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WINTER TOGETHER / L'hiver arrive. Il est là plus tôt que les autres années et il est déjà rude. Les premières neiges parsèment les trottoirs de Wauwatosa. La ville et ses habitants ont toujours pris soin de leur commune. Ils aiment la voir briller de mille feux en attendant l'arrivée du père Noël. On est plus surpris de voir apparaître les premières guirlandes qui clignotent à travers les vitrines alléchantes et gourmandes. Les pâtisseries donnent envie. Les manteaux et les écharpes viennent couvrir nos tenues de mi saison. Cette année et encore plus que les autres années, Wauwatosa va aider ceux qui en ont besoin. Et en plus notre belle ville va s'illuminer et devenir la plus belle. Des concours de décorations, de sapins par exemples. Ces arbres vont éblouir les allées principales avant d'aller egayer les demeures plus austères. Hopitaux, orphelinats ou prisons aux alentours. Vous l'avez compris, c'est la solidarité qui va être au centre des fêtes. Comme chaque année le grand bal de Noël vous invitera à vêtir vos plus belles tenues et pour la bonne cause. Déambulez dans les rues, emmitouflés dans vos écharpes et doudounes. La neige va être présente, très présentes. Attention au verglas et aux boules de neiges perdues.

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breathe (auden)

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Tori Vaz
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MessageSujet: breathe (auden) breathe (auden) EmptyLun 16 Avr - 20:09

breathe

Le soleil a foutu le camp depuis plusieurs heures laissant place à une pénombre anxiogène. La brune crache sa fumée en l’air, sa cigarette coincée fermement entre ses doigts. Les gens s’agitent, s’alcoolisent bruyamment sous le son d’une mélodie envoutante, mais elle, elle n’est pas dans cette ambiance. Elle n’est pas à sa place, elle ne l’a probablement jamais été d’ailleurs. Ses pensées s’entrechoquent avec violence, elle se sent submergée par les émotions, par ses démons. Elle enchaine les cigarettes et les whiskys avec une sorte d’habitude déconcertante, son regard se plante sur le bois du bar lorsqu’elle remarque une poudre blanche proprement alignée à sa gauche. Elle relève les yeux, observant de bas en haut l’homme présent à ses côtés. La presque quarantaine, un charisme assez évident malgré un visage profondément marqué par les excès. Il la remarque, elle reste silencieuse. Ses épaules se haussent lorsqu’il lui demande si elle est intéressée par un rail, un peu plus un peu moins, peu importe. L’italienne s’avance, appuie fermement sur sa narine gauche avant d’inspirer rapidement la moindre des particules blanches. L’homme applaudit, tapotant la brune sur l’épaule. Il lui laisse son numéro, elle l’accepte par politesse et s’avance jusqu’aux toilettes, s’enfermant dans la première cabine. Elle farfouille difficilement dans son sac à main pour sortir son matériel, son nécessaire de survie. Un élastique entoure le haut de son bras, elle le serre de toutes ses forces à l’aide de ses dents. Elle sait parfaitement comment s’y prendre. Ses doigts tapotent le creux de son bras, à la recherche d’une veine pas trop abimée. La seringue est déjà prête, elle s’empresse de délivrer le produit tout en soufflant. Elle sait qu’elle est pathétique, elle sait qu’elle est faible. Ses yeux se ferment, elle laisse ses pensées se chambouler. Elle pense à son père, sa mère, son fils, oui surtout son fils. Il était son soleil, sa fierté. Eli devrait avoir cinq ans maintenant, mais il en aura quatre à tout jamais. Ce n’est pas grave, elle continuera de lui souhaiter. La brune ouvre à nouveau les yeux, elle ignore le temps qui vient de s’écouler. Cinq minutes, quinze minutes, trente minutes, surement trop. Elle se relève avec difficulté, se tenant au mur. Il faut qu’elle sorte. Ses mains tâtent les alentours, son regard est flou. L’air frais qui vient lui gifler le visage lui fait comprendre qu’elle est parvenue à quitter la salle. Elle trouve la force d’allumer une cigarette, elle déambule dans la rue qu’elle remonte sans but précis. Ses pas sont imprécis, elle tombe plusieurs fois et écorche la peau de ses genoux. Elle pleure, rigole, s’énerve, s’écroule. Tout semble partir en vrille. Elle se demande pourquoi elle est encore là, elle se demande pourquoi elle persiste à survivre aux journées qui s’enchainent. Elle est épuisée, son corps en est témoin. Sa silhouette est chétive, faiblarde. Elle remarque que ses joues se creusent, que ses vêtements deviennent trop large. La brune relève les pupilles pour admirer la hauteur du pont présent à quelques mètres. Le déclic se fait, l’idée qui traverse son esprit semble être une évidence. Une nouvelle cigarette prend place entre ses lèvres, elle aspire une énorme bouffée avant d’escalader le rebord du pont. Son corps tremble, son souffle se saccade tandis que son cœur s’emballe à la vue du vide. Elle ferme les yeux et profite du vent soufflant sur ses cheveux, son écharpe s’envole, sa force aussi. Elle s’avance un peu plus et laisse son manteau tomber de ses épaules.

Respire.

C’est l’heure de partir, c’est l’heure du grand saut.

@Auden Serritzlew
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MessageSujet: Re: breathe (auden) breathe (auden) EmptyLun 16 Avr - 23:08




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A la seconde même où j’eus appuyé sur le bouton envoyé pour remettre mon projet de thèse à mon professeur de neurologie, j’avais déjà ma veste en cuir sur le dos, mon bonnet sur les cheveux et mes vans aux pieds. Cela faisait deux semaines que je travaillais sur la chose, ayant réussi à gratter une extension de temps comme un pro, deux semaines que je refusais catégoriquement chaque sortie qu’on me proposais, même si celle-ci se résumait à seulement sortir pour aller jeter les poubelles. Le temps c’est des mots ma petite dame, et il ne faut pas se mentir, du temps, j’en manquais cruellement. Mais maintenant, j’avais enfin réussi à terminer tout ce que j’avais à faire, tout était envoyé, je n’étais pas en garde à l’hôpital, ni d’astreinte. J’entendais déjà la bouteille de vodka murmurer mon nom de sa voix douce et chantante. Peut-être un petit joint dans un coin du bar, entre deux filles que je n’emmènerai jamais à la maison.  Une bonne petite soirée en perspective.

J’avais bien essayé de traîner mes deux colocataires avec moi, mais aucun d’entre eux ne semblaient motivés à sortir avec moi. Sûrement une vengeance pour mes refus ces dernières semaines. Mérité. J’étais donc sorti seul, me rendant dans mon bar préféré dans l’avenue principale. Un petit truc cosy où il n’y avait jamais réellement trop de monde. C’était ici que j’avais rencontré mon principal groupe d’amis lorsqu’on est venu s’installer ici avec Gavin, mon ancienne petite amie. On était rentré dans ce bar par hasard, afin d’éviter une pluie torrentielle qui s’était abattue sur la ville. Des jeunes de notre âge nous avait invité à leur table et nous avait payé un verre. Je pense que le fait qu’on était nouveau ici était assez visible car on cherchait encore comment rejoindre notre appartement en regardant sur nos téléphones. De véritables touristes. Mais on était mignon, comme disait Logan. De véritables biches qui viennent de naître et qui apprend à tenir sur ses pattes.

Ma soirée n’avait pas été fantastique. J’avais bu quelques coups, j’ai tiré une ou deux lattes sur un joint qui tournait dans la soirée, mais c’était tout. Le fait de sortir seul n’a jamais été mon fort, et bien que je sois sociable, j’aurai préféré avoir au moins une seule personne que je connaissais avec moi, afin de pouvoir faire ma langue de vipère avec quelqu’un ou de pouvoir raconter des anecdotes avec quelqu’un capable de me backup. C’est quand même plus drôle les sorties quand tu es avec des potes. Un peu pompette, un peu foncdé, j’avais décidé de prendre par le pont pour pouvoir rentrer chez moi plus tôt. Mais je fus stopper par un attroupement de personnes qui semblait être en totale panique. Je me mis sur la pointe des pieds afin de voir ce qu’il se passait, et naturellement, je me rendis vers la jeune femme avec une rapidité déconcertante. Des instincts naturels de médecin je suppose.

