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WINTER TOGETHER / L'hiver arrive. Il est là plus tôt que les autres années et il est déjà rude. Les premières neiges parsèment les trottoirs de Wauwatosa. La ville et ses habitants ont toujours pris soin de leur commune. Ils aiment la voir briller de mille feux en attendant l'arrivée du père Noël. On est plus surpris de voir apparaître les premières guirlandes qui clignotent à travers les vitrines alléchantes et gourmandes. Les pâtisseries donnent envie. Les manteaux et les écharpes viennent couvrir nos tenues de mi saison. Cette année et encore plus que les autres années, Wauwatosa va aider ceux qui en ont besoin. Et en plus notre belle ville va s'illuminer et devenir la plus belle. Des concours de décorations, de sapins par exemples. Ces arbres vont éblouir les allées principales avant d'aller egayer les demeures plus austères. Hopitaux, orphelinats ou prisons aux alentours. Vous l'avez compris, c'est la solidarité qui va être au centre des fêtes. Comme chaque année le grand bal de Noël vous invitera à vêtir vos plus belles tenues et pour la bonne cause. Déambulez dans les rues, emmitouflés dans vos écharpes et doudounes. La neige va être présente, très présentes. Attention au verglas et aux boules de neiges perdues.

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(louis) acte I, scène 1

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MessageSujet: (louis) acte I, scène 1 (louis) acte I, scène 1 EmptyMar 20 Fév - 21:26

Je n'aurais certainement jamais dû l'observer de manière insistante lorsqu'il est descendu du taxi qui l'a amené chez nous. J'aurais dû laisser mon père l'accueillir d'un ton solennel, en lui jetant un regard formel et courtois. Au lieu de ça, j'étais resté là, devant la fenêtre, les yeux crispés sur ce nouvel énergumène qui s'installait dans notre villa. Je le contemplais, ce beau romancier français. Il avait le charisme qu'on lui avait soupçonné en détaillant ses clichés ; il dégageait cette finesse et cette richesse de l'esprit qu'il avait dépeintes malgré lui dans ses courriers. Je le remarquais déjà à mon âge. Toutes ses qualités se manifestaient, dans la souplesse de ses mouvements, l'élégance de sa démarche lorsqu'il entreprit les derniers pas qui le séparaient de la maison. J'avais fini par lui ouvrir notre porte, avant qu'il ne toque. Je ne lui avais même pas adressé un sourire, seulement tendu une main tremblante pour la mêler avec la sienne dans une action de politesse. Je tentais de garder le contrôle de mon bras, pour qu'il ne le sente pas bouger, avant de relâcher le long de ma hanche. Ses yeux étaient un océan de promesses, j'y plongeais. « Bonjour, mon père est absent. » Je lui avais expliqué en m'attardant sur sa bouche, sans me faire remarquer derrière mes lunettes de soleil. Aujourd'hui, il tapait et réchauffait légèrement nos corps gelés par le froid hivernal. Lui devait avoir l'impression que mes yeux étaient fixés aux siens, alors qu'ils suivaient chaque contour de son visage. Il était si charmant que cela en devenait frustrant et agaçant. C'était le cliché de la beauté à la française. « Mais je peux me rendre disponible pour te faire visiter les lieux. » Je lui avais proposé pour le mettre à son aise dès les premières minutes. C'est ce que papa m'avait ordonné de faire, s'il arrivait alors qu'il était encore en ville. Il n'allait certainement pas tarder, mais je devais me charger de notre invité pour les prochaines minutes. J'attendis sa réponse, comme un enfant à qui on promet la meilleure des distractions. Mes yeux s'obstinaient à croiser les siens, trop bleus, sans m'en détacher. Mais je n'aurais pas dû le scruter longuement, avec autant de frénésie, et aurais dû rendre mon regard furtif et indifférent. Car dès qu'il a croisé le sien, j'ai été électrisé et captivé – ce qui allait durer pour un long moment.
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MessageSujet: Re: (louis) acte I, scène 1 (louis) acte I, scène 1 EmptyMar 20 Fév - 22:04

Cette ville avait l’air aussi prometteuse que sur les images trouvées sur internet. J’avais passé de longues heures à arpenter les pages du net pour trouver un endroit où échapper à toute cette pression qui s’exerçait sur mes épaules depuis des mois. La promotion fulgurante de mon premier ouvrage, traitant la psychologie complexe d’un mari frappant sa femme sous forme d’un thriller, avait marqué les esprits. Ce livre était le résultat de plusieurs années de recherches, de rencontres. J’aimais la finesse des mots, comme la profondeur de l’esprit humain. Sans doute parce que mon esprit, qu’on imaginait sain, n’avait rien à envier à la complexité de ces âmes tourmentées. Je ne saurai pas l’exprimer de manière claire, mais tous les éléments de ma vie ne faisaient que m’effleurer, sans réellement s’immiscer et s’ancrer à ma chair. Les émotions venaient, passaient, ne me laissant aucune amertume, ni rancœur, mais est-ce bien là, un bon signe ? J’ai toujours eu du mal à le croire, mais jamais eu le temps nécessaire pour réellement réfléchir au sens profond de mon existence. Ma vie ne me le permettait pas, sans doute bien trop fougueux par l’envie d’expérimenter les possibilités qu’offrent la vie, par la richesse de mes rencontres ou de ces arts, qui m’ont rendu si lettré, si recherché par les bons pensants. Le gendre parfait, celui qu’on désire que sa fille se pende à son coup, s’attire ses bonnes faveurs, car la renommée de sa lignée et son intelligence qui en font un être d’exception. Je le suis, en a conscience, en abuse, sans réellement devenir cet être abject qu’on pourrait répugner. Mais sur les terres de l’oncle Sam, celles sur lesquelles je place une certaine volonté de couper avec le monde entier, le besoin d’analyser ce que je suis se fait réel. Sans doute parce qu’il m’est nécessaire d’entrevoir ce que je désire au fond de moi pour être en mesure de trouver l’essence de cette flamme de l’inspiration, pour pouvoir m’enflammer de nouveau à son contact. Elle est si capricieuse, tout comme je le suis. Mon regard glisse sur ses paysages sauvages qui s’offrent à mes yeux. Je détaille ces terres arborées, cachant mille et une richesses. Leur vision provoque ma volonté de les arpenter, de les découvrir dès que l’opportunité se présentera. J’espère que mes hôtes résident dans ce coin, afin de rendre mes excusions plus aisées. Ce qu’il semble être le cas, puisque le taxi que j’ai pris depuis la gare m’arrête devant une bâtisse de ce quartier bien différent des rues bondées de Paris. Je descends donc du véhicule, relève mes lunettes de soleil pour les placer sur mes cheveux d’or. J’attrape mon sac à dos où se trouve mon ordinateur, seul objet qui me rattachera à la réalité durant cette retraite presque spirituelle. L’idée m’arrache un sourire tandis que j’attrape ma valise et paie la course. Je le remercie, il me souhaite une bonne journée avant de reprendre sa route. Cela sera sans doute plutôt une bonne nuit, vu les effets du manque de sommeil accumulé depuis mon départ de Paris. Je ne sais même pas quelle heure il est à Paris. Ma montre est réglée sur l’heure de New York lorsque j’y suis arrivé, mais j’ai perdu le fil. Je prends juste conscience que la route a été longue pour atterrir dans cet endroit que j’espère aura le goût de paradis. Je me rapproche de la porte, après avoir vérifié l’adresse une dernière fois. Sans même avoir frappé, la porte s’entrouvre sur le visage presque fermé d’un jeune homme, qui s’échappe de mon regard, caché par ces verres opaques. « Bonjour. » Dis-je dans ma langue maternelle avant de me reprendre. « Bonjour. » Cette fois-ci dans la langue du jeune homme. Mon regard bleu le détaille avec intention, intrigué par cet hôte. « Pas de soucis, je le verrai plus tard. Merci de l’accueil. » Je déclare avec une voix ferme en serrant ses fins doigts. « Louis. » Je me présente pour bien le situer, bien qu’il ait dû le comprendre. J’espère en retour connaître son prénom, histoire qu’il ne demeure pas que le fils de mon hôte. « Je veux bien que tu me montres ma chambre. J’aimerai poser mes affaires et me reposer un peu avant que tu ne me montres le reste de la maison et vos habitudes. » Ma voix est directive, sans réellement en prendre conscience. J’exprime mon désir avec ce sourire charmeur qui me caractérise tellement. J’adopte une nonchalance éhontée, sans ressentir la moindre gêne. De toute façon, nous allons cohabiter ensemble. Autant être familier immédiatement.
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MessageSujet: Re: (louis) acte I, scène 1 (louis) acte I, scène 1 EmptyMar 20 Fév - 22:10

