui s'était engouffré en moi. Je ne voulais pas lui montrer l'état dans lequel elle me mettait. Dès que j'étais trop émotif, je pleurais comme un gamin. Je possédais une sensibilité exacerbée pour des sujets qui me torturaient l'âme, l'esprit. J'avais peut-être tort de ne pas prendre sa maladie avec humour, mais je tenais bien trop à elle pour faire la moindre blague sur son décès prématuré. J'étais encore incapable d'en rire, surtout qu'elle venait de me brusquer le cœur trop profondément. Je me prenais cette angoisse, ce chagrin puissant, en pleine face. Je devais me dépatouiller avec, sans réussir à m'en défaire vraiment. C'était rare que je me laisse emporter par les émotions néfastes, seulement j'avais de la difficulté à m'arrêter quand la tempête me submergeait. C'était donc avec la boule à la gorge et le cœur serré que j'abandonnais Tess dans le jardin. Je fuyais le torrent de larmes indomptables qui humidifiaient et troublaient mon regard, j'échappais à cette faiblesse devant elle. Je retrouvais le confort du salon, m'installais sur le canapé et maintenais ma tête entre mes jambes repliées sur moi-même. Je profitais de ce court moment de solitude pour sangloter. J'avais le cœur en vrac, mon amie venait de former un véritable bordel au fond de moi.

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MessageSujet: Re: Hurts like hell. (Tess)   Mar 15 Mai - 21:16



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Tu avais été trop loin, tu l'avais sût à l'instant même où sa voix s'était brisé. Tu n'avais pas sut rebrousser chemin et avait fait durer cette torture trop longtemps. Il t'en voulait bien évidemment mais il ne savait pas que sa réaction était tout aussi douloureuse pour toi, que le voir ainsi dévasté te rappeler que tu serais source de souffrance pour les gens que tu aimais... Pour tes parents... Pour Julio. Tes tentatives pour te faire pardonner avaient été bien vaines . Pourtant tu aurais aimé qu'il reste près de toi au lieu de s'enfuir dans la maison, te laissant seul à voir sa silhouette disparaître sous un flot de colère . Ce n'était pas la première fois que tu recevais sa rage, pas la premiére fois que tu la cherchais non plus. En tant d'années vous n'aviez que faire d'utiliser des filtres entre vous. Si il était de mauvaise humeur, tu étais la première à en payer les pots cassés et il en était de même pour lui. Mais à l'inverse, à chaque bonne nouvelle, même insignifiante c'était à lui que tu pensais avant tout autre car si tu ne le partageais pas avec ton meilleur ami, ce n'était tout bonnement pas vrai. C'est sans doute aussi pour cela que vous ne parlez pas de ta maladie, si vous l'enterrer assez loin , vous pouvez vivre comme deux meilleurs amis pour la vie... et pariez sur le fait que celle ci soit longue et pleine. Pourtant tu aurais voulu être certaine de lui tenir la main jusqu'à ce que ses frisettes soient tombés sous l'effet de la calvitie, qu'il ai trouvé femme ou homme qui essuie ses larmes quand tu ne serais plus là , que tout vos fous rires aient creusé des rides aux coins de ses yeux et que vous puissiez vous racontez les mêmes idioties à 75 ans sur le patio de chez l'un ou l'autre. Et car la vie a décidé que vous vous trouviez , il n'aurait même pas le droit à ça. Le lui rappeler était cruel et dépassait tes intentions.

« T'as pas le droit de jouer avec ça ! Je comprends même pas que tu trouves ça drôle ! » Tu ne trouvais pas ça drôle non plus... mais l'ignorer n'était peut être pas la bonne solution non plus ? Est ce que c'était ton rôle de les préparer à l’éventualité que tout s’arrête du jour au lendemain ? Que les dix ans promis dans le meilleur des cas soit loin du compte ? Que tout les protocoles que tu suivais n'aient aucun effet ?

Tu lui laissa quelques secondes d'avance. Tu aurais pu le laisser se calmer tout seul, cela t'éviterait te recevoir une seconde volée de fureur, seulement ce n'était pas ça l'amitié. Ton amitié c'était le soualer, le fatiguer et qu'il te le rende au centuple, mais c'était avant tout d'être là, juste là. Tu pris une grande respiration, celle que tu aurais du prendre pour le rassurer à la seconde où tu étais tombé  et avance vers la maison. Tu sais que peu importe où il se terre à te maudire tu le trouvera car la majorité de ses cachettes sont les votre. Après tout quand tu le forçais à mettre une paire de lunettes rondes, que tu inscrivais sur son front au marqueur indélébile d'un éclair puis faisait signe de l'enfermer dans le placard sous l'escalier c'était bien toi qui avait trouver la place !

Tu ne t'attendais cependant pas à le trouver dans le salon , recroquevillé sur lui même, les épaules tremblant sous l'effet des larmes qu'il délivrait . La culpabilité fit tomber ton cœur en miette un peu plus rapidement au sol. Tu regrettais ton jeu, tu regrettais d'avoir été jalouse , tu regrettais de l'avoir fait souffrir. Tu jouais nerveusement avec tes doigts en t'approchant du canapé comme l'aurait fait un démineur devant une bombe. Tu avance à pas feutrés et passant devant le piano tu y joue quelques notes d'une berceuse d'enfant, une des première que sa sœur t'a apprise et sur laquelle elle incitait souvent Julio à vous rejoindre. Elle t'avait toujours détendu et tu t'étais toujours dit que tant que tes doigts pouvaient jouer cette chanson, cela irait... tout irait. C'est quand les touches deviennent plus floues que tu comprends que c'est faux et que tu n'es pas être mieux que lui, essuyant tes larmes de tes paumes tu retire tes vans et monte sur le sofa à ses cotés tentant un « Julio... » Sur tes genoux , tu le regardes sans oser le frôler. Ta voix est aussi morcelée  que vos deux âmes en cet instant.   « Julio... je suis désolée... Je l’appellerais plus Magneto » Tu sais bien que ce n'est pas le vrai problème mais ton esprit panique à l'idée d'avoir brisé quelque chose entre vous, que ça ne soit pas seulement son épaule ou sa joue que tu ne puisses plus toucher mais plutôt son cœur avec lequel tu ne puisses plus te connecter. Alors pour te prouver le contraire tu ouvre les bras et craignant toujours qu'il te repousses comme plus tôt, tu les refermes sur lui, faisant reposer ta joue contre sa nuque. « Julio ! Pardonne moi, j'ai été idiote ! » Cette fois ci tes sanglots sont bien du même acabit que les siens. « Arrêtes de pleurer, je supporte pas ça ! » Tu te fiches finalement bien qu'il puisse avoir un mouvement brusque pour se dégager car tu utilises toute tes maigres forces pour le serrer, pour le retenir. Et tu comprends, peut être trop tardivement qu'il ferait de même si cela pouvait te maintenir en vie.
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MessageSujet: Re: Hurts like hell. (Tess)   

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Hurts like hell. (Tess)
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