 « - Bonsoir, madame… Je sais que vous avez certainement aucune envie de parler avec un petit con comme moi, et c’est tout à votre honneur, mais est-il possible d’avoir votre attention ? »

Je pris ma voix la plus apaisante et mon regard le plus doux. Je ne savais pas ce qui avait emmené cette femme à vouloir sauter, et je ne voulais certainement ajouter aucune raison pour qu’elle saute réellement. Je m’approchais doucement, ne tendant pas ma main vers elle ni rien. Il fallait la laisser venir naturellement. Doucement. Lui laisser croire qu’elle avait le choix.

 « - Vous savez, l’eau doit être à 10 degrés ? Si vous sautez, sans rire, vous allez tenir trois minutes avant de mourir d’une hypothermie. Et seulement si votre nuque ne se brise pas en tombant sur une pierre ou si vous résistez à la pression de l’eau… Le mieux c’est quand même de rester ici. Et de parler un peu avec moi. Vous en dites quoi ?  »

Ce n’était peut-être pas ma meilleure chose à dire, mais je savais qu’elle prendrait ces informations, qu’elle prenne peur ou non, je savais qu’elle les entendrait. J’espérais cependant qu’elle prendrait la décision de me parler et non de sauter. Sinon, putain je suis un médecin nul a chier.
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MessageSujet: Re: breathe (auden) breathe (auden) EmptyMar 17 Avr - 0:55

Le goût du danger sur les lèvres, l’adrénaline fait vaciller son cœur. Elle inspire, expire, suffoque. Son corps grelotte tandis que ses jambes flageolent, elle sent la corde se rompre. Il suffit d’un élan de courage et tout ça sera terminé, la souffrance, la solitude, l’injustice. Il suffit qu’elle se laisse tomber, qu’elle lâche toute emprise sur son corps. Elle veut se sentir voler et légère pour se laisser sombrer. Elle est fatiguée, profondément lassée, sincèrement fragilisée mais ce n’est plus un secret. Une brise fraiche fouette sa peau pale, ses muscles se crispent. Elle souhaite en finir et pourtant elle ne parvient pas à laisser le courage l’enivrer. Pourquoi. Pourquoi se retenir. La brune perd ses moyens, elle sanglote, hurle du plus profond de son être. Un cri de détresse, un cri rempli d’infortune. Elle entrelace la chaine de son pendentif entre les doigts, tâtant la croix qui s’y trouve. Ses yeux se ferment naturellement, ses pensées se dirigent vers son père. Son tendre papa, l’homme de sa vie. Elle se rappelle du jour où cette croix lui a été offerte, son père était si heureux de lui faire ce cadeau. Ce bijou ne quitte en aucun cas la parcelle de son corps dont le pendentif tombe à la naissance de sa poitrine. Elle n’est pas particulièrement croyante, encore moins pratiquante mais c’est l’unique souvenir de son père en plus des quelques albums de famille. Elle avale avec difficulté sa salive et entoure son corps de ses bras frêles. Elle ne s’est jamais sentie aussi déboussolée, aussi égarée.

Son corps trésaille lorsqu’une voix semble s’adresser à elle, l’équilibre manque de lui échapper. Elle n’ose pas se retourner vers l’homme, peut-être par honte. Sa cigarette rejoint le vide tandis qu’elle écoute ses propos avec une réelle attention. Sa voix est douce, apaisante presque envoutante. Ça lui pince le cœur, lui rappelant son premier et unique amour. Celui avec qui elle avait décidé de fonder une heureuse famille. Elle lâche un léger rire qui se mêle à ses sanglots lorsqu’il évoque la dangerosité de sa possible décision.

Si je suis à cet endroit c’est que l’idée que ma nuque se brise ne m’effraie pas. Honnêtement, j’espère que ce sera brutal, succinct.

Elle décide de se retourner avec une certaine prudence pour suffoquer en comprenant que sa détresse était le spectacle de plusieurs individus. Son corps tremble davantage, elle donne l’impression de pouvoir s’écrouler de tout son poids d’une seconde à l’autre.

Junon. Je m’appelle Junon.

Ses pupilles observent attentivement le jeune homme, elle scrute les traits de son visage malgré la pénombre et reste bouleversée. Il émane quelque chose de similaire à Éros, son grand amour.

Il t’arrive de te demander ce que tu fais là ? De passer des journées entières à remettre ta vie en question ? D’échouer lorsqu’il est question d’affronter le passé ? C’est mon cas et tu sais quoi ? Je suis fatiguée, tellement fatiguée.

Elle lance son regard vers le ciel, un bref sourire se dessine sur ses lèvres.

C’est fou. Le monde est immense et pourtant, je ne me suis jamais réellement sentie à ma place.

Le désespoir se lit dans son regard, l’épuisement est palpable.

Comment tu t’appelles ?

C’est étrange. Si proche et pourtant persuadée d’en finir, cet inconnu semble tout remettre en question.

Tu… Tu as une cigarette ?

Cette question n’est pas vaine. Elle espère que sa réponse sera positive, qu’il puisse tendre sa main afin qu’elle s’en empare avec douceur, qu’elle puisse regagner la terre ferme.

@Auden Serritzlew
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MessageSujet: Re: breathe (auden) breathe (auden) EmptyMar 17 Avr - 13:19




feat Junon




 « - Ca sera rapide, instantané même, si vous parvenez à vous briser la nuque.  Sinon, vous allez souffrir pendant un moment, voir un long moment. Je pense qu’on sait tout les deux que c’est pas ce que vous voulez. »

Je savais très bien comment elle allait réagir. Si elle était sur le bord de ce pont, c’était bien pour la simple et bonne raison qu’elle avait envie d’en finir. Je n’avais jamais été dans ce genre de cas. Le cas où je dois sauver quelqu’un qui s’apprête à mettre fin à ses jours. En général, je dois travailler avec eux lorsqu’il est soit déjà trop tard ou lorsqu’ils se sont loupés et que je dois soigner des blessures parfois assez difficiles. Mais être en face d’elle, et elle en face du vide, ça remettait tout en question. Je devais faire attention à tout ce que je disais et à tout ce que je faisais. Après tout, je ne la connaissais pas. Je ne savais pas ce qui l’avait amener à arriver ici, ce qui l’avait rendu si triste et désespérée pour qu’elle pense à mettre un terme à sa vie. Tout tenait à peu de chose quand on y pense.  Un instant, tout va bien, on sourit, puis l’instant d’après on se retrouve ici, suspendu au dessus du vide, à penser que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Je me demandais si j’avais pensé, même une micro seconde, à cette finalité après la mort de Gavin. Certainement. J’étais tellement triste, tellement vide et tellement au fond que j’ai du y penser à un moment… La jeune femme me sorti de mes pensées. Elle avait une voix si douce, je venais de m’en rendre compte. Un peu de peur pouvait s’y entendre d’ailleurs. Pourquoi diable était-elle là ?

 « - Auden. Ravi de te rencontrer, Junon. Même si j’aurai aimé que cela se fasse dans d’autres circonstances, je dois l’admettre. C’est jamais super sympa de se rencontrer au bord d’un pont avec facilement cinquante personnes qui nous regarde. Ça fait un peu voyeur. J’ai jamais été très gang bang perso.»