Louis. Je connaissais déjà son prénom, son âge, les passions qu'il nourrissait. Je m'étais renseigné sur son pays, sa culture – sa littérature surtout. Comme si au fond de moi, j'avais envie de le surprendre dès la première rencontre. Quand j'en aurais l'occasion, je lui citerais tous les proverbes des grands auteurs français, et j'apercevrais alors ses yeux s'illuminer d'admiration. Il fallait déjà que l'on noue un lien, que j'accroche son attention pour pouvoir m'approcher de lui. Quand il arriva enfin, je me suis fait tout petit. Je me suis écrasé devant sa carrure imposante, ses yeux d'un bleu hypnotisant, ses lèvres sèches en manque d'hydratation, et la grandeur – de son corps et de son esprit. J'ai seulement appliqué les recommandations de mon père : je l'ai accueilli sans trop de chaleur, avec une pointe d'indifférence, sans laisser paraître mon engouement de recevoir un nouvel invité à la maison. Le concerné me répondit de sa langue française et d'un ton enjoué. Ah ces étrangers, qui ne se privent jamais de dénoncer leurs origines par quelques mots dans leur langue maternelle ! Ce 'Louis' n'échappait pas à la règle. « Julio. » C'est lors de cette présentation que sa main ferme et délicate a serré la mienne. Sa peau était incroyablement douce, et ses mots ressemblaient à des instructions. Je n'avais pas le choix de l'emmener jusqu'à sa chambre, et je n'avais pas d'autres projets que respecter sa demande. 'A tes ordres, Louis.' « Suis-moi. » Je l'invitais à s'introduire chez nous, avant de vouloir attraper sa valise. Il me la refusa, mais j'insistais en décrochant sa main de la sangle. Finalement, c'est moi qui la portais jusqu'en haut, et la déposais dans sa chambre. Elle se trouvait juste à côté de la mienne, il allait donc être mon voisin pour une durée de six mois. Je le laissais s'installer, sans rien ajouter de plus que « Bon repos ».

Je l'avais attendu toute la soirée. Il n'était pas revenu. J'avais alors joué du violon, avant de peindre dans la veranda. Je m'étais ensuite assis contre un arbre, en pensant à ce français, à ses doigts fins et doux qui m'avaient frôlé plusieurs heures auparavant. Je me suis surpris à les désirer contre moi, à les imaginer s'aventurer où personne n'avait encore jamais osé aller. Seul l'air frais confrontait mes hormones en ébullition, et parvenait à refroidir ce corps enflammé. Mais pas une minute, il n'avait daigné se montrer ou s'attarder sur des excuses pour cette impatience qui m'avait submergé. Je m'étais alors résolu à me coucher et à l'exécrer pour son impolitesse. Il était désormais dans mon collimateur. Louis confirmait le préjugé : les français sont bien les rois des malpolis.

(…)

Le lendemain matin, quand je me suis réveillé pour prendre mon petit-déjeuner, j'entendis les deux adultes discuter dans le salon. Louis avait donc croisé et rencontré mon père. Je finissais mon bol de céréales, avant de m'éclipser – ce que je pensais être discrètement – dans les escaliers. Je n'avais aucune envie de me retrouver en la présence de cet homme, ni d'être forcé à passer la journée entière à ses côtés. Interpellé par le grincement des marches, mon père me força à me confronter à mes responsabilités.

- Julio, viens par ici.
- Quoi ?
- Tu peux emmener notre hôte sur la place centrale ? Et lui faire visiter le coin ?
- OK.

Cette fois, j'avais laissé mon amertume de côté. Je ne précisais pas à mon père que je l'avais attendu toute la soirée la veille, et me contentais d'accepter d'un signe de tête cordial. Pourtant, cela ne m'enchantait guère de me coltiner cet individu irrespectueux des autres, qui m'avait déjà fait tourner en bourrique. Je ne lui jetais aucun regard, quittais le salon, enfilais un blouson chaud, des gants, une écharpe et un bonnet, pour rejoindre l'extérieur. Je ne lui adressais aucun mot, lui tournais le dos en avançant, comme si le fait qu'il me suive ou non n'avait pas la moindre importance à mes yeux. Il était quand même là, derrière moi, à entreprendre ces quelques pas de sa démarche nonchalante. Et rien n'aurait pu m'envahir d'une plus grande satisfaction, malgré tout.

- On va y aller en vélo, ce sera plus simple pour tout visiter. A moins que les français ne savent pas pédaler ?

J'empruntais un vélo à disposition et roulais à toute vitesse à travers la forêt, lui laissant à peine le temps de me rattraper. J'avais envie de le provoquer, de voir ce qu'il avait dans le ventre sous cette carapace de beau mâle. Si seulement il n'y avait rien eu d'intéressant ou de fascinant en lui, tout aurait été plus simple...


Dernière édition par Julio Zimmermann le Mar 20 Fév - 22:16, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: (louis) acte I, scène 1 (louis) acte I, scène 1 EmptyMar 20 Fév - 22:13

L’envie de me poser est profonde tant ce voyage a été éprouvant. J’en perds la notion du temps, ne me souviens plus exactement du temps passé au sein de ces avions, qui m’ont permis de traverser une partie du globe. La fatigue du voyage se fait ressentir après tant d’heures passées dans des taxis et des aéroports pour arriver à mon point d’arrivée. Cette ville que j’étais impatient de découvrir, mais pas de manière assez forte pour me priver de quelques heures de sommeil nécessaires pour me ressourcer en reprenant des forces. Je découvrais cette maison où j’allais prendre mes quartiers, devoir trouver mes repères pour passer un bon séjour. Le maître des lieux était absent et je me retrouvais face à son fils, que je sentais légèrement tendu. A moins que cela n'était qu’une impression. Sans perdre de ma nonchalance qui me caractérisait, je le saluais, me présentais, espérant mettre un prénom sur cet hôte. Julio était son prénom. Un prénom bien surprenant dans ce pays où chaque mot se voulait aux sonorités british. Je lui serrais la main simplement, sans réellement mettre une grande passion. J’agissais de manière naturelle, sans trop de cérémonie, usant d’une familiarité que je considérais comme légitime puisque nous serions amené à vivre sous le même toit, sans parler qu’il était plus jeune que moi. J’aurai bien d’autres occasions pour en savoir plus sur lui et cette silhouette juvénile qui s’offrait à mon regard. Il m’invite à le suivre, se plie sans cérémonie à mes directives. Il essaye d’attraper ma valise, mais je la lui refuse, me considérant bien assez grand pour monter mes affaires, mais son insistance finit par payer. Ses doigts frôlent les miens. La caresse de la pulpe de ses phalanges me trouble légèrement tandis que ma poigne se desserre. Je le laisse s’emparer de ma valise, me résigne à accepter son aide et le suis à l’étage sans un mot. Je découvre donc ma chambre, cet endroit que je vais investir chaque jour durant mon séjour de six mois. « Merci, Julio. » Je réponds simplement dans une voix aussi sombre que tout le reste. J’oublie le trouble ressent quelques minutes auparavant, lui accorde peu d’intérêt et viens retirer ma chemise. Mon regard se glisse sur l’environnement de la pièce tandis que ma peau se dénude en secret de ma nouvelle chambre. Je me retrouve bien vite en boxer et me glisse dans les draps sans perdre plus de temps. Je me laisse gagner par le sommeil, sans chercher à lutter. La fatigue est si puissante qu’il me faut que quelques minutes pour m’endormir. Un sommeil de plomb, ceux qui sont réparateurs et bénéfiques pour le corps.

A mon réveil, le soleil semble être bien levé. Un coup d’œil sur ma montre m’indique un horaire bien différent de mon portable que j’attrape dans la poche de mon jean. Je me sens complètement perdu, me lève difficilement et enfile un bas de jogging. Je descends les escaliers, retrouve sagement le couple d’hôtes assis à la table de la cuisine, que je découvre par la même occasion. « Madame, Monsieur Zimmerman. » Je m’exprime simplement dans un sourire poli en m’approchant d’eux pour leur serrer la main. « Je vous prie de m’excuser pour hier, le voyage a été long, je comptais juste me reposer jusqu’à votre retour, mais le décalage horaire m’a rattrapé. » Je lâche dans un sourire charmeur et amusé, comme pour provoquer le sourire de mes hôtes. Ce qui ne manque pas de se produire. « Pas de soucis, ne t’inquiète pas. » Répond mon hôte dans un sourire compatissant en m’invitant à prendre place avec eux. On me demande des nouvelles, ce que j’aime prendre au petit déjeuner. Je ne fais pas la fine bouche, indique que je m’habituerais aux us et coutumes de la maison. Je m’adapte facilement et je ne suis pas très complexe lorsqu’il s’agit de nourriture. « Je risque cependant d’être un poil pointilleux avec la nourriture, mais je vous laisse la possibilité de me réprimander si je suis trop difficile dans ce domaine. » Je laisse mon humour s’exprimer librement et Mme Zimmerman semble se laisser tenter par celui-ci, tout comme son époux. Après un bon petit déjeuner copieux et un bon jus d’orange, je remonte à l’étage, découvre la salle de bain dans laquelle je m’enferme pour profiter d’une bonne douche bien méritée. L’eau s’écoule sur mon corps nu, ravive mes muscles que je sentais jusqu’alors encore bien ankylosés. Je tronque mon jogging pour un jean, un T-shirt et un pull épais, conscient que le temps n’est pas des plus chauds. Un pull en cette matière épaisse ne sera pas de trop. Je finis par redescendre après m’être coiffé et rangé soigneusement mes affaires. Je retrouve le couple dans le salon, m’installe sagement sur un fauteuil tandis que mon hôte me vend tous les beaux endroits à découvrir. J’en oublie même la présence de Julio dans la demeure, mais elle ne passe pas inaperçue aux yeux du père, qui l’incite à me faire découvrir la ville. Julio semble avare en mot. Un fait que je dénote depuis mon arrivée dans cette demeure. Est-ce naturel ou la présence d’un intrus dérange son petit monde préétabli. Il me semble que ce n’est pas la première fois qu’ils accueillent des personnes, alors je dois avouer que cela m’intrigue. Il quitte le salon sans m’accorder la moindre attention. Je me lève donc sans un mot, le suis sagement après avoir récupéré mon manteau. Je retrouve l’air très frais de la matinée et attrape un vélo sans rechigner à l’exercice. Cela ne me fera pas de mal. « Tu verras bien cela, mais me sous-estimer n’est pas la bonne voie. » Je déclare dans un sourire énigmatique, en défendant mon peuple face à cette attaque délibérée du plus jeune. J’enfourche mon vélo, le suis immédiatement. Julio me défit et cela suffit pour titiller ma fierté. Sans un mot, avec cette nonchalance qui est mienne, j’active mes mouvements et le rattrape bien rapidement. Je le dépasse même, sans mettre trop de vigueur. « Déjà fatigué ? » Je questionne sans malice, avec ce regard rieur ancré dans mes rétines. Ce jeune m’intrigue et m’amuse. Je suis curieux d’en savoir plus.