La voix dans ma tête se fit entendre. Ma conscience. Pense-ru vraiment que c’est le moment de faire de l’humour Auden?. Ca l’était. Aussi bizarre et fou que cela puisse paraître, je sentais que ça l’était. Un peu de légèreté ne ferait de mal à personne après tout. Junon semblait l’écouter, et même comprendre mes paroles. Si elle avait voulu sauter, elle l’aurait déjà fait. Elle n’aurait pas chercher à écouter ce que j’avais à lui dire. J’aurai juste eus à la regarder se jeter dans le vide sans rien pouvoir faire. Pourtant, elle avait fait l’effort de se tourner vers moi, de me regarder, et même de me dire son nom. Je me rapprochais d’elle doucement, jusqu’à me retrouver juste à côté d’elle. Le spectacle devait paraître pathétique. Je pouvais entendre les voix des gens proches de nous, qui nous regardait, mais je n’y prêtais aucune attention. Junon était ma seule préoccupation. Je ne pus m’empêcher d’avoir un petit sourire mélancolique lorsqu’elle se mit à parler de regrets. Je la comprenais tellement. Je baissais mon regard vers mon poignet où la gourmette de Gavin était encore accrochée. Je me rappelle la récupérer sur son corps inerte après avoir tenter en vain de la réanimé. Cette gourmette ne m’avait jamais lâchée depuis.

 « - J’ai perdu l’amour de ma vie il y a trois ans. Elle s’appelait Gavin. On  vient tout les deux du Canada, et on avait décidé de venir faire nos études ici, sur un coup de têt. On avait loué un charmant appartement sur la baie. Putain je l’aimais de toutes mes forces. Depuis qu’elle est parti, j’ai jamais été autant entouré. Pourtant, je me sens seul comme jamais. Comme si j’avais un vide en moi. C’est con, mais j’arrive pas à le combattre.»

Je me mis à fouiller dans les poches de ma veste en cuir et en sorti deux cigarettes. Je lui tendais une, et sentait qu’elle prenait ma main pour revenir sur le sol, je l’aidais comme je peux pour que cela se fasse sans encombre.


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MessageSujet: Re: breathe (auden) breathe (auden) EmptyMar 17 Avr - 17:51

Son regard s’abaisse, elle observe le vide face à elle. Les propos du jeune homme lui font imaginer sa chute, brutale et agonisante. Son cœur se serre et sa volonté de prendre son envol s’évanouie. Elle reste pourtant là, immobile et profondément tétanisée. La honte l’envahie, elle imagine la déception de son père s’il était encore là. Les nombreux regards virés sur elle semble la faire défaillir, elle n’a jamais aimé attirer l’attention. Cette envie suicidaire n’est pas la première, cela fait cinq ans qu’elle se laisse dépérir. Cinq ans que son envie de vivre s’est violemment éteinte. C’est fou que les obstacles puissent briser des individus sans crier gare. Elle se remémore son passé avant les drames, elle se souvient de cette joie indescriptible à l’annonce de sa grossesse, du bonheur rythmant sa vie sentimentale. Cette béatitude était proche de l’extase, rien ne semblait pouvoir entraver cet enivrement. L’annonce de la maladie de son chérubin fut si brusque qu’elle resta sans voix, le regard rempli de détresse. Elle fit de son mieux pour chérir les moments précieux s’offrant à elle malgré la crainte lui nouant le ventre. Elle savait qu’il allait partir, elle savait qu’il fallait s’y attendre mais la vue de ce petit corps inerte enfoui sous les draps bleus provoqua chez elle une profonde rupture qu’on ne peut effacer.

Elle secoue la tête, désireuse de revenir à la réalité. Un sourire prend place lorsqu’il évoque le gang bang, elle parvient même à rire. Il se rapproche, elle le sent. La brune reste statique, muée dans le mutisme. Ses pupilles l’observent, elle l’écoute d’une oreille attentive. Sa vue s’embrume lorsqu’elle prend conscience que sa perte est aussi douloureuse que la sienne. Il s’est confié, c’est à son tour.

J’ai aussi perdu l’amour de ma vie, mon fils. Ca fait cinq ans. Plus rien n’a la même saveur. Je me suis plongée dans la solitude à pied joint et je crois que cette sensation de vide ne parviendra jamais à me quitter. J’ai l’impression… De ne plus être là.

Ses yeux fixent la cigarette qui lui est tendue, elle inspire.

Tu crois, que c’est possible d’avancer malgré… Ça ?

Sa main tremblante s’approche de celle du jeune homme, elle l’attrape doucement, presque avec timidité. Il l’aide à revenir sur le sol avec douceur tandis qu’elle profite de cette proximité pour observer avec une attention particulière chacun des traits de son visage. Il l’intrigue.

Je… Merci.

Elle s’avance davantage, se faufilant dans ses bras malgré son introversion pourtant handicapante. L’effet encore présent de la poudre dans ses veines aide à entraver ses craintes, mais par-dessus tout il était son sauveur, son héros. Elle sait que les mots ne suffisent pas à exprimer ce qu’elle ressent à cet instant précis mais elle espère que son étreinte saura parler à sa place. La foule s’évapore progressivement, certains voyeurs persistent à rester pour assouvir leur curiosité mais peu importe, cela n’a plus d’importance pour la brune. Elle recule, laissant Auden récupérer son espace.

Je ne sais pas trop quoi dire. Je suppose que je dois te laisser partir.

Elle toussote, gênée.

@Auden Serritzlew
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MessageSujet: Re: breathe (auden) breathe (auden) EmptyMar 17 Avr - 22:47




feat Junon




Je m’étais toujours dit que perdre un enfant était sûrement la pire chose qu’il puisse être possible d’arriver. Perdre une partie de soi, quelque chose qu’on a porté dans son ventre, qu’on a aimé et chéri, la douleur qu’on doit ressentir doit être invivable. Maintenant, je comprenais ce qu’elle faisait sur le bord de ce pont. J’arrivais, du moins je pense que j’y arrivais, à comprendre la douleur qu’elle pouvait ressentir. Du moins en partie. Je m’étais toujours imaginé comment aurait été notre vie si nous avions eut un enfant. Si tout c’était passé comme on l’avait prévu. On avait des rêves de gosses et des envies plein la tête, comme tout les ados ou les amoureux, mais on avait déjà nos listes de prénoms, des idées de décorations pour la chambre de bébé. Ma petite sœur aurait certainement été la marraine et Gavin aurait pris mon frère ou le sien comme parrain. Je baissais la tête, souriant tristement. Cette vie je ne l’aurai jamais. Pas celle la. Pas avec elle.

 « -Tu n’es pas obligée de rester seule. Regarde, je suis là.  Oublie les voyeurs et entoure nous d’une petite bulle. Juste toi et moi. C’est pas super glorieux, mais être seul à deux, c’est mieux qu’être seul tout seul, non ? »

Marquez celle phrase dans le recueil des meilleures citations de l’année. J’avais toujours eu un talent de poète de toute façon, toujours là pour sortir les meilleures banalités ou des choses qui semblait d’une logique imparable. Il semblerait qu’encore une fois, j’avais réussi à le faire.   T’es incroyable Auden. Vraiment. . Ma conscience était jamais d’accord avec moi de toute façon. J’avais qu’elle, elle était à la fois le petit ange et le petit démon sur mon épaule, mais en tout cas, elle n’était jamais d’accord avec moi cette saloperie. J’avais toujours le regard baissé lorsqu’elle posa sa question. Non. Je ne m’en étais jamais relevé. Bien sûr, lorsqu’on me demande si ça va, je fais mine que oui. Je ne parle presque jamais d’elle, donnant l’illusion que j’étais passé à autre chose. Mais je continue de la voir dans mes rêves. J’entends son rire quand je fais des blagues. J’entends sa voix hurler ses chansons préférées comme on le faisait lorsqu’on était en voiture.

 « - Je sais pas si on continue vraiment à avancer en restant entier. Je suppose qu’on ne peut pas. Il est certain que j’ai perdu la moitié de mon âme à la mort de Gavin. J’ai même jamais réussi à trouver une seule fille attirante depuis. On doit juste apprendre à vivre avec. Avec le fait que la vie qu’on a rêvé d’avoir est malheureusement derrière nous. On peut pas changer le passé, sinon je l’aurais fais. Donc on n’a pas d’autres choix que d’avancer avec le cœur crevée et les jambes en miettes. Mais on peut choisir comment et avec qui on le fait. Ça atténue la douleur. Comme de la morphine ou un bon joint. »

Une fois qu’elle fut contre moi, je ne pus m’empêcher de la serrer contre moi. J’avais beau ne pas la connaître, l’idée de la perdre m’avait fait peur et presque rendu triste. Je n’aurai jamais pu supporter le faire de la voir tomber. Sûrement l’effet de l’alcool, la weed, le mélange des deux ou le fait que je me sentais proche d’elle dans un sens. Lorsqu’elle évoqua le fait de partir, il était hors de question. Elle était bien trop déstabilisée pour que je la laisse partir. Elle avait sûrement bu ou autre chose. Je serais un bien pietre médecin si je la laissais partir sans une nuit de surveillance. Je n’avais pas besoin de dormir. Je sais très bien que je ne dormirai pas, bien trop occupée à la surveiller. Mais c’était pour la bonne cause.

 « - Viens chez moi. Je suis docteur. Je pense que tu as besoin de repos, et surtout de pas rester seul. Je te promets de garder mes mains le long de mon corps et mon pénis dans mon pantalon. Mais il est hors de question que je te laisse seule ce soir. »
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MessageSujet: Re: breathe (auden) breathe (auden) EmptyMer 18 Avr - 0:17

Elle se laisse bercer par la douceur de sa voix tandis que ses yeux se ferment. Elle imagine cette bulle, inspire profondément et parvient presque à faire abstraction de ce pitoyable public. Demain elle n’osera pas croiser son reflet, bien trop honteuse de ce spectacle, bien trop gênée d’avoir été le centre de l’attention. Sa timidité est maladive, elle se plait à rester cloitrer chez elle, loin du contact. Il lui arrive d’errer dans les bars, un peu comme ce soir ou de se perdre dans l’immense forêt située aux alentours. Son âme-sœur est l’héroïne, cette poudre qu’elle s’injecte sans lassitude ou qu’elle renifle jusqu’à s’éclater les vaisseaux du nez. Ce vice la ronge, l’empoisonne. Elle sait les risques mais cela l’importe peu, elle ne cherche pas à s’en sortir. Elle se complaint de ce chaos dans lequel elle s’engouffre. A ses yeux sa vie est déjà bouclée, à quoi bon insister. La joie se fait rare dans son quotidien, les émotions qu’elle est capable de ressentir sont toutes fades, Junon s’est éteinte depuis un an.

La réponse du jeune homme la fit sourire malgré la tristesse de ses propos. Il devait avoir raison. Le passé ne reviendra pas, il ne se changera pas, il se subit. L’entendre parler de sa défunte compagne lui fit un pincement au cœur. Gavin devait être une fille spectaculaire. Elle observe Auden d’un œil particulier, peu physionomiste elle juge cependant qu’il doit avoir la vingtaine. C’est dans ces années là qu’elle eut son premier et unique coup de foudre à l’égard d’un homme formidable. Imaginer la peine ressentie par le jeune homme lors de la perte de sa copine fit frémir son échine.

Il accepte de la serrer contre elle. Ce contact semble la libérer d’un poids conséquent, elle se sent rassurée, presque apaisée, presque heureuse. La brune laisse la distance reprendre place, le regard timide. Elle écoute sa proposition avant que ses lèvres échappent un rire enfantin.

Je ne sais pas trop.

Elle jette immédiatement un regard aux alentours à la recherche de son sac-à-main. Il contient une partie de sa dose et de nombreux opiacés, l’essentiel en quelque sorte. Elle se maudit lorsqu’elle comprend qu’il doit s’être échoué dans le vide tout comme son manteau. Ses doigts triturent nerveusement ses bagues argentées, elle ne peut pas le suivre, pas sans ce pitoyable nécessaire de survie. Elle sait qu’elle ne tiendra pas, qu’elle fera une crise face à un arrêt soudain de consommation.

Je crois que j’ai suffisamment occupé ton temps. Ne t’en fais pas pour moi, j’ai l’habitude de tout ça. Enfin pas de vouloir me jeter d’un pont hein.

La brune coince la cigarette du sauvetage entre ses lèvres, dégaine un briquet de sa lingerie et s’empresse d’aspirer une épaisse fumée puant la nicotine. Son corps tremblote, elle ignore si cela vient du froid, des nerfs, de la redescente d’adrénaline ou peut-être un mélange de tout cela. Elle relève les pupilles et croise celles de son interlocuteur, ce franc regard lui donne envie d’être honnête. Ses ongles grattent le creux de son bras complètement violacée par les hématomes provoqués par les aiguilles et son sang se glace lorsqu’elle prend conscience que ce bras qu’elle cache en permanence semble être à la vue de tous.

Bon dit-elle avant de consumer davantage sa clope à la recherche d’une once de courage.

Elle a conscience de ses vices mais elle ne désire pas les assumer pour autant. C’est délicat d’avouer ses faiblesses, bien trop pitoyable d’admettre qu’on est juste une pauvre toxicomane. Mais il lui donnait envie de se laisser aller, de faire tomber son masque.

Je vais être honnête. J’ai envie de te suivre, mais je ne peux pas. Tu vois très bien pourquoi. Je n’ai pas envie de prendre le risque de me redonner en spectacle, surtout pas devant toi, tu as déjà bien assez fait pour moi. C’est mieux que je retrouve mon petit appartement.

Son corps tangue, elle sent les remontées d’héroïne l’enivrer.

Tu peux juste m’aider à appeler un taxi ? Mon téléphone est en compagnie de mon sac-à-main, donc, euh, loin. En attendant je vais m’asseoir, ou alors on peut aller boire un whisky dans un bar ? Enfin je ne sais pas l’heure qu’il est d’ailleurs.

Elle divague et son envie de remettre un pied dans les excès se fait ressentir sans le moindre mal.

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MessageSujet: Re: breathe (auden) breathe (auden) EmptyMer 18 Avr - 16:21




feat Junon




 « -Je sais très bien pourquoi tu es dans cet état. Je l’ai compris très rapidement. C’est la principale raison pour laquelle il est impossible et impensable pour moi de te laisser rentrer seule ce soir. J’ai vraiment pas envie de te porter, de risque de me faire mal au dos, donc s’il te plait, suis moi…  »

Je lui tendis la main un moment, quelque chose comme dix secondes, la regardant hésiter. Je pouvais comprendre qu’elle ne me fasse pas confiance ou qu’elle ait peur de me déranger. D’abord, elle ne me connaissait pas, après tout elle venait d’apprendre mon prénom cinq minutes avant, et ensuite, c’était un des mauvais côtés des addictions. Le manque de confiance en soi qui créer un manque de confiance en les autres. Je ne pouvais qu’attendre qu’elle comprenne qu’elle n’avait rien à craindre. Lorsque je senti la main de la jeune fille rejoindre la mienne, je croisais nos doigts, sans rien ajouter de plus, et je me mis à avancer. Il n’y avait rien à ajouter. Le silence avait quelque chose de réchauffant, de sécurisant, rien de gênant. Je n’habitais pas loin du pont, ce qui rendait les choses plus faciles. Tout droit, à droite, puis à gauche, première porte après le fleuriste. Je lâchais la main de la jeune demoiselle afin de pouvoir saisir le code servant à ouvrir la porte, et la repris juste après avoir ouvert cette dernière.

Le hall de la résidence était tout ce qu’il y a de plus sommaire. C’était assez lumineux de jour,  j’étais assez triste que Junon ait à voir tout ceci aussi tard. Un grand miroir plein pied était disposé sur un des murs, le deuxième étant l’endroit où étaient installées les boîtes aux lettres. J’appuyais sur l’interrupteur, histoire qu’aucun d’entre nous ne tombe au sol. Un regard dans le miroir et je me voyais. Mes cheveux étaient un désastre, mon bonnet tenait à peine. Mon visage ressemblait à un Picasso raté. J’étais un véritable fiasco. Je continuais ma marche, tirant Junon à ma suite pour qu’elle évite de faire comme moi, lancer un regard dans le miroir, et se rende compte de son état. Il était certainement trop tard, mais cela ne servait à rien de faire durer les choses. Les escaliers de la résidence étaient en bois, un vieux bois craquelé et dont la couleur avait foncé avec le temps. On possédait bien un ascenseur, mais il était cassé depuis deux ans, et n’avait jamais été réparé.