Dernière édition par Louis Desvernay le Mar 20 Fév - 22:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (louis) acte I, scène 1 (louis) acte I, scène 1 EmptyMar 20 Fév - 22:19

J'entraînais Louis avec moi, comme mon père me l'avait commandé. J'ai compris dans son ton que je ne pourrais me défiler et que je devrais être celui qui le guide à travers la ville. Je serais ses yeux, son expert en connaissances multiples. Je prendrais le rôle avec dévouement, sans pour autant mettre mon humour de côté. Le titiller, le provoquer, voilà ma devise, et si pendant ces quelques minutes, je pouvais attirer son attention, ma satisfaction n'en serait que plus grandissante. J'avais envie de lui plaire, de le surprendre, dès les premières minutes, d'une manière à égaler son charme français. Rien que son accent quand il prononçait les mots dans un anglais mal articulé me fascinait. Je savais que cet étranger dissimulait de belles choses, sous cette carapace d'homme séducteur. Trop de belles choses pour les éviter, et ne pas y être confronté. Alors je mis de côté l'impatience qu'il m'avait fait endurer hier soir, son impertinence à me commander dès son arrivée, et je plongeais dans cette émotion saisissante, particulière et intense. Je n'avais encore jamais senti le besoin de charmer, la séduction n'était pas un domaine dans lequel j'excellais – c'était plutôt les instruments, la littérature, le sport, vers lesquels mes parents m'avaient conduit. J'ai été façonné dans cette éducation souple mais basée sur la culture. Je devais apprendre, lire, réciter, composer, sans quoi je n'aurais pas été prêt à un être un citoyen modèle selon eux. Mais l'envie de plaire vraiment, au-delà de toutes ses apparences de gosse compétent, ne m'avait jamais effleuré l'esprit, jusqu'à ce que ce gars-là se pointe. Je voulais être à la hauteur de toute la culture qui recelait en France, certainement. Je me fichais bien de savoir pourquoi, tant que je pouvais lui décrocher un de ses sourires. Le genre de sourire plein de confiance, pas du tout caché. La sincérité à la française. Voilà ce que je voulais.

Je n'attendais que ça, qu'il fasse ses preuves et me montres à quel point les français ne sont pas seulement des impolis, mais sont aussi les rois de la beauté, de l'intelligence et des capacités extraordinaires. Alors il m'a dépassé, avec son vélo, en ne tardant pas à me provoquer. J'aimais déjà sa manière de faire l'intéressant en dévoilant une pointe de prétention, comme s'il avait déjà gagné. Je ne lui donnerais pas ce plaisir. Jamais ! « Ne fais pas le malin, tu ne connais même pas notre direction. » Il persistait à n'en faire qu'à sa tête, à suivre son instinct. Il roulait si rapidement, usant de ses muscles évidents, que je peinais à le rattraper. Je m'aidais d'une descente et de mon poids léger pour reprendre de l'avance. Je sentis alors le vent frais s'immiscer sous mon t-shirt et geler ma peau, je me demandais comment un français pouvait supporter aussi vite notre température en baisse. Mais il ne m'écoutait pas, faisait comme bon lui semblait. Parce que je lui étais étranger, il ne se préoccupait pas de mes conseils. J'en profitais pour emprunter un autre chemin parallèle au sien, mais séparé par des buissons. J'avais même crié pour qu'il m'entende. « Il fallait passer par là, tu vas arriver dans un cul de sac. Tu n'as plus qu'à faire machine arrière, Louis ! » J'insistais sur son prénom, le provoquais encore, juste pour mon bon plaisir. Je l'avais vu freiner d'un coup sec, pour faire demi-tour et me retrouver sur la bonne route. Mon rire avait résonné dans la forêt, ce jour-là, et durant d'autres encore. Quand nous atteignîmes le lac, je descendis de mon vélo que je maintenais contre un arbre. Le froid s'engouffrait déjà contre ma peau, laissant quelques frissons faire trembler mon corps. « Tu peux te balader ici, en forêt, ou même autour du lac. Il y a beaucoup de promenades possibles. Je passe une majorité de mon temps ici, surtout en été. » Je lui expliquais gentiment pour ne pas oublier mon rôle d'informateur que je prenais très à cœur. J'avançais vers le lac et appuyais dessus avec mon talon. « Ça gèle comme ça, en France ? »  Ce qui me procurait beaucoup de plaisir, c'était de glisser mon pied sur la glace, avant d'exercer une légère pression dessus pour qu'elle se fende sans toucher l'eau. J'aimais faire craquer la fine couche qui s'était formée sous ma chaussure. « J'aime bien la période hivernale, le lac est encore plus splendide. » Mon âme de rêveur ressortit à cet instant, comme pour lui faire remarquer que je ne contemplais que les belles choses – et il en faisait résolument partie.
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MessageSujet: Re: (louis) acte I, scène 1 (louis) acte I, scène 1 EmptyMar 20 Fév - 22:23

Je m’étais plié aux volontés de mon hôte, qui avait imposé à son fils de me montrer les lieux intéressants de cette ville dont j’ignorais tout. Son air austère ne m’avait pas échappé, que ce soit la veille ou même aujourd’hui, mais je ne me laissais pas atteindre par cette indifférence. Sans doute qu’à ce moment précis, je n’attendais rien en particulier de ma relation avec ce garçon bien trop jeune pour moi. Je n’avais pas encore eu l’occasion d’identifier la différence d’âge entre nous. En avais-je spécialement envie ? Je ne pouvais pas le dire. Cela n’avait pas d’importance sur l’instant et j’avais simplement consenti à suivre ce gamin sans me poser de questions. Seulement, ses provocations m’amusaient. Je trouvais son arrogance subtile, mais bel et bien présente, comme un moyen de se faire connaître dans mon esprit. Cela me questionnait également sur les raisons d’une telle attitude à mon égard. Était-ce naturel à ce jeune homme ou s’appliquait-il à user de cette froideur qu’à mon attention ? Je ne pouvais le dire, mais cela ne me tourmentait pas réellement. Je me laissais porter comme toujours en usant de ce détachement qui rythmait ma vie. Sa provocation avait attisé la mienne et sans grande difficulté j’avais rattrapé ce gamin impétueux. Je le provoquais avec ce sourire narquois sans prendre en considération ses propos. Mes mouvements sont rodés, ma vitesse s’intensifie et ce gamin devient une ombre parmi le paysage qui m’entoure. A cet instant, il perd l’intérêt qu’il a cherché à éveiller. Mon regard profite du paysage tout en s’assurant que rien n’entrave mon chemin. La fraîcheur de la matinée me rappelle ces journées froides qu’on vit souvent à Paris. Seul l’environnement semble bien différent de ce que j’ai connu et je dois bien admettre qu’il est plus agréable de parcourir du regard ces arbres étendus les uns après les autres, que cette masse de bâtiment qu’on trouve dans ma bonne et chère capitale française. Je m’engouffre dans un chemin, qui se révèle ne pas être celui qu’il fallait prendre. Julio ne manque pas de m’en informer, usant d’un ton narquois, qui attire de nouveau mon attention. Je freine donc, fais demi-tour pour ne pas perdre sa trace, trouvant son impertinence très similaire à la mienne. S’il ne m’accompagnait pas, j’aurais sans aucun doute continué sur ce chemin jusqu’au bout pour assouvir ma curiosité, même si j’aurais dû rebrousser chemin. Je le rejoins donc assez rapidement, sans un mot, laissant son rire rompre le silence environnant. Son insouciance arrache mon sourire, rend mon regard plus joueur sans pour autant lui donner gain de cause. On retrouve rapidement un lac. Je le laisse descendre de son vélo, en fait de même pour découvrir la perfection de cet endroit. Je l’écoute sans réellement le faire, m’avance à mon tour vers la berge pour observer l’environnement délicat qui s’offre à mes yeux. Je ne dis mot, mais il est fort à parier que cet endroit risque également de devenir un de mes lieux favoris. « Très souvent, oui. » Je réponds à sa question sans réellement y mettre d’entrain. C’est une affirmation que je ne développe pas tandis que je continue de m’avancer le long de la berge, sans trop m’éloigner de ce gamin, qui pourrait vouloir me jouer un mauvais tour. L’idée m’arrache un sourire avant qu’il capte mon attention par une dernière remarque, bien plus douce que les précédentes. Son regard se porte alors sur lui, le détaille jouer avec la glace avec cet air presque rêveur, qui le rend intriguant. « Je comprends. On dirait qu’on est coupé du monde, hors du temps. Durant de longues minutes, heures, le temps se fige pour révéler la perfection de la nature, comme pourrait le faire un cliché pris au bon moment. Et pourtant la vie continue, mais s’échappe de nos regards. » C’est à mon tour de m’exprimer à ce sujet. Ma voix est maîtrisée, philosophe, mais mon regard fixe avec intensité la blancheur de cette fine glace, le givre qui recouvre ces arbres ou ces berges. Mon esprit s’évade tout en conservant cette réserve qui me caractérise. J’oublie quelques minutes sa présence et m’imprègne de ce lieu que je reviendrai découvrir sans m’en lasser.
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MessageSujet: Re: (louis) acte I, scène 1 (louis) acte I, scène 1 EmptyMar 20 Fév - 22:25

On n'avait pas tardé à sauter sur nos vélos respectifs pour emprunter un chemin à travers la forêt. Sans tarder, la taquinerie s'était pointée, pour activer nos rires. Je m'amusais déjà avec lui, à essayer de le rattraper, à le provoquer. Je n'hésitais pas à prendre une autre route pour qu'il ait du retard dans l'avancée qu'il avait obtenue. Alors je pédalais pour accentuer la distance qui s'imposait entre nos vélos, avant de m'arrêter près du lac et de laisser le mien contre un arbre. Je devais lui montrer les recoins splendides de notre ville et je m'y attelais avec beaucoup de plaisir. D'ailleurs je ne le dissimulais pas et mon talon retrouva bien vite le contact de la couche de glace qui s'était formée sur le lac. J'avais envie de l'entendre craquer sous mon pied, la voir se fissurer. Une habitude qui me fascinait, comme si j'avais un contrôle sur cette nature resplendissante. Quant à Louis, il découvrait attentivement, mais répondait vaguement à mes interrogations. Il n'essayait pas de faire la conversation, sans doute bousculé par le paysage givré qui se dessinait sous ses yeux contemplateurs. Il était rentré dans cet état d'observation, d'euphorie salvatrice. Et quand il me fit part de ses impressions, je découvris qu'il n'était pas seulement un romancier, mais aussi un poète. Je tenais donc entre mes doigts le prochain Victor Hugo, Charles Baudelaire ou encore, Louis d'Aragon ? Je l'avais regardé un peu interloqué et intéressé par ce qu'il exprimait. Ces mots étaient pleins de sensualité, de passion pour ce monde naturel qui s'offrait à nous. Ils révélaient l'esprit rêveur et créatif qui sommeillait certainement en lui. J'avais le droit à la facette plus délicate et inspirée de Louis et rien n'aurait pu me satisfaire plus dans cet instant de recueillement. Même le froid hivernal ne venait pas le gâcher. « J'ai cette impression aussi. L'émerveillement procuré par la nature engendre le vide de l'esprit. Quand j'ai besoin de chasser quelques problèmes, c'est un bon remède. » Je tentais de m'appliquer dans ma réponse, mais ce n'était pas aussi bien énoncé que lui. Louis devait avoir cette faculté littéraire qui n'est pas propre à tous les êtres humains. Les mots lui venaient naturellement, sans qu'il n'ait besoin de penser longuement pour former des phrases mélodieuses. J'avais surtout envie de connaître son objectif en s'installant chez nous pour six mois. Puisqu'il n'avait pas l'intention de s'ouvrir, je le forçais un peu à me dévoiler sa quête. « Tu es venu ici pour trouver de l'inspiration ? » Je continuais de faire craquer la glace sous mes pieds, en prenant le soin de ne pas chuter dans l'eau gelée. C'était un comportement un peu nerveux. J'étais agité en sa présence, il fallait que je bouge, au moins mes pieds, pour ne pas sentir le trouble qui m'habitait en restant immobile. Je faisais diversion en m'intéressant à lui. « Papa est content d'accueillir un romancier, surtout français. C'est une première. » Je lui confiais en tournant la tête vers lui, avec un sourire enjoué. Nos lunettes de soleil avaient disparu, et seuls des bonnets recouvraient une partie de nos visages. Louis était vraiment charmant, j'en détaillais discrètement chaque contour, lorsque je laissais mon regard croiser fréquemment le sien.
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MessageSujet: Re: (louis) acte I, scène 1 (louis) acte I, scène 1 EmptyMar 20 Fév - 22:28