Une fois arrivé au troisième étage, le manque de chaussures devant la porte d’entrée me fit comprendre que mes deux colocataires n’étaient pas ici. Ils étaient donc bien sorti sans moi…. La vengeance serait terrible. Je lâchais de nouveau rapidement la main de Junon, espérant qu’elle ne s’enfuit pas, histoire de trouver mes clés pour ouvrir la porte. La jeune femme tremblait. Je me demandais combien de temps elle allait encore tenir le manque. Il devait lui rester une heure avant qu’elle en ressente vraiment les effets. Deux avant qu’elle se mette à se gratter les bras. La porte ouverte, une bonne minute de recherche après, je l’invitais à entrer. Notre appartement n’était pas ridicule. Une bonne entrée avec des placards afin de ranger nos affaires. On possédait chacun notre chambre, assez spacieuse, et une chambre d’amis. Notre cuisine était ouverte, donnant sur le salon et la salle à manger qui servait plus de pièce avec un billard.  Appartement d’étudiant typique. J’invitais Junon à s’asseoir avant de partir chercher mes affaires de médecin. Principalement ma trousse de médicaments d’urgence. Je reviens avec la jeune fille, deux tubes à la main, en grande hésitation...

 « -Cocaïne ou héroïne ? Ce que tu prends. Pour savoir ce que je fois te donner avant que tu commences à avoir des hallucinations… Tu dois connaître les symptômes du manque aussi bien que moi… »

Je la regardais avec un regard doux et compatissant. Aucun jugement. Je n’avais pas le droit d’en avoir. Déjà parce que de mon métier, j’étais plus ou moins habituer à ce genre de cas, mais aussi parce qu’elle ne méritais pas ça. Elle avait besoin qu’on la comprenne, qu’on l’aide et qu’on la guide. Certainement pas d’un jugement. Ni de conseil à la con que tout le monde donne.

 « -Après je vais devoir vérifier ton taux de sucre. Histoire que tu nous fasse pas une hypoglycémie. L’une ou l’autre des deux drogues pompe le sucre de ton organisme pour le diriger ailleurs, donc tu aura besoin de manger fort certainement. Je crois qu’on a encore du chocolat que j’ai ramené de l’hôpital après les fêtes de pâques.»
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MessageSujet: Re: breathe (auden) breathe (auden) EmptyLun 23 Avr - 14:49

Son regard se fige sur cette main qui se tend face à elle et ses doigts entrelacent naturellement les siens. Distante mais docile, elle décide de laisser ses craintes de côté. Les rues se parcourent à ses côtés sous un silence réconfortant qu’elle ne cherche pas à briser. Sa vision floue l’empêche de profiter des alentours qu’elle se plait habituellement à inlassablement observer. Tout est si différent de son Italie natale, l’architecture, les températures mais aussi l’attitude des gens. Changer de continent et tirer un trait sur ses repères n’avaient pas été sans difficulté. L’inconnu a toujours semblé effrayant et malgré cette boule au ventre lors du vol, elle savait au fond d’elle que ce choix était nécessaire pour prendre un nouveau départ. Aujourd’hui, elle se demande si cette décision était réellement la bonne. Sa vie à Wauwatosa est purement chaotique, elle enchaine les pertes et les vices, elle se laisse enfoncer tout naturellement au fond du gouffre. Elle ne ressent pas l’envie de remonter, de s’en sortir. Pour elle, tout ça n’a plus le moindre intérêt. Sa vie est terminée depuis cinq ans désormais, c’en est fini, tout est parti en vrille.

La brune pénètre dans la résidence sans prononcer le moindre mot. Elle se laisse faire. Ses pupilles se plantent vers le reflet renvoyé par le miroir. Elle observe sa maigre silhouette. Le noir qui entoure ses yeux dégouline sur ses joues creusées, son teint est aussi blafard que cadavérique. Elle est pathétique, misérable. La main du jeune homme la tire jusqu’au troisième étage, non sans une once de difficulté à gravir chacune des marches. Elle se retrouve rapidement assise sur un sofa en bien meilleure qualité que le sien. Auden s’absente, toujours dans le silence, et Junon en profite pour observer la pièce. Elle devine assez facilement qu’il n’est pas le seul à habiter ici.

Ses yeux se froncent à la vue des deux tubes, elle les relève vers lui et décide de baisser sa garde face à ce regard compatissant. Elle se promet alors d’être la plus honnête possible.

Mon vice c’est l’héroïne. J’ai pris un rail de cocaïne tout à l’heure, avant que tout débloque, mais ça n’est pas une dépendance pour moi.

Elle préfère l’effet de la poudre marron, elle préfère se déconnecter du monde plutôt que de l’affronter. C’est de la lâcheté et elle le sait. Les propos qu’il prononce sont écoutés attentivement et elle ne peut s’empêcher de lâcher un sourire.

Tu ne te lasses pas de ces toxicos qui se plantent la seringue de trop ? Des jeunes qui se bousillent et tombent en coma éthylique ?

Son sourire reste en place.

Qu’est-ce qui t’as donné envie de faire ces études, ce métier ?

Junon est curieuse de connaître ses motivations, désireuse d’en apprendre plus sur ce super-héros.

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MessageSujet: Re: breathe (auden) breathe (auden) EmptyLun 23 Avr - 18:38




feat Junon



« - A mes huit ans, mes parents ont organisé une fête d’anniversaire pour mon frère et moi. J’ai un frère jumeau, il travaille dans l’évènementiel. Rien de bien folichon, mais on en a toujours besoin à Vancouver, donc il avait une facilité pour trouver du boulot. A cette fête d’anniversaire, mes parents avaient loué un énorme château gonflable. On pouvait facilement rentrer à huit ou neuf dedans sans problème, même si par sécurité, il était préconisé de laisser uniquement cinq enfants y aller en même temps. Il faut toujours suivre les consignes de sécurité. Ça évite qu’un des enfants fasse un vol plané par-dessus le château et se fasse une fracture ouverte du tibia. Mon frère s’en rappelle encore. Sa cicatrice lui rappelle aussi. »

Je ne pus m’empêcher d’avoir un petit sourire aux lèvres. Je parlais rarement de mon enfance, et de mon passé canadien en général. Peu de gens savaient ce que faisais ma famille, peu de gens savaient même que j’étais originaire du Danemark. Junon, bien que je la connaissais depuis peu, en savait déjà beaucoup plus que la plupart de mes amis ou de mes connaissances proches. C’est drôle. Je n’ai même pas hésité une seule seconde à lui parler de tout ça. Surement l’alcool qui m’enivrait encore un peu, ou le fait qu’elle s’ouvrait elle aussi à moi qui me poussait à m’ouvrir à mon tour. Je posais un des tubes sur la table basse et allait chercher un verre d’eau afin que Junon puisse prendre les comprimés avant de commencer à se sentir malade. Je lui tendis le tout avec un peu de chocolat, pour qu’elle remonte son taux de sucre, évitant aussi une possible hypoglycémie. Je n’avais pas de quoi tester son taux sur moi, ce que j’avais étais déjà peu réglementaire. Je pris aussi le temps de lui emmener de quoi se démaquiller et se nettoyer le visage. Je pensais qu’elle apprécierait, vu l’état de son visage.  Je posais tout sur la table basse devant elle, ouvrant une canette de jus d’orange pour moi. Je venais de remarquer que j’étais assoiffé. Comme si on pouvait ignorer sa soif.

« - Lorsqu’il est tombé, il s’est mis à hurler immédiatement. Pas parce qu’il avait mal, mais parce qu’il avait peur. Ce qui est compréhensible lorsqu’on sait qu’il avait littéralement son os qui sortait de sa jambe. Tout le monde était paniqué et mes parents étaient introuvable, pour je ne sais quelle raison. Quoi qu’il en soit, je me revois courir vers la trousse de secours et tenter de soigner mon frère avec le peu que je pouvais faire. C’est là que j’ai décidé de devenir médecin. Pour soigner les gens. Pour les aider, autant que je le peux. Puis au milieu de mon cursus, j’ai décidé de devenir gynécologue.»