Mes prunelles admirent le lieu avec plaisir. Je me délecte de la perfection de ce lieu figé dans le temps. C’est comme si le temps s’arrêtait, que la nature prenait la pose pour permettre aux humains que nous sommes, d’admirer sa perfection. Rien ne semble en mouvements et pourtant si on tend bien l’oreille, on peut entendre l’eau taper doucement la glace, le vent s’engouffrer dans les branches des arbres et faire tomber le léger givre. Sans doute qu’il y a quelques animaux qui errent par-ci par-là pour trouver de quoi se sustenter pour leur survie. Je me laisse totalement happer par cette contemplation, des paroles pleines de philosophie s’extirpent de mes lèvres comme j’aurais pu laisser des mots glisser sur le papier. Je me détache du présent, deviens spectateur et en oublie la présence de ce jeune homme comme du regard qu’il porte sur moi. Sans doute que je pourrais être troublé par la lueur de son regard si je posais mes yeux sur lui, mais l’idée ne m’effleure pas l’esprit. Il devient une ombre difforme dans cet environnement dont je prise l’intimité. Pourtant, sa voix s’accapare mon attention. Le contenu fait écho au mien. « Tu aurais tort de t’en priver. C’est un très bel endroit. » Je déclare solennellement dans un faible sourire. Je n’exprime pas l’idée que je ferai la même chose que lui si j’avais le loisir de vivre près d’un lieu similaire. En attendant, je compte bien venir me recueillir souvent à cet endroit pour y puiser l’inspiration et réfléchir lorsque l’opportunité se présentera. Julio se montre curieux à mon égard. Est-ce moi ou me semble-t-il plus nerveux maintenant que mon regard clair est posé sur lui ? Difficile de le dire. Je le regarde jouer avec la glace sans en prendre conscience. « Entre autres. Qui sait ? » Je souris de cette manière énigmatique. Je ne fais pas partie de ces hommes qui s’expriment particulièrement aisément sur ses sentiments. « A ton avis ? » Je cherche délibérément à le provoquer, usant de cette espièglerie insolente qui me caractérise. Je compte sur l’effet de surprise pour le perturber, sans doute pousser par cette envie de m’amuser avec lui. « Vraiment ? Vous accueillez quel type de personnes normalement ? » Je questionne en réponse à ses propos. Je sens son regard flirter avec le mien, j’observe ce sourire bien différent aux précédents offerts. Ce garçon est curieux. Alors, je le sonde avec attention, de manière pénétrante, sans m’en rendre compte, comme si je pouvais investir son esprit, lire en lui. Si c’était si facile, l’être humain ne serait pas si complexe.
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MessageSujet: Re: (louis) acte I, scène 1 (louis) acte I, scène 1 EmptyMar 20 Fév - 22:30

Je continuais de regarder l'horizon, pour m'imprégner de la sérénité du paysage. La satisfaction que la nature procurait en nous était grandissante au fil de notre contemplation. Elle semblait avoir autant d'effet sur lui, puisqu'il la détaillait des yeux avec une fascination remarquable. La beauté qu'il lui trouvait était clairement affichée dans son regard, par un éclat bien lumineux. C'était agréable d'avoir un compagnon qui ressentait le même trouble devant cette terre sauvage et impénétrable. Il n'était même pas nécessaire qu'il commente ses impressions, je savais ce qu'il éprouvait rien qu'en laissant mon regard scruter le sien. C'était affiché clairement : il admirait comme moi le givre qui s'était installé contre les arbres ou le sol. L'hiver, c'est la période que j'affectionnais le plus – et il semblerait qu'aux yeux de Louis aussi, c'était la saison la plus inspirante. Ce décor enneigé était-il présent dans ses romans ? Ou favorisait-il la période chaude de l'été ? J'étais déjà curieux de savoir ce que ses histoires regorgeaient, de quoi elles parlaient, mais je n'osais pas me permettre ces banalités devant l'auteur. J'ai toujours trouvé que cela dénaturait leurs bouquins, de les forcer à mettre des mots dessus. A nous de le découvrir, pauvres lecteurs à la curiosité intrépide. Pourtant, je ne pouvais pas m'empêcher de l'interroger sur sa présence ici, en bon hôte que j'étais. S'il possédait d'autres désirs que de trouver une pointe d'inspiration en ville, alors je pourrais peut-être l'aiguiller. C'était ce que j'étais censé faire, selon mon paternel, de contribuer à l'intégration de nos invités. Je devais leur montrer les coins de la ville, et toutes les possibilités qu'elle permettait. Mais Louis n'en entendait pas de cette oreille et me força à formuler une des raisons possibles. Qu'est-ce que je pouvais bien en savoir, sur les aspirations qu'il nourrissait et les besoins qui l'animaient ? Je me prêtais quand même au jeu, après un regard interloqué et amusé en sa direction. Cela avait aussi provoqué mon rire – ce genre de rire un peu nerveux, mais éclatant. « A mon avis, tu devais t'ennuyer ou déprimer dans ta contrée natale, pour venir ici pendant six mois. Je dirais même que tu cherches un renouveau, plus qu'une source d'inspiration. Ou peut-être que tu ne sais pas vraiment toi-même ce après quoi tu cours. » Je prononçais ces quelques mots sans ciller, sans le lâcher du regard. Je ne me laissais pas écraser par ses yeux bleus et souriais avec cet air légèrement arrogant apposé sur le visage. Je répondis enfin à sa dernière question, plus précise et sérieuse. « Des étudiants étrangers, des doctorants ou même des travailleurs assez jeunes. Le loyer demandé par mon père n'est pas excessivement cher, alors c'est une belle offre pour eux. Une fois on a accueilli un homme qui s'était fait jeter de chez lui par sa femme ou encore une femme hippie qui fumait de la marijuana sur le balcon... on a découvert plus tard qu'elle en cultivait dans sa chambre ! Si tu restais toute l'année, tu en aurais des histoires à raconter ! » Je ne savais pas pourquoi je lui décrivais nos anciens hôtes, sans doute dans une envie de partager des anecdotes amusantes comme le feraient deux bons copains. Ou peut-être que la raison résidait dans le fait que Louis possédait cette aura mystérieuse et sereine qui nous faisait sentir naturellement bien.
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MessageSujet: Re: (louis) acte I, scène 1 (louis) acte I, scène 1 EmptyJeu 22 Fév - 19:51

Je joue l’arrogant. Un mécanisme contre lequel je ne lutte pas. Il fait partie intégrale de mon identité. Cette arrogance me permet d’oser, de provoquer avec un détachement déconcertant. Cela m’amuse à chaque fois et je prends un malin plaisir à déstabiliser ceux qui m’entourent, juste pour me satisfaire d’un mystère qui demeure profond à mon sujet. Je ne fais pas partie de ces hommes qui se dévoilent ou qui en ont l’envie. En conséquence, je retourne sa question comme pour le défier de trouver les raisons qui m’ont conduites dans cette ville perdue au milieu des Etats-Unis, bien loin de ma contrée natale. Alors, je souris à ses propos, ris même lorsqu’il évoque des pensées qui représentent les raisons de ma présence à ses côtés. Seulement, je prends cela avec humour, essaye de le dérouter par cette réaction qui balaye avec violences ces idées poétiques qu’il pensait révélées comme s’il pouvait lire dans mon esprit. Je tâche d’anéantir cette assurance affichée. « Tu m’accordes bien trop de complexité. Je ne suis pas un de ses écrivains névrosés ou perdus. Tu as lu trop de romans ! » Je lâche dans une voix amusée alors que mon regard repart sur la nature environnante. « C’est la curiosité qui m’a conduit ici. J’ai vu l’annonce et je me suis dit : allons-y ! » Je hausse les épaules comme pour juste énoncer une vérité, qui n’a pas pour vocation à être contredite. « Cela en vaut le coup pour le moment. » J’use de cette nonchalance, un sourire arrogant niché sur les lèvres tandis que je le questionne sur le profil des personnes qu’ils accueillent. Je l’écoute attentivement sans lui donner l’illusion de le faire réellement. « Eh bien, quels curieux personnages. Tu pourrais en faire des idées à vendre à des auteurs en panne d’inspiration. Désolé de te décevoir, mais vous risquez de vous ennuyer avec moi. » Je lâche avec un sourire en coin des lèvres avant de détourner mon regard de lui et de la nature. « Bon, on y va. Tu me fais voir autre chose ? » Comme si c’était la seule utilité qu’il pouvait avoir pour moi. Ce qui est sans doute le cas, mais je ne peux pas m’empêcher de sourire de manière narquoise, comme si indirectement, je cherchais à lui faire voir que je ne suis pas totalement indifférent à sa présence ou à ce qu’il me raconte.
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MessageSujet: Re: (louis) acte I, scène 1 (louis) acte I, scène 1 EmptyJeu 22 Fév - 20:27

Oh Louis, si tu savais comme il était bon de t'entendre rire. J'aurais pu imaginer longuement ses intentions en venant ici, et formuler des idées grotesques, juste pour le provoquer encore. C'était un son agréable qui résonnait délicieusement jusqu'à mes oreilles. Alors j'ai mêlé mon rire au sien, sans m'en sentir vexé. « Tu es quel genre d'écrivain alors ? » J'employais un ton identique au sien – léger et amusé – pour répondre positivement à sa taquinerie. Oui, j'avais certainement lu trop de romans, écrits par ces âmes déchirées, en peine, esseulées ou solitaire. Si Louis n'en faisait pas partie, je me demandais bien de quelle catégorie il provenait. Etait-il un de ces auteurs qui décrivent le bonheur rayonnant qui les consume ? J'avais beaucoup d'estime pour ces gens-là qui estimaient cela judicieux, d'évoquer combien la vie est belle, mais je les trouvais bien ennuyeux. J'avais envie de ressentir des sentiments que je n'avais encore jamais éprouvés, lorsque je découvrais des romans, et le bonheur me consumait déjà trop tous les jours. Un lecteur cherche à ce qu'on lui brise le cœur, à ce qu'on l'étouffe de mélancolie, de chagrin. Il veut sentir le désarroi, l'étonnement, ou encore, la morosité. Tous des états d'âme pour qu'un véritable chaos s'installe dans son cœur. C'était ce que j'attendais d'un livre à l'époque. Rien qu'une émotion palpable qui me trancherait cet organe vital. « J'aurais au moins essayé. » Je ne lui fis pas part de mes pensées, me contentais de lui sourire. Je voulais bien le croire que c'était la curiosité qui l'avait amené dans ce lieu splendide, mais je peinais à croire que ce soit la seule raison valable. Il y en avait certainement d'autres, et un jour, je viserai juste sur ce qui l'a poussé ici. Je ne répondis pas à cet ajout, me permettais plutôt de décrire les profils de nos anciens hôtes. Je pourrais bientôt ajouter ce romancier mystérieux et arrogant à la liste des plus notables. Il y en avait eu du passage dans cette chambre. Il y en a eu des prénoms à retenir, des passifs à découvrir... j'ai dû en oublier certains. Mais lui, Louis, j'étais sûr qu'il réussirait à graver mon esprit d'une manière ou d'une autre. Il la trouverait. Rien que son visage suffisait à devenir ineffaçable. J'en croisais bien trop rarement, des hommes à la beauté aussi délicate. « Tu les achèterais ? Ah, moi qui pensais que tu allais nous faire des crises parce que tu es atteint de la page blanche... ! » J'adoptais le même comportement que lui : je m'armais alors d'humour et d'un sourire éclatant, pour répondre à ses commentaires. Il m'amusait déjà. Cet air jovial se confronta bien vite à son côté ferme et autoritaire que j'avais déjà découvert la veille. Il imposa notre départ et me demanda de manière impolie de me montrer le reste de la ville. Heureusement qu'il avait souri, sinon j'aurais eu la profonde certitude que nos discussions ne lui procuraient aucun plaisir. Je restais interloqué deux secondes, mais loin de moi l'idée d'oser répondre. Je respectais sa demande et marchais jusqu'à mon vélo. On continuait notre bout de chemin ensemble, traversait de nouveau la forêt pour atteindre le centre-ville. Je m'arrêtais un instant, posais mes pieds sur le sol en gardant mon vélo entre mes jambes. Je pointais les endroits d'un doigt en parlant. « La banque, la librairie-tabac, le bar du coin, la supérette. Plus loin, il y a une bibliothèque, un médecin. C'est l'essentiel pour survivre je crois. » J'avais l'intention de lui présenter le reste plus tard, il commençait à faire vraiment froid et il avait six mois pour tout découvrir. Il fallait bien que la ville lui réserve quelques surprises, au-delà de sa place centrale. Pourtant, je n'arrivais pas à me résoudre à le quitter. « Tu veux qu'on boive un café avant de repartir ? » Je lui proposais naturellement, pour que le moment dure encore.
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MessageSujet: Re: (louis) acte I, scène 1 (louis) acte I, scène 1 EmptyLun 26 Fév - 10:12