Je laissais échapper un petit rire avant de boire une gorgée de mon jus, regardant la jeune femme prendre ses médicaments et manger ce que je lui avais donner. Elle avait l’air si douce. Elle avait un accent dont je n’arrivais pas à décerner la provenance. Quelque part en Europe, c’était la seule chose dont j’étais sûr. Je me demandais si moi-même je possédais un accent quand je parlais. Un mélange entre le canadien et le danois, certainement. Un accent du fond de la gorge qui se mêlait à quelque chose d’un peu mielleux. Sa question me sorti de mes pensées. Beaucoup de mes collègues avaient fait des burnouts. Etre médecin était un métier très compliqué, certainement un des plus dur émotionnellement. Bien sûr, je n’avais pas de lourdes charges à porter, des choses énormes à construire, mais avoir le pouvoir de vie et de mort était quelque chose dont je me serai bien passer, mais pourtant que j’avais. Une seule erreur médicale pouvait avoir le mot de vie ou de mort sur quelqu’un. Je me demandais si j’en avais marre. Ça ne faisait que six ans. Bien sûr, voir des gens plonger si bas me rendait triste. Ça me détruisait le cœur que quelqu’un se déteste tellement qu’il décide d’en terminer et d’arrêter d’essayer de trouver une once de bonheur.

« -Les gens qui se détruisent, c’est inévitable. Je ne pourrais jamais rien faire pour empêcher que les gens essayent d’échapper à leur démon en prenant ce qu’ils prennent. Ce n’est pas non plus mon but avec toi, croire que je peux changer ta vie avec ma seule présence serait énormément présomptueux. Cependant, je peux essayer d’atténuer la douleur. Rendre tout cela plus supportable. Servir de bouée pour empêcher de couler plus profond. J’ai sauvé des dizaines de jeunes d’overdoses. J’ai empêché un nombre incalculable de personnes de sombrer suite à un coma. Je me rappelle d’un bon nombre d’entre elle. Et je les ai laissé partir parce que je savais que j’avais rendu leur combat plus supportable. Ou du moins, je le croyais… »

Mon regard se perdit dans le vide comme je me perdais dans mes souvenirs. Il y avait un cas qui était encore dans ma conscience. Une vie que je n’avais pas réussie à sauver. Je secouais la tête reporta mon regard sur Junon.

« - Tu ne t’ai jamais dit qu’il y avait quelque part, peut-être, ton bonheur qui t’attendait ? Tu n’as jamais essayé de courir après cela ? Désolé si ma question est… inappropriée. Tu n’es pas obligée de répondre.»

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MessageSujet: Re: breathe (auden) breathe (auden) EmptyLun 23 Avr - 23:55

Les raisons de ce choix de métier s’avèrent attendrissantes aux yeux de la brune qui ne peut contenir un sourire. Elle se rappelle des dernières minutes aux côtés de son père, elle se souvient de son corps à-même le sol et de son torse parsemé de balles. Les genoux baignant dans le sang et ses petites mains tentant vainement de reboucher les trous et du haut de ses cinq ans elle était persuadée que ce serait suffisant. Son père savait qu’aucun miracle ne pouvait le sortir de là. Il lui demanda de rester en sa compagnie afin de rendre son départ moins douloureux et il eut le temps de prononcer quelques mots pour rassurer sa fillette en sanglot. Il finit par fermer définitivement fermer les yeux, laissant la jeune Junon seule avec le corps de son cher papa. Elle n’a jamais su combien de temps s’était écoulé avant que sa mère découvre la scène avec effroi.

Elle attrape d’un geste de main les médicaments qu’elle avale sans broncher, maintenant qu’elle est là il est nécessaire qu’elle lui fasse amplement confiance.

Tu es comme un super-héros en fait lance-t-elle le sourire aux lèvres.

Cette phrase est loin d’être sarcastique, il est un sauveur pour elle. Elle était, il y a encore quelques instants, sur le rebord du pont. Les cheveux au vent et prête à faire le grand saut, elle ignore si elle serait encore ici sans lui. Sa détermination semblait à toute épreuve, sans ses paroles sensées elle aurait probablement sauté. Il est possible que demain elle regrette de ne pas avoir sauté le pas, qu’elle continue à se morfondre dans sa misérable vie.

Sa question lui fait hausser légèrement les épaules.

Ne sois pas désolé.

Elle inspire profondément avant de baisser les yeux vers ses bottines noires, pour elle la réponse semble évidente. Sans son fils elle n’est plus rien, il n’y a plus rien. C’était ça le plus important pour elle. Les choses manquent aujourd’hui de saveur, la vie est fade et sans plaisir.

Lorsque j’ai changé de continent, j’étais prête à vivre le rêve américain. En Italie, on passe notre temps à se vanter de nos monuments, de notre nourriture tout en criant haut et fort que notre pays est le meilleur alors qu’en réalité, notre pays crève et on rêve des Etats-Unis. On imagine ça comme dans les films, ça semble être le pays où tout est possible, tout paraît réalisable.

Son regard se relève vers lui, et elle ne peut pas s’empêcher de rire.

Ça doit te paraitre tellement… Stupide.

Elle se force à avaler un bout de chocolat, la faim n’est pas là mais elle sait que c’est préférable.

Quand je suis arrivée, j’étais morte de trouille quant au fait de devoir tout reconstruire. Je n’ai jamais été très douée pour m’intégrer, mais les choses se sont bien passées. J’ai rencontré un homme formidable et je savais qu’il allait marquer ma vie. J’ai découvert ce qu’est l’amour et à quel point c’est quelque chose de magique. Je suis rapidement tombée enceinte, j’étais vraiment heureuse de ma situation. Mon fils est né, c’est ma plus belle réussite. J’étais aux anges avec ce petit bout dans les bras, il avait les yeux de son père. Un médecin est venu pour nous annoncer qu’il n’était pas en aussi bonne santé que dans nos rêves. On savait à quoi s’attendre, on savait qu’il allait partir et pourtant lorsque je l’ai retrouvé son lit quelques jours après son quatrième anniversaire… J’étais dévastée. Mon monde semblait s’écrouler et mon couple se mit à battre de l’aile. J’ai passé des journées entières à errer dans cette chambre vide, je n’avais jamais été aussi perturbé. Mon fiancé est parti à son tour, c’était impossible pour nous de surmonter ça. Le bonheur c’était mon fils et il n’est plus là. Je n’ai plus envie de courir et de toute façon, je n’ai plus aucune raison de le faire.

La brune essuie ses larmes d’un revers de main. Ce sujet est toujours délicat pour elle. Elle toussote comme pour se ressaisir et se force à retrouver le sourire.

Et toi, tu penses que ton bonheur t’attend quelque part ? Tu arrives à être optimiste face à l’injustice de cette connasse qu’est la vie ?

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MessageSujet: Re: breathe (auden) breathe (auden) EmptyMar 24 Avr - 15:47




feat Junon



« -Je vois que toi et moi avons un point commun, le fait de ne pas venir de ce continent. Je viens du Danemark. Et j’ai passé une grande partie de ma vie au Canada. Bien que je ne pense pas que la vie canadienne et la vie aux Etats-Unis soient vraiment différentes… »

Je baissais à nouveau le regard. J’avais arrêté de compter le nombre de fois où je m’étais senti totalement idiot ce soir. Où j’avais l’impression de n’avoir rien vécu dans ma vie et que ça me faisait dire ou faire des choses absolument stupides. C’était bien sa mon problème par moment. Je n’ai jamais eu de problème particulier, aucun problème de drogue ou d’alcool, aucun membre de la famille qui pouvait tourner dans des trucs mafieux et totalement illégaux. Mon père travaille pour la couronne, ma mère est professeur.  La seule chose que j’avais vécu dans ma vie, c’était la mort de Gavin. Et comparé à ce que Junon avait vécu, j’avais l’impression que ce n’était rien. Que les conseils ou les choses que je pouvais dire n’avait aucun pouvoir car tout cela n’avait aucune valeur, aucun backup dans mon histoire qui pourrait me donner de quoi argumenter mes propos. Elle l’avait certainement remarqué, et de façon absolument polie, avait décidé de ne pas mettre ça sur la table. C’était très appréciable. Elle était très appréciable. Malgré son état, malgré sa tristesse. Je sentais qu’elle avait quelque chose en elle qui cherchait à se battre. Une petite flamme presque éteinte, comme un petit chauffe plat en fin de vie mais qu’on allume car on aime l’odeur qu’il dégage. Elle n’en avait certainement pas conscience d’ailleurs. Je pouvais le comprendre. Je n’avais pas cherché à allumer quoi que ce soit pendant longtemps non plus. Je crois que je ne cherche toujours pas à le faire.

Je posais ma canette sur la table et sorti deux cigarettes, en tendant une à la jeune femme avant de lui allumer, puis de faire de même avec la mienne. Je posais aussi le cendrier proche de nous deux, avant de regarder au loin, perdu dans mes pensées. Je n’avais eu personne depuis trois ans. Aucune copine, aucune relation d’un soir. Je n’avais même pas cherché à savoir si quelqu’un était intéressé ne serait-ce qu’un minium à moi depuis trois années déjà. Beaucoup penserait que je suis totalement fou, que je devrais penser à aller de l’avant et à oublier mon passé une bonne fois pour toute. Le problème restait que… Je ne le pouvais pas. Je ne savais même pas si j’avais vraiment essayé d’ailleurs. Aucune fille ne semblait avoir de saveur, aucune fille ne semblait avoir d’intérêt. Trois années que je continuais à voir beaucoup de choses qui me ramenait à elle. J’avais encore chacun des dessins qu’elle avait faits, chacune des photos de nous qu’elle avait prise. La bague que je comptais lui donner pour la demander en mariage était encore dans le premier tiroir de ma table de nuit, entre la boite de capotes périmés et des papiers de bonbons que je mettais là parce que j’avais bien trop la flemme de les jeter.

« -Mon bonheur est certainement quelque part. On mérite tous d’avoir notre bonheur et de vivre heureux. Chacun d’entre nous. Tout arrive pour une raison, et on doit tous provoquer notre chance et notre karma à certains moments.» Je pris une inspiration avant de reprendre « - Cependant, je dois t’avouer que je n’ai jamais cherché à provoquer ma chance. Je n’ai jamais cherché à passer à autre chose. Tout le monde me parait si fade comparé à elle. Peut-être Logan. Mais elle est plus intéressée par Enzo que par moi. » Je portais mon regard sur une photo posée à côté de Junon, dans un cadre. Moi, Logan et Enzo, lors de notre première soirée dans l’appartement. « - Mais j’essaye. Au plus profond de moi, j’essaye de me dire qu’il y a quelqu’un, quelque chose quelque part qui m’attend et qui me rendra heureux. Qui arrivera à me faire passer à autre chose. C’est en grande partie pour cela que je suis autant investi dans mon travail. Ça m’aide à arrêter de trop penser.»

Je reportais mon regard sur elle et fit un petit sourire triste avant de tirer une dernière taf sur ma cigarette. Je me levais et me rendit dans la salle de bain afin de vérifier son état, cacher tout objets qui pourrait servir à se faire du mal, puis je reviens vers Junon.

« - Tu devrais prendre une douche avant de te reposer. Je pense que ça va t’aider à te sentir mieux. Tu peux fermer la porte à clé, même si je préfèrerai que tu ne le fasse pas.»
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MessageSujet: Re: breathe (auden) breathe (auden) EmptyMar 24 Avr - 19:28

Ses yeux se portent sur la photo qu’il semble observer. Elle saisit le cadre entre ses mains et lâche un sourire en l’observant. Ca fait des années qu’elle n’a pas fait la moindre photo en compagnie de quelqu’un. Les murs de son piteux appartement n’en restent pas moins recouverts de diverses photographies de ses parents, de son fils ou encore de paysage qu’elle se plait à admirer. Elle semble profondément attachée à son passé, surement car c’est là que sont ses plus beaux souvenirs. Le futur la tétanise et l’inconnu l’effraie jusqu’à lui en donner la nausée. Elle n’a jamais été à l’aise avec la vie et encore moins courageuse. Elle est habituée à baisser les yeux depuis son plus jeune âge, à se faire discrète et à mener son existence dans le plus grand des silences. Son père répétait sans cesse qu’il était nécessaire qu’elle soit fière et qu’elle redresse les épaules pour se jeter avec passion dans la vie. Sa mère quant à elle était moins bien tempérée et agréable, profondément exaspérée par le côté froussard de sa gamine elle n’avait cessé de l’inscrire à des sports collectifs et diverses activités extra-scolaires, répétant inlassablement que c’était pour son bien. Malgré les exigences de sa mère elle n’est jamais parvenue à se faire une place, préférant rester en retrait de cette vie trop violente à ses yeux. Nouer des relations est un calvaire pour elle, la solitude est sa meilleure amie.

C’est vraiment une très jolie fille dit-t-elle à l’égard de Logan.

Elle pense sincèrement ses propos. Sa colocataire semble dotée de doux traits s’harmonisant à merveille avec son regard aux teintes marron. Elle comprend assez aisément pourquoi elle n’est pas considérée comme « fade » aux yeux du jeune homme, il faut avouer que n’importe qui penserait pareil.

Tu as déjà pris la peine de lui en parler j’espère. Vous vous connaissez depuis longtemps ?

La brune repose prudemment le cadre à l’endroit initial et porte la cigarette à ses lèvres après avoir remercié Auden d’un geste de tête. A la première heure, elle ira s’acheter un paquet pour remplacer celui flottant désormais dans l’eau. L’optimisme du jeune homme ne peut s’empêcher de la faire sourire, elle aimerait être comme lui, aussi positive et forte.

Pour être honnête je commence à croire que les gens qui rythment ma vie sont destinés à la quitter brutalement. J’ai peur d’être déçue, de dégringoler à nouveau et je pense que tu te doutes du fait que je ne suis pas prête à ça.

Elle se met à rire. Le sujet est grave et pourtant elle arrive presque à en parler avec légèreté. Ce n’est pas dans ses habitudes de se confier de la sorte, surtout auprès d’un homme qu’elle ne connait pas. Auden lui donne étrangement confiance, peut-être car il est son sauveur du soir ou tout simplement car l’aura qu’il dégage lui donne envie de se laisser aller. Elle écrase son mégot dans le cendrier et hoche la tête lorsqu’il évoque l’idée de la douche.

Je ne compte rien faire de dangereux, mais d’accord je ne fermerai pas.

Elle s’empresse de rejoindre la salle de bain, fermant la porte sans pour autant la verrouiller. Ses vêtements tombent à ses chevilles et elle prend place sous la douche. L’eau chaude au contact de sa peau ne peut s’empêcher de la faire frémir. Ses yeux se ferment quelques instants pour profiter du moment. Elle se sent presque relaxée, comme si ses envies suicidaires venaient de s’envoler. Elle ferme l’eau et attrape la serviette posée au préalable. Ses pupilles se posent sur le miroir, elle observe sa silhouette avec difficulté. Ses doigts caressent ses os qui ressortent un peu trop, elle se demande comment les obstacles de la vie peuvent la tuer à ce point. Elle secoue la tête face à cette image qu’elle ne supporte pas et enfile rapidement les vêtements servant à cacher la misère de ce corps chétif. Elle s’étire et quitte la pièce pour rejoindre Auden.

Cette soirée a dû te fatiguer. Je suis désolée pour tout ça.

Elle baisse son visage, non sans une once de honte.

Mais merci. Merci du fond du cœur de m’avoir tendu la main. Je ne suis pas prête de t’oublier dit-elle en souriant.