La perspicacité de ce garçon est conséquente et intrigante. Il semble posséder une réflexion et une maturité qu’on ne réserverait pas à un jeune homme de son âge. Il expose ses pensées avec une telle confiance et fermeté qu’il doit en surprendre plus d’un. Ce qui est mon cas, quand bien même je n’en laisse rien paraitre. Je préfère user de malice, tourner en ridicule ses propos pour le désavouer et lui faire perdre ses moyens, mais son rire se mêle naturellement au mien. A-t-il assez confiance en lui pour ne pas se laisser duper par une technique de diversion et de mesquinerie de ma part ? A moins qu’il préfère prendre cette conversation avec détachement pour ne pas se sentir désavouer et frustré ? Je ne saurais pas le dire. Alors, je souris à sa remarque, me contente juste d’exprimer. « Je te laisserai te faire ta propre opinion, tu as six mois devant toi. » Ma voix est désinvolte, mon regard clair plonge dans ses iris sombres. Est-ce que je le mets au défi d’apprendre à me connaitre en formulant ses propos ? Je ne saurais pas le dire moi-même. Je ne m’exprime jamais sur moi, use de subterfuge pour détourner l’attention et qu’on fini par oublier ses idées premières. Au fond, peu de monde me connaissent réellement. Je ne suis pas un de ces hommes qui se dévoilent facilement, qui laissent éclater la sincérité de leurs âmes. Je me protège en usant de ces subterfuges tels que le mystère ou l’humour ; Cela me permet d’être apprécié sans avoir forcément à me dévoiler. C’est beaucoup mieux comme cela et je compte faire la même chose avec ce jeune homme et sa famille. « Qui ne tente rien n’a rien. » Je lâche par bienveillance tout en adoptant ce petit air espiègle. Je ne cherche pas à le pousser à se montrer plus curieux, juste de lui faire part qu’il n’y a aucun mal à oser. C’est que comme ça qu’on avance et accède à certaines choses. On aborde alors les anciens résidents de ma chambre. Julio semble se souvenir de certains d’entre eux puisqu’il divulgue des anecdotes à leur sujet. Je l’invite à les noter à les vendre à des auteurs en panne d’inspiration. « Non, je ne suis pas en panne d’inspiration. » Je déclare dans un sourire fin, sans doute peu convaincant. Je n’ai pas encore d’idées précises, mais je compte noter chaque élément important pour éventuellement trouver quelque chose d’intéressant. Je me fais confiance et espère que le calme de ce coin perdu des Etats-Unis me permettra de me remettre dans le bain. « Si ce n’est que cela, je peux éventuellement jouer la comédie pour satisfaire tes espérances. » Mon sourire est espiègle alors que je lui lance un regard en coin. Une certaine complicité pourrait presque se lire entre nous, mais je ne la laisse pas réellement s’installer. Je coupe court à notre conversation et l’invite à poursuivre notre balade. Cette brusquerie semble le perturber et c’est l’effet que je recherchais. C’est dans ma nature d’agir de cette manière, mais il ne s’en formalise pas trop puisqu’il se dirige vers son vélo et me fait découvrir de nouveaux lieux. Il me montre les lieux indispensables du centre-ville. Je l’écoute sagement. « D’accord, merci. » Je commente simplement dans un ton absent. Il me propose de boire un café avec lui avant de repartir. « Non, c’est bon merci. Tu dois avoir des trucs à faire. Tu peux y aller, si tu veux. Je dois faire quelques trucs. Je retrouverai mon chemin, ne t’inquiète pas. A plus. » Je lui offre un simple sourire avant de m’élancer en direction de la librairie-tabac sans lui laisser le temps de répondre. Un peu de solitude ne me fera pas de mal et il a assez donné de son temps pour aujourd’hui.
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MessageSujet: Re: (louis) acte I, scène 1 (louis) acte I, scène 1 EmptyLun 26 Fév - 10:41

Au début, Louis s'obstinait à rester évasif pour répondre aux questions que je formulais constamment, et prenait un malin plaisir à me laisser un goût de frustration en bouche. Il voulait garder intact le mystère qui planait déjà autour de lui et ne s'attardait pas sur des réponses longues. Je m'abreuvais de chaque information que je pouvais obtenir de lui, les conservais dans mon esprit sans en négliger aucune. Alors quand il m'avait proposé de faire ma propre opinion, j'acceptais le défi. J'allais prendre chaque minute de mon temps avec lui pour m'intéresser à sa nature, à ses passions. Dans quelque temps, je saurais de quoi il est fait, ce qui l'inspire, ce qui le terrorise aussi. Je m'appliquerais pour découvrir les méandres de sa pensée et la profondeur de son âme. Il ignorait encore à quel point je pouvais être déterminé, et en quelques minutes, il était devenu mon ambition. « OK, je te ferai un compte-rendu dans six mois alors. » Je lui souriais avec engouement, comme si je ne m'inquiétais absolument pas pour la réussite de ce projet. Je le décrirais avec le plus de précision possible. « Ça ira, contente-toi d'être le beau français bien charmant et jovial comme tu l'as fait avec mes parents, et tu amuseras la galerie. » Je répondis ensuite avec un rire et un clin d’œil dans sa direction. Il n'avait pas besoin de plus que son arme de séduction naturelle - cette aura qui l'entoure et qui rend les gens curieux. On continuait ensuite la visite pour parvenir au centre de la ville. Je lui présentais les coins essentiels à connaître, avant de lui proposer de boire un café pour se réchauffer. Il m'abandonna platement, prétendant devoir accomplir quelques tâches avant. Il me redonna ma liberté, dont je ne désirais plus. J'aurais voulu quelques minutes de plus en sa compagnie. Je n'eus pas le temps de réagir, de le suivre ou de le forcer à ma présence, car il disparut bien vite de l'espace autour de moi. « A plus... ! » Je murmurais alors, en écho à ses paroles, dans un soupir de déplaisir. Je n'avais alors pas d'autres choix que de rentrer chez moi... sans lui.

(terminé)
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