Elle sait que ses remerciements ne seront jamais assez forts mais elle tient à les prononcer quand même. Sans lui, qui sait où elle serait.

Tu travailles demain ? J’aimerai t’offrir un café, un thé, enfin ce que tu veux. Je sais que c’est minable par rapport à tout ce que tu as fait pour moi mais je me rattraperai.

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MessageSujet: Re: breathe (auden) breathe (auden) EmptyJeu 26 Avr - 16:11




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«-Malheureusement non. Le courage n’a jamais été ma première qualité. Je vais sûrement la regarder me filer entre les doigts.» Je regardais mes mains sans rien ajouter pendant quelques secondes. «- Ça doit te paraitre particulièrement ridicule. Je suis capable de sauver une vie sans poser une seule question, mais je suis incapable d’avancer vers une fille. La peur du refus sans doute… »

Je soupirais avant de hausser les épaules. De toute façon cela n’aurait mener à rien. Logan était amie avec Gavin, j’étais entré dans sa vie uniquement pour cette raison. On était certes proche, mais elle l’était beaucoup plus d’Enzo avec qui elle semblait avoir développer ce que j’aurais aimé avoir avec elle. Tout arrive pour une raison. Et si je devais ne rien avoir avec Logan, c’est que cette raison existe bel et bien, et qu’elle n’est pas ma fin heureuse. Si fin heureuse il y a pour moi. Je commençais à en douter, malgré ce que je pouvais dire à Junon, j’avais mes moments de doute. Travailler me permettait de ne pas y penser ou d’y penser aussi peu que possible, mon esprit étant occupé ailleurs. Je la regardais partir à la douche, puis décidais de déplier le canapé afin qu’elle ait quelque part où dormir. Puis je rangeais un peu, mettant la vaisselle dans le lave-vaisselle, vidant le cendrier, vérifiant que les poubelles ne devaient pas être jeter. S’occuper du linge n’était pas ma priorité, et depuis que j’avais inondé la salle de bain et changé notre appartement en partie mousse, j’avais interdiction d’approcher la machine à laver et d’appuyer sur le moindre bouton qui peut la composer. Une fois mon tour de nettoyage terminé, je décidais d’aller chercher mes dossiers de patients afin de travailler pendant que Junon dormirait. Je savais déjà que je n’arriverai pas à fermer l’œil. J’étais habitué à cela.

J’étais en plein dans mes dossiers lorsqu’elle sorti de la douche. Je relevais ma tête vers elle, l’inspectant. Elle avait l’air mieux, même si on ne pouvait certainement pas dire qu’elle avait l’air bien. Les ravages que la drogue pouvait faire avait laissé des marques sur son corps et sur son visage. Elle avait toujours des traits d’une douceur incomparable, mais ils étaient plus creusés, plus durs qu’ils ne devraient l’être en temps normal. Je lui souris doucement. Dormir. Une chose que je faisais que très peu. Si ma mère savait elle me tuerait, elle qui voulait toujours qu’on dorme nos dix heures par nuit, afin d’avoir un cerveau reposé et en état de fonctionnement, j’étais capable de faire de nuits de trois heures. Ou des siestes ? Je ne savais même pas si on pouvait appeler ça des nuits d’ailleurs. Je lui répondis d’un haussement d’épaule et d’un sourire doux.

«- Tu sais, je suis médecin. J’ai donc l’habitude des nuits de garde à l’hôpital, des vingt-quatre heures qui en deviennent trente-six. J’ai l’habitude de ne pas dormir. Ne t’inquiètes pas pour moi. Tu es la seule inquiétude ici, Junon. Je le referais si c’était à refaire. Je tendrais les deux mains s’il le faut. Et maintenant que je suis là, je n’ai pas prévu de te laisser seule. L’enfer est beaucoup plus plaisant lorsqu’on y a quelqu’un. »

Je me levais pour lui donner une couverture qui était rangée dans le meuble de l’entrée. Il ne faisait pas si froid, mais je détestais dormir sans rien pour me couvrir, et je pensais que c’était surement son cas aussi. Dormir avec une couverture me faisait me sentir en sécurité, même si ce n’était qu’un simple bout de tissu qui ne protégeait de rien.

«- Je ne dis jamais non à un bon café. Je ne travaille pas demain, j’avais le week-end de libre pour terminer ma thèse que j’ai réussi à terminer plus tôt que prévu. Tu n’as besoin de rien rattraper. Je veux juste que tu ailles te reposer comme tu en a besoin. On verra pour le reste après une bonne nuit de sommeil. »

Je lui caressais la joue doucement, puis fit un baiser sur son front. Un acte de tendresse que j’avais effectué pour la dernière fois il y a bien longtemps. Mais on en avait besoin tous les deux.
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Tori Vaz
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MessageSujet: Re: breathe (auden) breathe (auden) EmptyVen 27 Avr - 11:14

J’ai la nausée lorsque je suis amenée à devoir me sociabiliser, ça c’est ridicule. Mais ne pas oser avancer vers une fille ne l’est pas. Je crois qu’on craint tous le refus non ? Personne n’aime prendre le risque de dégringoler subitement à cause d’un rejet.

Ses paroles s’accompagnent d’un sincère sourire. Elle ne pourrait jamais se permettre de juger négativement une telle situation. Les relations amicales provoquent une nervosité intense chez elle, hors de question de songer à l’amour sous peine qu’elle fasse un malaise. Elle ne veut pas prendre le risque de souffrir à nouveau, elle sait qu’elle est incapable de surmonter un nouvel obstacle. Les journées qui s’enchainent sont déjà bien trop rudes pour cette petite brune qui se décharne à vue d’œil.

Elle reste silencieuse lorsqu’il évoque le fait de ne pas la laisser seule, de ne pas l’abandonner cruellement à son sort. Ses propos touchent profondément son cœur. Elle ne sait quoi répondre, rien ne peut être assez fort pour le remercier de tout ce qu’il a effectué. Son visage lui était inconnu jusqu’à cette sombre soirée mais elle se sentait en confiance en sa compagnie, presque apaisée. Son sourire ne s’estompe pas, continuant de prôner sagement sur ses lèvres tandis qu’elle remonte doucement la couverture. Malgré les sensations fortes la fatigue ne semble pas vouloir s’emparer d’elle. Son corps est à bout de force, elle a trop tiré sur la corde mais son esprit est encore bien vif. Morphée flemmarde, il n’est pas encore décidé à agir.

Parfait pour le café ! s’exclame la brune.

Cette boisson chaude n’est pas à son goût et pourtant elle en avale des quantités astronomiques pour l’effet de la caféine. Ses habitudes sont pathétiques mais sa santé n’est pas dans ses préoccupations. Elle préfère se perdre dans les excès.

Je n’ai peut-être pas besoin de me rattraper mais j’en ressens le besoin même si rien ne pourra être assez fort, sauf si tu décides de sauter soudainement d’un pont et là on sera quitte.

Elle fuit constamment le contact et pourtant son corps ne se recule pas machinalement lorsqu’il caresse sa joue. Son regard se relève doucement vers lui sans que le moindre mot s’échappe. Son cœur se crispe lorsqu’il dépose ses lèvres sur son front malgré la douceur de son geste. Ce même contact était le dernier qu’elle eut de son seul et unique amour, c’était sa façon de faire ses adieux. Elle se demande s’il a refait sa vie, s’il est en compagnie d’une autre femme, s’il compte fonder une famille qui cette fois ne tombera pas en miette. Ses pensées déprimantes lui font baisser les yeux quelques instants. Elle l’attrape doucement dans ses bras, déposant un baiser sur sa joue avant de reprendre de la distance.

Tu as raison. L’enfer est plus plaisant lorsque quelqu’un le partage avec nous.

Elle toussote et décide de changer de sujet avant d’être envahie par la gêne de son élan d’affection.

Tu vas faire quoi de ta nuit ? Je suppose qu’un médecin a toujours quelque chose à faire.

@Auden Serritzlew
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